Burkina Faso : nos activités en 2025
Notre bulletin d’informations raconte des histoires humaines : des femmes, des hommes et des enfants touchés par la violence et les déplacements. Mais derrière la vulnérabilité, il y a la force, la solidarité et la résilience des communautés. À travers ce numéro, découvrez comment nos actions, en partenariat avec la Croix-Rouge Burkinabè, les accompagnent chaque jour pour reconstruire leur vie.
Une vie sauvée au CHUR de Ouahigouya
Un adolescent de 16 ans, grièvement blessé après un accident de moto tricycle, est arrivé au Centre Hospitalier Universitaire Régional (CHUR) de Ouahigouya en détresse respiratoire sévère. Sa poitrine était remplie de sang et d’air, et malgré une tentative de drainage, l’absence de matériel adapté laissait l’infection s’aggraver.
C’est dans ce moment critique que le partenariat entre le CICR et le CHUR a montré toute sa force : grâce à une échographie mobile et à la dotation en équipements chirurgicaux, les équipes ont pu confirmer le diagnostic et entreprendre une thoracotomie, une première dans l’histoire de l’hôpital. Cette opération lourde, rendue possible par la mise à disposition d’un plateau technique renforcé, a permis de libérer le poumon comprimé et de sauver la vie du jeune patient.
Au-delà de ce geste vital, l’apport du CICR s’est traduit par un soutien global : don d’équipements médicaux, consommables et médicaments, mais aussi accompagnement par une équipe pluridisciplinaire qui a assuré la mise en service des appareils et le partage de pratiques avec les soignants du CHUR.
Comme le souligne le chirurgien du CICR, « Sauver une vie, c’est protéger notre humanité commune. »
Ce partenariat illustre la puissance de la coopération et de la transmission, où chaque outil, chaque formation et chaque geste technique convergent vers un objectif unique : mettre l’humain au centre et donner à la communauté la force de croire que chaque vie peut être sauvée.
Kongoussi : un abattoir transformé, une communauté rassurée
À l’abattoir DE Kongoussi, chef-lieu de la province du Bam dans la région des Koulsé du Burkina Faso, Boly Abdou Karim, président de l’association des bouchers du Bam, se souvient avec amertume de ce passé pas si lointain. « Ce qui accueillait les visiteurs, c’étaient les odeurs. Nous n’étions pas fiers de notre abattoir », raconte-t-il.
Sans eau potable, les bouchers nettoyaient tout – les couteaux, les sols souillés, les abats et même la viande – avec l’eau d’un marigot éloigné. Les conditions étaient indignes, et chaque geste portait le risque de contamination. Mais grâce aux plaidoyers mené par la communauté et à l’intervention du CICR, un système d’adduction d’eau potable simplifiée a été construit. L’eau coule désormais, transformant le quotidien des travailleurs et redonnant confiance aux consommateurs.
C’est avec émotion qu’Issa, lui aussi boucher, témoigne de ce changement :
« Avant, nous avions honte, nous avions peur que la viande soit rejetée à cause de l’hygiène. Aujourd’hui, les animaux eux-mêmes ont de l’eau pour boire, les sols sont propres. C’est la santé pour tous. »
L’abattoir de Kongoussi est devenu un symbole de renaissance : un lieu où l’eau, ressource vitale, protège la communauté et redonne fierté à ceux qui nourrissent la population.
Les principaux chiffres
Zenabo retrouve l’espoir
« Quitter Sangha, mon village, n’a pas été un choix mais une nécessité. L’insécurité m’a poussée à partir, à laisser derrière moi mes repères, mes souvenirs, et à chercher refuge à Tenkodogo. Les premiers jours ont été très durs : tout était nouveau, et je me sentais perdue. Mais au fond de moi, je gardais l’espoir qu’un jour, je pourrais reconstruire ma vie.
Cet espoir a pris forme avec l’appui du CICR, qui m’a remis un kit complet et m’a formée à la gestion d’une activité génératrice de revenus. Ce soutien a été une bouffée d’air, une main tendue au moment où j’en avais le plus besoin. J’ai choisi le tissage de pagnes traditionnels, un métier qui me passionne et qui me relie à mes racines. Chaque fil que je tisse est pour moi un symbole de force et de renaissance.
Aujourd’hui, je ne me vois plus seulement comme une déplacée : je suis une femme debout, capable de subvenir à mes besoins et de rêver à nouveau. Mon souhait est de développer mon activité, d’aider d’autres femmes à apprendre ce métier et de montrer qu’après la douleur, il est toujours possible de retrouver la dignité et la joie».
CICR à Yaadga : soutenir la terre, préserver la dignité
Dans le village de Kolo dans la commune de Latoden, Région de Yaadga, une zone exposée aux effets du changement climatique, Illy RAM Félix observe aujourd’hui son champ avec une joie et fierté. Il ne s’attendait à de telles récoltes sur une parcelle auparavant dégradée et improductive.
Avec l’appui du CICR, en étroite collaboration avec les services techniques du ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques (MAERAH), des semences adaptées aux conditions arides ont été distribuées et des techniques de récupération des terres ont été mises en œuvre, permettant de restaurer la fertilité du sol et de renforcer la résilience des cultures face à la sécheresse.
Illy explique que cette réussite a aussi créé une dynamique collective, car tous les bénéficiaires ont décidé de se donner la main pour mieux optimiser les travaux, se réunissant tour à tour sur les parcelles des uns et des autres afin d’utiliser au mieux les outils fournis.
Avec ces bonnes récoltes Illy RAM Félix pourra désormais mieux nourrir sa famille et envisager l’avenir avec plus de sérénité. La solidarité entre les bénéficiaires a renforcé les liens communautaires, chacun s’écoutant et se soutenant pour surmonter ensemble les difficultés.
L’appui aux populations affectées se limite pas à une aide d’urgence, mais vise également à accompagner les communautés vers une autonomie durable.