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Liban : les besoins humanitaires restent aigus dans un climat d’incertitude permanente

Avril-septembre 2026
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CICR

Après des mois de conflit, de nombreuses familles au Liban retrouvent leurs habitations endommagées, la crise ayant par ailleurs perturbé les services tels que la santé et leur ayant fait perdre leurs sources de revenus.

Les conditions actuelles empêchent toujours le retour de certaines d’entre elles. Des villes et des villages entiers au Liban ont été largement détruits et demeurent inaccessibles suite aux affrontements intenses et aux destructions massives.

En date du 26 août 2026, plus de 334 000 personnes restaient déplacées, l’insécurité, les dégâts causés et l’accès limité aux services essentiels les empêchant de rentrer.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) intensifie son action et l’adapte à l’évolution de la situation en continuant de répondre aux besoins immédiats de la population touchée, tout en soutenant le rétablissement des services, le relèvement rapide et les moyens de subsistance afin d’aider les communautés à rentrer chez elles et à reprendre le cours de leur vie.

Rendre les soins de santé plus accessibles aux communautés

L’accès aux soins de santé reste limité, en particulier dans les zones de retour où les services ont été perturbés.

Seulement 4% des ménages interrogés par l’Organisation mondiale de la Santé au Sud-Liban et dans la banlieue sud de Beyrouth ont déclaré avoir pleinement accès aux soins de santé suite à la fermeture de dizaines de centres de soins de santé primaires et de plusieurs hôpitaux pendant l’escalade du conflit. Les structures médicales ont également dû faire face à des pénuries de produits de première nécessité et aux dommages causés aux infrastructures par les attaques qui ont touché les personnels et les services de santé.

Depuis le 16 avril, le CICR a soutenu plus de 70 structures médicales et services de santé, dont 12 hôpitaux, 21 centres de soins de santé primaires, 4 formations sanitaires mobiles, 23 centres de santé d’urgence, ainsi que des centres de réadaptation physique, en leur fournissant du matériel médical essentiel, des médicaments, des consommables, des équipements et d’autres aides vitales. Sans cette assistance, ces structures n’auraient pu rester opérationnelles et continuer de fournir des services de santé essentiels aux communautés touchées par le conflit.

Les activités de renforcement des capacités ont également repris afin d’améliorer la préparation aux situations d’urgence des principales structures médicales.

Dans les régions où les communautés n’ont pas directement accès aux structures médicales et où les personnels de santé ne parviennent pas à atteindre les personnes qui ont besoin d’aide, le CICR se tient prêt à mettre en place des unités sanitaires mobiles pour rendre les soins de santé plus accessibles à ceux qui en ont besoin. Parallèlement, le CICR continue de soutenir les formations sanitaires mobiles déployées par la Croix-Rouge libanaise pour desservir la zone de Tebnine, ainsi que le Ministère des Affaires sociales dans la zone de Marjayoun.

Ces efforts visent à éviter que la pénurie de services de santé essentiels ne constitue un obstacle supplémentaire pour les familles qui tentent de reconstruire leur vie.

Favoriser le rétablissement des moyens de subsistance

Les conséquences du conflit sont aussi économiques. Beaucoup de familles ont perdu leur commerce, du matériel agricole, du bétail ou d’autres sources de revenus, ce qui les rend dépendantes de l’assistance même une fois de retour chez elles.

Les communautés agricoles ont été particulièrement touchées, le ministère de l’Agriculture estimant que 72% des agriculteurs ont subi des pertes de revenus et une baisse substantielle de la production agricole.

Le CICR a commencé à évaluer les moyens de subsistance des communautés touchées par le conflit afin de mieux comprendre leurs besoins et de rechercher les possibilités d’aider les familles à rétablir leurs sources de revenus et à recouvrer une plus grande autonomie.

Le soutien à des moyens d’existence durables est une étape importante pour passer des secours immédiats au relèvement à long terme.

Renforcer l’accès à l’eau potable

Pour les familles qui sont de retour, des réseaux de distribution d’eau, des structures médicales et d’autres services essentiels qui fonctionnent sont indispensables pour une réinstallation durable.

Le CICR a renforcé l’accès aux services essentiels d’approvisionnement en eau et de santé dans toutes les zones touchées en réparant et en remettant en état les stations de pompage, les forages et les réseaux d’eau ; en faisant don et en installant des pompes, des générateurs, des systèmes solaires et d’autres équipements essentiels ; et en livrant plus de 135 000 litres de carburant à 70 stations hydrauliques dans le sud. Le CICR a également soutenu les offices des eaux en entretenant 41 véhicules, en fournissant du matériel et des outils essentiels et en facilitant l’accès des équipes techniques chargées d’effectuer des réparations urgentes. Dans le secteur de la santé, le CICR a contribué à assurer la continuité des services hospitaliers en livrant près de 240 000 litres de carburant, ainsi que de l’oxygène, du GPL et de l’eau ; en fournissant des générateurs, du matériel d’entretien et d’autres biens essentiels ; en effectuant des travaux urgents de maintenance et de remise en état, notamment suite aux dommages causés par le conflit ; et en améliorant les infrastructures hospitalières en les équipant d’installations d’entreposage, de chambres froides et d’installations solaires. Le CICR a en outre aidé les municipalités et la Croix-Rouge libanaise en fournissant des équipements pour la recherche et les secours, du carburant et des lampes solaires, et en améliorant les systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement dans six abris collectifs.

En collaboration avec l’Office des eaux du Sud-Liban, le CICR a construit un centre de gestion et de contrôle à distance pour les stations de pompage desservant le sud du pays. Ce système permet aux ingénieurs de contrôler et de gérer à distance les stations d’eau connectées, de recevoir des alertes en temps réel et de réagir plus rapidement en cas de défaillance des équipements, de fuites et de coupures de courant. En améliorant la manière dont le réseau est géré, le système accroît la fiabilité des services de distribution d’eau aux communautés dans tout le Sud-Liban.

ICRC staff inside a water treatment plant, surrounded by filtration equipment, pipes and industrial machinery.
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Faciliter le retour et le relèvement

Aujourd’hui, le travail du CICR au Liban consiste à continuer de fournir assistance et protection pour rétablir les services essentiels dans le domaine de la santé et de l’eau et soutenir les moyens de subsistance des communautés touchées par le conflit. Pour les familles de retour chez elles, il s’agit de retrouver leur communauté, d’avoir accès aux services de base, d’être à même de générer un revenu et de commencer à reconstruire leur vie dans la dignité.

En parallèle, le CICR poursuit son dialogue bilatéral confidentiel avec les parties au conflit sur la protection des civils, des services de santé et des infrastructures critiques essentielles à la fourniture des services de base.

Le CICR continue également de soutenir les familles qui sont à la recherche de proches disparus.

Des dizaines de milliers de personnes au Liban ne font que commencer à se relever. Pour beaucoup d’autres, le chemin reste semé d’embûches, la situation actuelle entravant leur retour et leur capacité à reconstruire leur vie.

« Je voudrais pouvoir marcher de nouveau sur la plage de Tyr et me sentir en sécurité, comme avant, sans craindre qu’un missile nous prenne pour cible à tout moment, ou de sortir et de rentrer pour découvrir que nos proches ou les membres de notre famille ne sont plus là » – Rita, originaire de Tyr dans le Sud-Liban.

People forming a line to receive cardboard boxes being unloaded from the back of a truck.
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