Action du CICR en faveur des enfants

26 avril 2017
Action du CICR en faveur des enfants
Al-Qaflah, Yémen, novembre 2015. Hayat s’agrippe à son grand frère devant ce qu’il reste de leur maison.

Les conflits armés et les autres situations de violence privent les enfants de biens de première nécessité – nourriture, eau potable, logement – et de la chance de jouer et de se développer à leur propre rythme. Malgré la protection que leur confère leur droit international, les enfants sont exposés à toutes sortes de risques.

Ils peuvent notamment se retrouver séparés des membres de leur famille. Alors privés des bons soins et de la protection de leurs proches, ils sont plus vulnérables à la violation de leurs droits fondamentaux et aux abus, à l’exploitation ou au recrutement par des forces ou des groupes armés.

Bien trop souvent, les enfants se retrouvent aussi directement ou indirectement impliqués dans les hostilités. Garçons et filles sont recrutés comme combattants par des forces ou des groupes armés ou se voient confier des fonctions de soutien comme transporter le matériel ou se procurer des renseignements, ce qui leur fait également courir un grand danger. Les enfants qui ont été associés à des forces ou groupes armés peuvent rencontrer des difficultés lorsqu’ils rentrent chez eux du fait du traumatisme qu’ils ont vécu ou de la stigmatisation dont ils peuvent faire l’objet, et peuvent avoir du mal à retrouver leur place au sein de leur famille ou à se réinsérer dans leur communauté.

Des enfants se retrouvent aussi souvent en détention, notamment à cause de leur association avec des forces ou des groupes armés, ou parce qu’ils n’ont pas pu accéder aux procédures judiciaires adéquates. Certains sont nés en prison ou ont accompagné un parent en détention. Plus globalement, des millions d’enfants souffrent de la détention d’un parent, d’un tuteur ou d’un autre membre de leur famille, en particulier s’il s’agit de la personne qui prend principalement soin d’eux ou même de l’unique personne qui s’occupe d’eux.

Les conflits armés et autres situations de violence ont aussi de graves conséquences sur l’éducation. Les écoles peuvent être prises pour cible délibérément ou endommagées par accident, être utilisées à des fins militaires, comme centre d’hébergement par des personnes déplacées ou même comme lieu de recrutement illégal. Les enfants qui se trouvent en détention sont souvent privés de scolarité. L’interruption de l’éducation a de graves conséquences tant pour l’avenir des enfants concernés que pour la capacité de relèvement du pays, en particulier dans les situations de crise prolongée.

Activités du CICR

Sur le terrain, les activités du CICR visent les groupes d’enfants particulièrement vulnérables, comme les enfants non accompagnés ou les autres enfants séparés de leur famille, les enfants associés à des forces ou groupes armés et les enfants détenus. Les enfants migrants constituent aussi un groupe vulnérable, qu’ils soient séparés de leur famille ou placés en détention.

 

Bangui, République centrafricaine, février 2014. Cette femme vient de retrouver son fils de quatre ans. L'enfant, qui avait disparu pendant deux jours, a été retrouvé par les troupes de la MISCA (Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine), qui l'ont confié au CICR. CC BY-NC-ND / CICR / A. Greco

Nous nous employons avant tout à empêcher que les familles ne se retrouvent séparées. Si une séparation survient néanmoins à cause d'un conflit armé ou d'une autre situation de violence, ou dans le cadre de la migration, nous rétablissons le contact et, dans la mesure du possible, nous réunissons les enfants avec leurs proches. Notre personnel sur le terrain enregistre les enfants les plus vulnérables afin de veiller à ce que leur dossier soit suivi et à ce que leurs besoins soient couverts.

Le CICR entretient également un dialogue avec les forces et les groupes armés et collabore avec les communautés à risque pour empêcher les recrutements d'enfants. Dans les pays où cette question constitue un problème majeur, comme en République démocratique du Congo, nous menons aussi des activités en faveur des enfants qui ont été démobilisés, afin de les aider à se réinsérer au sein de la société.

Dans les lieux de détention, nous nous attachons à faire en sorte que les autorités protègent les enfants en prenant des mesures adéquates compte tenu de leurs besoins spécifiques. Nous veillons aussi à protéger et à soutenir les enfants dont les parents sont détenus. Toutes les activités que nous menons en faveur des enfants reposent sur le principe de l'intérêt supérieur de ceux-ci.

Outre les activités que nous menons dans nos domaines de compétence traditionnels, nous nous employons à répondre aux conséquences qu'ont les conflits armés et autres situations de violence sur l'accès des enfants à l'éducation, surtout lorsqu'ils sont en détention, sont déplacés à l'intérieur de leur pays ou vivent dans des zones particulièrement dangereuses. En étroite coopération avec les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous avons réalisé avec succès plusieurs projets destinés à renforcer la sécurité des écoles et à promouvoir les comportements sûrs auprès des écoliers et des enseignants dans les zones où un conflit armé ou une autre situation de violence perturbe régulièrement les cours, par exemple à Rio de Janeiro (Brésil), Medellin (Colombie) et Ciudad Juarez (Mexique), ainsi qu'en Ukraine.

Le CICR élabore actuellement une stratégie exposant son rôle en matière d'accès à l'éducation dans les situations de conflit et autres situations de violence. Cette stratégie, qui constituera le cadre des activités de l'institution dans le domaine de l'éducation, présentera les outils et modalités de travail à employer dans ce domaine.

Medellin, Colombie, juin 2014. Des écoliers sont sensibilisés aux comportements sûrs à adopter dans une école située dans un quartier difficile, où la violence des gangs armés et gangs criminels est omniprésente. CC BY-NC-ND / CICR / D. Revol

Le CICR travaille aussi en étroite coopération avec les gouvernements et formule des conseils à leur intention en vue de la mise en œuvre nationale des obligations qui leur incombent en vertu du droit international. Il les encourage notamment à adopter une législation spécifique et d'autres mesures destinées à protéger les enfants pendant les conflits armés.

 

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