Afghanistan : ils retrouvent leur fils vivant après deux ans sans nouvelles

Comment le bouche-à-oreille orchestré par le CICR et les commerçants du bazar de Dand-e-Ghori a permis de retrouver un jeune homme disparu depuis deux ans.
Article 21 novembre 2018 Afghanistan

Marjan et Imam Nazar, couple sans ressources vivant de la terre dans la province de Baghlan (nord de l'Afghanistan), croyaient que leur fils Naqibullah, disparu depuis deux ans, était mort. Malgré la douleur et le désespoir, ils n'avaient même pas pu faire leur deuil comme il se doit, trop occupés à élever leurs sept autres enfants. Avec le temps, ils avaient fini par accepter ce coup du destin.

En 2016, Naqibullah avait été blessé dans des combats. Traité en urgence puis ramené chez ses parents, le jeune garçon avait été peu après embarqué par des inconnus, soi-disant pour le soigner. Depuis, Marjan et Imam Nazar n'avaient plus eu de nouvelles de leur fils et n'avaient aucun moyen pour le rechercher.

Quelques mois plus tard, en septembre 2016, des délégués du CICR en visite dans une prison afghane tombent sur un jeune détenu nommé Naqibullah. Il est incapable de dire où se trouve sa famille, n'a aucune indication à donner à l'équipe et ne reçoit jamais aucune visite.

Après plusieurs mois de recherches infructueuses, l'équipe du CICR décide de faire appel aux commerçants du marché de la ville de Dand-e-Ghori, dans la province de Baghlan, pour tenter de retrouver sa famille. En substance, ils font circuler le message suivant : « Le CICR recherche les parents du jeune Naqibullah ».

Et ça marche : le bouche-à-oreille orchestré dans le bazar finit par atteindre un jour les parents du jeune détenu, qui se rendent immédiatement à Kaboul, à la délégation du CICR. De là, ils sont pris en charge et conduits jusqu'au lieu de détention où se trouve leur fils. Hekamat et Zahra, un frère et une sœur de Naqibullah, sont aussi du voyage.

Je ne pouvais plus parler, se souvient Marjan, la mère. Je sanglotais, incrédule : mon fils est vivant, assis devant moi.

L'histoire de Naqibullah et de sa famille est à l'image de nombreuses autres, fruits du programme de « rétablissement des liens familiaux » lancé par le CICR en Afghanistan il y a tout juste 10 ans. Au quotidien, les délégués travaillent à remettre en contact les membres des familles dispersées par le conflit, qu'ils soient réfugiés, déplacés ou détenus.

Depuis le début de l'année, 6 500 familles ont ainsi pu rétablir et maintenir le contact avec des proches en détention grâce au CICR.

Parmi les moyens utilisés, le traditionnel message Croix-Rouge sur papier et les visites familiales dans le lieu de détention, mais aussi la visioconférence ou encore le téléphone