Le CICR en 2025 : toujours en première ligne pour l’humanité
En septembre 2025, le CICR a aidé 1 200 ménages revenus dans leur lieu d’origine, en majorité des femmes et des enfants, à se procurer des articles ménagers essentiels comme du sucre, du savon, des couvertures, des moustiquaires, de l’huile de cuisson et des haricots. Plus d’un million de réfugiés et de personnes revenues dans leur lieu d’origine sont arrivés dans différentes régions du Soudan du Sud depuis le 15 avril 2023, date à laquelle la guerre a éclaté au Soudan, mettant à rude épreuve les maigres ressources disponibles, en particulier la nourriture et l’eau, mais également le système éducatif et les services de soin de santé.
En 2025, les conflits armés ont continué de conditionner l’existence de millions de personnes autour du monde. Des guerres se prolongent et laissent peu de répit, de nouvelles crises apparaissent et des civils se retrouvent plongés dans la violence d’un conflit qui a détruit leur maison, bouleversé le fonctionnement des services essentiels et séparé des familles. Dans de nombreux contextes, le respect des règles de la guerre reste fragile et les conséquences sont désastreuses pour les populations qui peinent déjà à survivre dans des conditions inimaginables.
Tout au long de l’année, le Comité international de la Croix‑Rouge (CICR) est venu en aide à ces personnes. Alors que certaines crises ont mobilisé l’attention de la communauté internationale, beaucoup d’autres se sont déroulées loin des projecteurs. Si ces conflits passent souvent inaperçus, leurs conséquences n’en restent pas moins catastrophiques.
Quel que soit le contexte – conflit largement médiatisé ou complètement oublié – l’approche du CICR reste la même : rester proche des communautés touchées, soulager les souffrances et préserver les principes fondamentaux de neutralité, d’impartialité et d’indépendance afin que l’action humanitaire reste possible en temps de guerre.
Dans les services d’urgence de l’hôpital de campagne de la Croix Rouge à Gaza pendant un incident entraînant un grand nombre de victimes. La « zone rouge » accueille les patients nécessitant des soins immédiats et vitaux – par exemple, stopper une grave hémorragie – pour les stabiliser avant de les aiguiller vers une salle d’opération, un autre établissement médical ou un service hospitalier.
Prodiguer des soins de santé à ceux qui en ont le plus besoin
En 2025, garantir l’accès aux soins de santé est resté au cœur du travail du CICR en faveur des populations touchées par un conflit armé, en particulier lorsque les systèmes de santé ont été endommagés, sont dépassés ou manquent de ressources essentielles.
Dans des contextes tels que Gaza, le conflit armé international entre l’Ukraine et la Russie, le Soudan, le Soudan du Sud, l’est de la République démocratique du Congo et bien d’autres, le CICR a apporté son soutien aux hôpitaux et aux structures médicales en fournissant du matériel médical, des équipements médicaux, des formations et un appui opérationnel direct. Des équipes chirurgicales ont soigné des personnes blessées par arme, souvent dans des structures soumises à une pression extrême, et les services de santé primaire ont continué d’atteindre les communautés disposant d’un accès limité aux soins.
En Afghanistan, le soutien à long terme aux services des soins de santé et de réadaptation physique s’est poursuivi, aidant les personnes en situation de handicap – beaucoup en raison du conflit qui dure depuis des années – à recouvrer leur mobilité et leur autonomie. Au Myanmar,l’appui à la santé est resté essentiel dans un contexte de violence et de restrictions d’accès, en particulier après le tremblement de terre qui a encore davantage endommagé les services de santé déjà fragilisés.
Notre action visant à soutenir les soins de santé en faveur des personnes touchées par un conflit
Le 25 septembre 2025, le CICR a fourni à l’hôpital Al-Shifa, dans la ville de Gaza, du matériel médical et des articles à usage unique dont des pansements, des kits de stabilisation et des perfusions – autant d’articles essentiels pour soigner ceux qui ont été blessés par arme ou qui sont malades.
Réunir les familles dispersées et aider des personnes à connaître le sort d’un proche disparu
Aider les familles à garder le contact et trouver des réponses lorsque des proches ont disparu sont des activités qui sont restées au cœur de la mission humanitaire du CICR en 2025.
Grâce à ses services de rétablissement des liens familiaux, le CICR a facilité le contact entre des proches qui ont été séparés par un conflit partout dans le monde. Pour de nombreuses familles, recevoir un appel téléphonique, un message ou la confirmation qu’un proche est vivant est un soulagement immense après des mois ou des années d’incertitude.
Le CICR a également continué à élucider le sort des personnes disparues, à soutenir les familles dans le cadre de leurs recherches et à dialoguer avec les autorités et les parties au conflit sur le traitement digne des dépouilles mortelles. Ce travail vise à remédier à l’une des conséquences les plus longues et douloureuses d’un conflit armé.
Notre action visant à aider les familles à rétablir le contact
Des femmes et des enfants déplacés s’abritent sous des tentes au camp de Tawila, au Soudan, où des familles ont fui pour échapper aux combats. Beaucoup ont été séparés de leurs proches et ne savent pas quand ou s’ils seront de nouveau réunis.
Visiter les personnes privées de liberté et évaluer leurs conditions de détention
En 2025, le CICR a poursuivi son travail en faveur des personnes privées de liberté en rapport avec un conflit armé ou d’autres situations de violence. Ses équipes ont visité des lieux de détention afin d’évaluer les conditions de détention et de traitement, se sont entretenues avec des personnes privées de liberté et ont dialogué de façon confidentielle avec les autorités détentrices.
Ces visites ont porté sur des questions pratiques qui touchent directement à la vie des détenus, comme l’accès à la nourriture et à l’eau, les soins de santé, l’hygiène, le logement et les contacts avec leur famille. Le CICR a également facilité l’échange de messages avec la famille et d’autres formes de communication, aidant ainsi les détenus à garder le contact avec leurs proches pendant la période de détention.
En maintenant le dialogue de façon confidentielle avec les autorités, le CICR s’est employé à répondre aux préoccupations soulevées pendant les visites et à soutenir les efforts d’amélioration avec le temps. Pour les personnes détenues et leur famille, ce travail a permis de garantir que les conditions de détention et de traitement étaient suivies par un acteur humanitaire indépendant et que la situation de ces personnes a été prise en considération.
Notre action visant à aider les personnes privées de liberté
Le CICR rend visite à des détenus de la prison de Kasnazan à Erbil, en Irak, et engage le dialogue avec les autorités afin d’évaluer les conditions de détention et de traitement des prisonniers, conformément à son mandat visant à promouvoir un traitement humain et garder le contact entre les personnes privées de liberté et leur famille.
Rétablir l’approvisionnement en eau et en électricité et les services essentiels, et réparer les abris
Dans de nombreux contextes de conflit, les dommages causés aux systèmes d’approvisionnement en eau, aux logements et aux infrastructures de base privent les populations de conditions de vie sûres. En 2025, le CICR a continué de faciliter l’accès à l’eau, à l’assainissement, à un abri et à des services essentiels dans des zones ou le conflit a bouleversé la vie quotidienne des habitants.
Dans certaines des zones les plus difficiles à atteindre au monde, les équipes du CICR ont réparé les réseaux d’approvisionnement en eau, amélioré l’accès à l’eau potable et apporté un soutien en matière de chauffage et d’électricité lorsque cela était possible. Ces interventions ont permis de réduire les risques sanitaires et d’aider la communauté à surmonter les difficultés liées à des déplacements et une instabilité prolongés.
Au Myanmar et en Afghanistan, l’intervention consécutive au tremblement de terre a été intégrée dans un cadre plus large d’activités humanitaires afin de répondre aux besoins immédiats des populations tout en renforçant le soutien à long terme apporté aux communautés déjà touchées par le conflit et d’autres situations de violence.
Notre action visant à préserver la santé publique
Valentyna Nazaruk, 79 ans, vit dans le village de Sukha Kamianka (district d’Izioum), où il reste seulement quatre habitants. Depuis avril 2022, le village n’a plus d’électricité, les lignes électriques ayant été détruites pendant les combats. L’accès à l’eau est également peu fiable car la rivière est souvent asséchée en été, laissant les puits vides. Valentyna vit ici avec sa fille et fait pousser des légumes dans un petit jardin et une serre fournie par le CICR.
Réduire les risques liés à la contamination par les armes
Bien après la fin des combats, des restes explosifs de guerre continuent d’être une menace pour les civils. En 2025, la contamination par les armes est restée un problème majeur.
Le CICR a soutenu des activités de sensibilisation à ces risques et a échangé directement avec les communautés sur les comportements sûrs à adopter. Il a également travaillé en collaboration avec les autorités et avec ses partenaires afin de limiter les dangers posés par les munitions non explosées et autres engins explosifs. Ces efforts ont permis de prévenir les blessures et les décès liés à ces armes, et de garantir un accès plus sûr aux maisons, aux champs et aux services essentiels.
Notre action visant à réduire les risques liés à la contamination par les armes
Des écoliers de l’école primaire Al-Rawda Al-Muhammadiya, à Ramadi (ouest de l’Irak), participent à une séance de sensibilisation sur les dangers de la contamination par les armes. Beaucoup d’enfants sont issus de familles qui ont été déplacées par le conflit armé de 2014 2017 et qui continuent de vivre dans des zones touchées par le fléau des restes explosifs de guerre.
Soutenir les moyens de subsistance et la sécurité économique
Au‑delà des secours d’urgence, le CICR a continué en 2025 à soutenir la capacité des personnes à subvenir à leurs besoins de base et à assurer leurs moyens de subsistance pendant un conflit.
Dans des contextes tels que le Soudan, le Soudan du Sud et l’Afghanistan, plusieurs mesures de sécurité économique ont été mises en œuvre, notamment des programmes de versements en espèces et d’appui aux moyens de subsistance des déplacés, des personnes revenues dans leur lieu d’origine et des communautés d’accueil. Ces interventions ont aidé les familles à faire face à une situation d’instabilité prolongée et à retrouver une certaine indépendance.
Notre action visant à aider les personnes dont les moyens de subsistance ont été affectés par un conflit armé et d’autres situations de violence
Des habitants de la région du Tigré, en Éthiopie, reçoivent des volailles dans le cadre d’une initiative visant à promouvoir une agriculture et des moyens de subsistance plus sûrs dans des zones touchées par la contamination par les armes.
Protéger les civils par le respect du droit international humanitaire
Tout au long de 2025, le CICR a continué de promouvoir le respect du droit international humanitaire (DIH) – le cadre juridique qui protège les civils, les détenus, les services médicaux et les travailleurs humanitaires pendant un conflit armé.
Le dialogue confidentiel, l’engagement opérationnel et les activités de sensibilisation à l’échelle mondiale – notamment l’Initiative mondiale visant à revitaliser l’engagement politique en faveur du droit international humanitaire – ont permis au CICR de travailler avec les États et les parties à un conflit afin de renforcer les règles qui limitent les souffrances causées par la guerre.
Notre action visant à garantir les droits des personnes touchées par les conflits
District de Chawky, Kounar, Afghanistan. Le CICR apporte son soutien au Croissant Rouge afghan dans le cadre de ses opérations de secours à la suite du tremblement de terre meurtrier qui a touché la région. Une assistance a été fournie dans plusieurs domaines clés, notamment les réseaux d’approvisionnement en eau, la distribution d’abris et de tentes, et l’installation de générateurs de capacités différentes.
Servir d’intermédiaire neutre quand la confiance entre les parties à un conflit est limitée
Parallèlement à ces activités, le CICR a continué en 2025 à servir d’intermédiaire neutre et indépendant – un rôle qui permet souvent de rendre l’action humanitaire possible.
En Israël et dans les territoires occupés, le CICR a joué un rôle essentiel dans les opérations humanitaires relatives aux otages et aux détenus, en servant notamment d’intermédiaire fiable lors des transferts organisés dans des conditions extrêmement tendues. En République démocratique du Congo, l’organisation a facilité plusieurs actes humanitaires, dont la libération et le transfert de détenus, et le déplacement sûr de personnes de part et d’autre des lignes de front.
Dans le cadre du conflit armé international entre la Russie et l’Ukraine comme dans de nombreux autres contextes, un dialogue confidentiel essentiel a été maintenu avec les parties afin de pouvoir mener des activités humanitaires et de promouvoir le respect du droit international humanitaire. Souvent peu visible, le rôle d’intermédiaire a pourtant des conséquences directes sur la sécurité et le bien‑être des populations.
Notre action au titre d’intermédiaire neutre et fiable
Des membres désarmés des forces gouvernementales de la République démocratique du Congo et leur famille arrivent pour être transportés de Goma à Kinshasa, un voyage de plus de 2 000 kilomètres à travers la ligne de front, rendu possible grâce au rôle d’intermédiaire neutre du CICR.
Rester présent
Alors que 2025 s’achève, le CICR est resté présent aux côtés des personnes touchées par un conflit armé et d’autres situations de violence, poursuivant son travail visant à protéger des vies, alléger les souffrances et préserver la dignité des populations. Dans des conflits qui mobilisent l’attention de la communauté internationale comme dans ceux qui restent en grande partie invisibles, l’organisation a continué d’axer son travail en premier lieu sur les personnes qui ont besoin d’elle et sur les principes humanitaires qui guident son action.
Goma, RDC, février 2025