Le CICR en Afghanistan

25 octobre 2016
Le CICR en Afghanistan
Prison de Pul-i-Charkhi, Kaboul, Afghanistan. Un homme peut embrasser son proche détenu pour la première fois depuis des années, grâce au programme du CICR facilitant les visites familiales dans les lieux de détention. CC BY-NC-ND / CICR / O. Moeckli

En Afghanistan, le CICR s'attache à surveiller la conduite des hostilités et à prévenir les violations du droit international humanitaire, en visitant les lieux de détention et en prêtant assistance aux civils touchés par le conflit.

Le CICR s'efforce de rétablir les liens familiaux et agit en tant qu'intermédiaire neutre pour faciliter la fourniture de services humanitaires de part et d'autre des lignes de front. Il apporte une assistance aux blessés et aux personnes handicapées, fournit un soutien en matière de soins hospitaliers et contribue à améliorer les services d'approvisionnement en eau et d'assainissement. Il s'emploie également à renforcer les capacités du Croissant Rouge afghan.

La situation en Afghanistan

Le conflit généralisé continue d'avoir des répercussions dévastatrices sur la vie des Afghans dans de nombreux districts et villages. Le risque pour les civils d'être blessés ou tués, les déplacements internes et l'accès insuffisant aux soins médicaux ne sont que quelques-unes des menaces qui pèsent sur la population. Tout cela sur fond de scissions au sein des groupes armés, de raids nocturnes, de frappes aériennes, d'attentats-suicide et de prolifération des engins explosifs artisanaux. La propagation du conflit à des zones jusque-là épargnées rend la vie des Afghans plus difficile encore, des communautés entières étant prises en étau entre les parties au conflit. Les régions du sud, de l'est, du nord, du nord-ouest et du centre du pays sont les plus durement touchées.

La réponse du CICR

Dans cette situation extrêmement complexe, où les acteurs humanitaires ont toujours des difficultés à atteindre les personnes qui ont besoin d'assistance, le CICR a dû adapter sa stratégie de manière à avoir accès aux plus vulnérables pour leur venir en aide. Il agit de plus en plus par l'intermédiaire de partenaires locaux, notamment le Croissant-Rouge afghan, et renforce son dialogue avec les acteurs influents de la société civile pour que son action et son mandat soient plus largement compris et acceptés. Depuis 2009, l'institution a ouvert de nouveaux bureaux dans le pays pour assurer une présence au sein des communautés qui en ont le plus besoin.

Par ailleurs, les délégués du CICR collectent des informations sur les allégations de violations du DIH et entreprennent des démarches confidentielles auprès des parties au conflit afin que de tels manquements ne se reproduisent plus. Ils rappellent en outre aux autorités et aux porteurs d'armes les obligations qui leur incombent en vertu du DIH, notamment en ce qui concerne la conduite des hostilités et le devoir qu'ils ont de protéger les personnes qui ne participent pas aux combats.

Le CICR a ouvert sa délégation à Kaboul en 1987, après avoir travaillé pendant huit ans au Pakistan en faveur des victimes du conflit afghan.

Prêter assistance aux détenus

Les visites aux personnes détenues par les autorités afghanes et les forces militaires internationales restent prioritaires pour évaluer les conditions de détention et le traitement qui est réservé aux détenus, et veiller au respect de leurs garanties judiciaires.

Des activités sont également menées pour rétablir ou maintenir les liens entre les membres de familles dispersées.

De plus, le CICR met les compétences qu'il possède dans le domaine pénitentiaire à la disposition des autorités afghanes pour les aider à remettre en état les lieux de détention et à améliorer les conditions de santé et d'hygiène dans les prisons.

Soutenir les soins de santé

L'accès aux soins de santé reste difficile dans de nombreuses régions où les conditions de sécurité sont précaires.

Le CICR :

  • fournit un soutien médical à l'hôpital de Sheberghan dans le nord du pays et à l'hôpital régional Mirwais dans le sud, tous deux gérés par le ministère de la Santé publique ;
  • apporte un soutien technique et financier à 47 dispensaires du Croissant-Rouge afghan et aux volontaires communautaires qui prodiguent des soins de santé aux personnes vivant dans les zones touchées par le conflit ;
  • fournit sur demande du matériel médical aux hôpitaux en cas d'afflux de blessés ;
  • soutient un service de taxis assurant le transport des blessés à l'hôpital, dans le sud du pays ;
  • envoie des assortiments de matériel médical dans les zones de conflit pour la prise en charge des patients nécessitant des soins urgents ;
  • gère sept centres de réadaptation physique (souvent appelés « centres orthopédiques » en Afghanistan) fournissant des services de réadaptation et de réinsertion sociale à des milliers d'amputés et autres personnes handicapées ;
  • forme des physiothérapeutes effectuant des visites à domicile chez les personnes qui souffrent de lésions à la moelle épinière.

Venir en aide aux familles

Le CICR :

  • distribue des secours alimentaires et non alimentaires aux familles déplacées par le conflit ou par une catastrophe naturelle ;
  • organise des distributions de vivres d'urgence ;
  • mène des projets « argent contre travail » ;
  • soutient des programmes agricoles et d'élevage ;
  • fournit une aide humanitaire aux communautés déplacées, en étroite collaboration avec le Croissant-Rouge.

Renforcer les capacités du Croissant-Rouge afghan

Le CICR mène des activités de formation à l'intention des employés et des volontaires du Croissant-Rouge afghan, pour les aider à mettre en œuvre des programmes humanitaires en faveur des communautés.

 

Voir aussi :

Le CICR en Afghanistan