DIH et forces armées malgaches : une femme à l'honneur

17 mai 2017
DIH et forces armées malgaches : une femme à l'honneur
Un officier malgache partage ses impressions après un cours de DIH à San Remo en décembre 2016. CC BY-NC-ND/CICR

Capitaine Fanantenana Raymonde Randrianarisoa est Chef de Service de la Technologie de l'Information et de la Communication et enseignante à l'Ecole Militaire d'Antsirabe (ACMIL) qui accueille les futurs officiers de toute la Grande Ile. Elle fait partie des officiers sélectionnés par l'Etat Malagasy pour suivre la formation annuelle destinée aux Directeurs de Cours en Droit International Humanitaire (DIH) à l'Institut international de droit humanitaire de San Remo, en Italie, sur financement du CICR. De retour au pays, elle partage ses impressions.

L'importance du droit international humanitaire

Le DIH oblige les Etats à promouvoir et à respecter le Droit des Conflits Armés au sein de leurs forces armées et de leurs institutions. C'est en ce sens que l'Institut International de Droit Humanitaire a ouvert ce cours.
Malgré le fait que Madagascar ne soit pas un pays en conflit, connaître le DIH est essentiel pour l'armée. « Toute l'armée devrait savoir ce qu'est le DIH, que le pays soit en conflit ou non, et cela à tous les niveaux de commandement », explique l'officier malagasy. « Outre le fait que personne ne sait ce qui peut arriver demain, les forces armées et de sécurité malagasy envoient déjà des éléments pour participer aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies dans des pays en crise ou en conflit. Le DIH s'applique vraiment lors de ces missions. Officiers, sous-officiers et soldats devraient connaître le DIH, ce qu'il est permis ou pas de faire en temps de guerre». Elle est maintenant convaincue de l'importance d'intégrer une formation basique en DIH dans le curriculum de formation de l'armée.
Participer au Cours des Directeurs de Cours en DIH à San Remo a été aussi une belle expérience pour l'officier et une opportunité qui lui a également permis de rencontrer et d'échanger des expériences avec des officiers militaires de tous horizons : Tchad, France, Centre Afrique, Cameroun, Comores, Congo Brazzaville, Gabon, Burkina Faso... En tout 17 officiers ont participé à cette formation dont seulement deux femmes.

Etre femme et officier dans l'armée malagasy

Les Forces armées de Madagascar ne comptent pas moins de de 35'000 éléments parmi l'armée de terre. « Les femmes officiers ne sont pas nombreuses au sein de l'armée Malagasy, environ une cinquantaine en tout, à l'heure actuelle. Ce n'est pas facile... », décrit Capitaine Randrianarisoa. « A l'époque, l'armée cherchait une historienne ce qui était ma filière à l'Université. De mon côté, les films de combat et de guerre m'ont toujours inspiré, j'avais donc pris la décision d'intégrer les forces armées ». Les forces armées Malagasy l'ont recrutée comme spécialiste en 2010 et elle a choisi d'y bâtir sa carrière professionnelle.

Article tiré du bulletin de la délégation régionale du CICR pour l'Océan Indien - avril 2017

Consulter les autres articles du bulletin : détenus, personnes en situation de handicap, commissions nationales de DIH.

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