Explosion de Beyrouth : nous n’abandonnerons pas le Liban à son sort

Explosion de Beyrouth : nous n’abandonnerons pas le Liban à son sort

L’explosion dévastatrice du 4 août dernier dans le port Beyrouth vient s’ajouter aux tragédies que connaît le Liban depuis des décennies.
Article 10 août 2020 Liban

Des conséquences sur l'acheminement des vivres et de l'aide humanitaire

Avant le 4 août, le port de Beyrouth était le point d'entrée de plus de 80 % des importations du pays. L'explosion a ainsi totalement interrompu l'approvisionnement en biens alimentaires et commerciaux essentiels. De surcroît, l'acheminement des secours humanitaires tant pour le Liban que pour certains pays voisins tels que la Syrie se retrouve aussi compromis.

Dès à présent, c'est le port de la deuxième ville du pays, Tripoli au nord, qui s'organise pour tenter de remplacer celui de Beyrouth. Mais ses infrastructures ne permettent l'entrée que de 10% des importations en regard de celui de la capitale.

Débris recouvrant les rues de Beyrouth après l'explosion

La ville entièrement touchée

L'impact de l'explosion ne se limite pas uniquement à la zone du port. Les autorités considèrent que plus de la moitié de la ville a été détruite ou gravement endommagée. S'ensuit une conséquence catastrophique pour les blessés mais aussi pour quelque 300 000 personnes désormais sans-abri.

Le temps s'est arrêté ! Photo prise après l'explosion par notre collègue Miriam Atallah à la pouponnière de l'hôpital St. Georges,montrant une horloge qui s'est arrêtée à 18h10, l'heure où s'est produite la terrible explosion dans le port de Beyrouth.

Bilan au 14 août 2020 :
plus de 160 morts
6 000 blessés
300 000 sans-abri
dont 100 000 enfants
et des dizaines de disparus 

 

Le Liban subira longtemps encore les conséquences de l'explosion. Aux pertes en vies humaines et aux milliers de blessés s'ajoute le fait que de nombreux habitants se retrouvent sans toit et sans travail. Une situation aggravée par la destruction de systèmes d'approvisionnement comme l'eau ou encore l'électricité.

Côté service de santé, la situation est tout aussi problématique. Beaucoup d'hôpitaux, déjà saturés de malades en raison de la pandémie de Covid-19, ont subi aussi d'importants dommages. Certains secouristes n'ont eu d'autres choix que de trier des blessés sur les parkings des hôpitaux détruits.

Deux jours après l'explosion, l'équipe du CICR a procédé à l'évaluation de l'état des principaux hôpitaux. L'un d'eux totalement détruit n'est de facto, plus en capacité de traiter ses 8 000 patients ou encore de prendre en charge les milliers d'urgences.

Personnes rassemblant les restes de leur maison et de leurs commerces après l'explosion.

Tandis que plusieurs secteurs de Beyrouth sont dévastés, ailleurs, ce sont les maisons et les biens qui ont été endommagés.

Dès les premières minutes du drame, les équipes de la Croix-Rouge libanaise se sont rendues dans les quartiers dévastés pour le ramassage et l'évacuation des blessés.

Au total, à ce jour, 12 hôpitaux de Beyrouth et des environs ont reçu un soutien d'urgence avec notamment la fourniture de fauteuils roulants, de béquilles et d'autres articles de première nécessité. Les évaluations se poursuivent afin d'adapter et de dimensionner la meilleure des aides possibles.

Dix jours après le drame, la Croix-Rouge évalue à 40 millions d'euros la somme nécessaire pour couvrir ses opérations d'urgence de secours et d'assistance.

Les fenêtres qui ont volé en éclats sont aujourd'hui le dénominateur commun des maisons beyrouthines.

Profond traumatisme

Les conséquences profondes de l'explosion dévastatrice comparable aux destructions en situation de guerre nourrira longtemps nombre de traumatismes psychologiques dont il conviendra de tenir compte. Une assistance particulière devra être intégrée pour accompagner les personnes les plus fragilisées.

Un des hôpitaux de Beyrouth, où les dégats sont visibles à travers une fenêtre.

N'abandonnons pas les Libanais

Le Liban a besoin qu'on l'aide de toute urgence. Toute contribution, aussi humble soit-elle, peut aider à sauver des vies. C'est la raison pour laquelle, le CICR s'associe à toutes les entités Croix-Rouge et Croissant-Rouge qui collectent actuellement des fonds. Les dons peuvent être envoyés en suivant ce lien :

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