Nouveau rapport sur les conflits urbains :
"J’ai vu ma ville mourir"

13 juin 2017
Nouveau rapport sur les conflits urbains : </br> "J’ai vu ma ville mourir"
Des enfants jouent au milieu des immeubles détruits à Mossoul, en Irak. CC BY-NC-ND / CICR / Andre Liohn

Cinquante millions de personnes portent aujourd’hui le poids des guerres livrées dans des villes, aux quatre coins du monde. Au Moyen-Orient, en particulier, des conflits urbains prolongés, extrêmement destructeurs, ont des conséquences désastreuses pour la région.

Les guerres qui déciment les anciennes cités de Mossoul, Sanaa et Alep sont notamment à l’origine du plus important mouvement de migrants et de réfugiés enregistré depuis la Seconde Guerre mondiale. Selon les estimations, quelque 17 millions d’Irakiens, de Yéménites et de Syriens – dont beaucoup de citadins – auraient été chassés de chez eux.

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Je veux simplement aller bien. Pas facile quand on a vécu ce que j'ai vécu. J'ai vu mourir ma ville ; j'ai vu périr les miens ; je me suis vu sombrer. Je ne sais pas si j'irai bien un jour, mais c'est ce que je veux." - Sami, 29 ans, qui a fui Alep pour Damas, puis Beyrouth, au Liban.

Les civils fuient le quartier de Hay Tairan, à Mossoul. CC BY-NC-ND / CICR / Andre Liohn

Onze millions et demi de personnes – soit plus de trois par minute – ont quitté leur foyer depuis le début de la guerre en Syrie, pour ne citer que cet exemple. Les déplacés sont plus de six millions à vivre dans des abris de fortune ou au sein de communautés d’accueil en Syrie même, tandis que près de cinq millions de réfugiés ont franchi les frontières du pays.

Ces chiffres sont stupéfiants, mais ils ne reflètent qu’une partie de la réalité.

Bulldozers et bombes

Pendant des siècles, les guerres ont été principalement livrées sur de vastes champs de bataille ; des milliers d’hommes, de vastes corps d’armées et des armes lourdes étaient jetés les uns contre les autres en terrain découvert.

Immeubles détruits dans la ville de Taïz, au Yémen. CC BY-NC-ND / CICR /Khalid Al-Saeed

Des villes étaient parfois assiégées ou mises à sac, mais il était rare que les combats se déroulent dans les rues. Aujourd’hui, les conflits armés ont pris un tour très différent : c’est au cœur des villes et dans les quartiers résidentiels que se trouvent les champs de bataille et les lignes de front de notre siècle. La guerre s’insinue maintenant dans la vie, dans la ville et dans la maison des gens ordinaires, de manière plus pernicieuse que jamais.  

Le monde s’urbanise, les conflits aussi

Il est prévu que 96 % de la croissance urbaine se concentre dans des pays en développement, dans des villes déjà en butte à la précarité. Dans les conflits armés d’aujourd’hui, les hostilités se déroulent toujours plus dans des centres de population, et cette tendance ne peut que se poursuivre.

Yémen, ville de Taïz. Deux enfants jouent dans une voiture détruite. CC BY-NC-ND / CICR /Khalid Al-Saeed

Les belligérants évitent souvent d’affronter leur adversaire à découvert, préférant se fondre dans la population civile. Par ailleurs, des systèmes d’armes conçus à l’origine pour des champs de bataille ouverts sont fréquemment utilisés dans ces conflits armés. Là encore, ce sont bien trop souvent les civils qui souffrent le plus.

" Nous avons retrouvé notre voiture, dont il ne restait que la carcasse métallique, ainsi que les bâtiments alentour, tellement endommagés qu’ils étaient irréparables. Quatre combattants s’étaient fait exploser dans notre maison. Nous avons sorti deux cadavres dans la rue. La maison entière n’était plus que ruine. " - Mohammed, un civil des quartiers ouest de Mossoul.

Alep

Il n’existe pas de chiffres définitifs du nombre de personnes tuées dans la ville depuis le début des violences, au milieu de 2012. Le déferlement de violences a valu à Alep de recevoir de nouveaux qualificatifs : « ville la plus dangereuse au monde », « enfer sur terre » et « Stalingrad syrien ».

La détérioration croissante de la situation a conduit maintes fois les organisations humanitaires à lancer des cris d’alarme, mais les infrastructures essentielles – hôpitaux, réseaux d’alimentation en eau et en électricité et écoles – ont continué d’être prises sous le feu des combattants jusqu’à la fin des hostilités.

La maison de cet homme a été détruite dans les combats. CC BY-NC-ND / CICR / Andre Liohn

Quand les guerres se livrent dans des villes, les infrastructures vitales qui permettent aux communautés de fonctionner sont endommagées ou détruites. Le but de ce rapport est de faire mieux comprendre l’un des aspects d’une réalité aux multiples facettes, telle que l’expriment, avec leurs propres mots, les personnes qui ont dû l’affronter, et y ont survécu.

Le défi consiste maintenant à répondre au mieux aux dynamiques complexes mises en jeu dans ces conflits urbains.

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