La crise vue de l’intérieur : trois mois dans le nord de l’État de Rakhine

  • L’eau, c’est la vie !
    L’eau, c’est la vie !
    L’accès à l’eau potable est une priorité dans l’État de Rakhine. Les communautés déplacées par les récentes violences ont creusé le sol pour trouver de l’eau, utilisant les étangs avoisinants et l’eau de mer pour cuisiner et se laver. Dans le cadre de notre action d’urgence, nous avons fourni près de 500 000 litres d’eau depuis le début de la crise et enseigné aux communautés les bonnes pratiques en matière d’hygiène pour leur assurer des conditions de vie plus saines et plus sûres.
    CC BY-NC-ND / ICRC / Hla Yamin Eain
  • Petits moyens, grands effets
    Petits moyens, grands effets
    La Croix-Rouge vient en aide à toutes les communautés touchées par la violence dans l’État de Rakhine. Elle a aussi versé des aides en espèces sans conditions à plus de 15 000 personnes ayant accès aux marchés quand elles sont rentrées chez elles après avoir dû provisoirement quitter leur foyer.
    CC BY-NC-ND / ICRC / Hla Yamin Eain
  • La chaîne d’approvisionnement
    La chaîne d’approvisionnement
    Les cartons d’aide d’urgence destinés aux populations dans le nord de l’État de Rakhine partent d’un entrepôt, avant d’être chargés à bord d’un camion, puis d’un bateau. Au cours des premières semaines de notre intervention, 400 tonnes de marchandises ont ainsi été acheminées de Yangon à Maungdaw.
    CC BY-NC-ND / ICRC / Hla Yamin Eain
  • Le règne de la peur et de l’incertitude
    Le règne de la peur et de l’incertitude
    La peur et l’incertitude règnent dans les municipalités de Buthidaung, Maungdaw et Rathedaung dans le nord de l’État de Rakhine ; limitées dans leurs déplacements, de nombreuses personnes n’ont pas accès aux écoles, aux champs ou aux soins de santé dont elles ont besoin. La situation requiert une assistance humanitaire, mais aussi un investissement à long terme, le rétablissement de l’ordre public et la restauration de la paix et de la stabilité entre les communautés.
    CC BY-NC-ND / ICRC / Hla Yamin Eain
  • Un colis alimentaire de 100 kg
    Un colis alimentaire de 100 kg
    « Les gens mangent très peu, se nourrissant principalement de riz pour survivre », explique un délégué du CICR chargé de la sécurité économique. En trois mois, plus de 150 000 personnes ont reçu des colis alimentaires de 100 kg distribués par la Croix-Rouge pour les aider à tenir le coup une fois la situation stabilisée.
    CC BY-NC-ND / ICRC / Hla Yamin Eain
  • Comment sommes-nous arrivés à porter secours à 180 000 personnes ?
    Comment sommes-nous arrivés à porter secours à 180 000 personnes ?
    En nous occupant d’une famille après l’autre, un village après l’autre, couvrant au total près de 140 villes dans le nord de l’État de Rakhine. En une seule journée, les équipes de la Croix-Rouge ont fait 8 heures de route et passé 3 heures à distribuer des vivres à 1 300 ménages en deux endroits différents.
    CC BY-NC-ND / ICRC / Hla Yamin Eain
  • Aider, c’est aussi informer.
    Aider, c’est aussi informer.
    « Si le CICR ne peut pas offrir aux communautés la sécurité physique et la liberté dont elles ont besoin, nous pouvons donner aux personnes touchées par la violence la possibilité d’être entendues, de partager leurs craintes et leurs préoccupations et de participer aux programmes de secours que nous mettons en place », estime Fabrizio Carboni, chef de la délégation du CICR au Myanmar.
    CC BY-NC-ND / ICRC / Hla Yamin Eain
  • Impartialité
    Impartialité
    Les membres des communautés nous écoutent attentivement et en silence. Ils comprennent que la Croix-Rouge aide tout le monde, quelle que soit son origine ethnique ou sa religion. « À Rakhine, je suis accepté par tous, mais ce n’est pas facile », rapporte Myint Naing, délégué du CICR sur le terrain. « Il est important que les populations me fassent confiance. Je leur dis : je suis hindou, mais qu’importe ma religion. Je suis là pour vous aider ».
    CC BY-NC-ND / ICRC / Chandrasekhar Chatterjee
  • Vulnérabilité
    Vulnérabilité
    « Ces derniers mois, les gens ne cessent de nous dire combien ils apprécient que nous apportions des vivres et d’autres articles à tous sans distinction. Parce que, à ce stade, toutes les personnes qui restent sont vulnérables. Et le fait que nous aidions tous les membres d’une communauté en fonction de leurs besoins ne crée pas de tensions au sein du village », déclare Giulio Doronzo, délégué du CICR chargé de la sécurité économique.
    CC BY-NC-ND / ICRC / Chandrasekhar Chatterjee
  • Un petit coup de main est toujours bienvenu !
    Un petit coup de main est toujours bienvenu !
    Dans toutes les communautés où nous nous rendons, petits et grands sont toujours prêts à donner un coup de main à la Croix-Rouge.
    CC BY-NC-ND / ICRC / Chandrasekhar Chatterjee
  • Apporter toute l’aide possible
    Apporter toute l’aide possible
    « Les besoins sont nombreux dans les zones très isolées, à des heures de la ville la plus proche. Nous devons soutenir ces gens autant que possible. Les communautés apprécient d’ailleurs les efforts déployés par la Croix-Rouge pour atteindre ces villages. Beaucoup disent que nous sommes les premiers à venir entendre ce qu’ils ont à dire sur les difficultés auxquelles ils sont confrontés » – explique Makoto Abe, collaborateur du CICR qui travaille à Rakhine depuis le début des violences.
    CC BY-NC-ND / ICRC / Chandrasekhar Chatterjee
15 décembre 2017

Plus de trois mois depuis que les violences ont éclaté dans le nord de l'État de Rakhine, le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (Mouvement) dirige l'action humanitaire et a porté secours à 180 000 personnes dans les municipalités de Buthidaung, Maungdaw et Rathedaung.

Les quelque 200 membres des équipes de la Croix-Rouge parcourent des kilomètres à pied, en voiture, en bateau ou en hélicoptère pour atteindre les communautés isolées – dont certaines figurent parmi les plus vulnérables, restées sur place alors que 600 000 personnes ont fui vers le Bangladesh.


« Toutes les communautés de l'État de Rakhine continuent de souffrir d'une manière ou d'une autre des violences », rapporte Fabrizio Carboni, chef de la délégation du CICR pour le Myanmar. « En fin de compte, la solution à la crise dans l'État de Rakhine n'est pas seulement humanitaire ; elle est politique et nécessitera un investissement à long terme pour restaurer la paix et la stabilité entre les populations ».
Si la situation est désormais relativement stable, elle n'en demeure pas moins tendue.

Les populations continuent de fuir et des épisodes de violence sont toujours à déplorer. Dans certaines régions qui ne sont pas touchées par la violence, nos équipes décrivent une impression de calme et de normalité, et les gens nous disent qu'ils peuvent se déplacer en toute sécurité ; les femmes travaillent chez elles pendant que les hommes sortent vendre du poisson.

Dans d'autres régions, la tension est palpable et les déplacements sont impossibles, de sorte que les enfants ne peuvent pas aller à l'école ou que les malades ne peuvent pas se rendre au dispensaire. Les maisons tombent en ruine, lorsqu'elles n'ont pas été réduites en cendres. Avec l'hiver qui s'installe, les gens nous demandent des couvertures.

Nous sommes là depuis trois mois et nous continuons d'atteindre de nouvelles communautés dans certaines des zones montagneuses les plus reculées du Myanmar, où les populations ont cruellement besoin d'aide. Les besoins en termes d'assistance humanitaire restent très élevés.

Le Mouvement a pratiquement mené à bien toutes les opérations d'aide d'urgence qu'il s'était engagé à réaliser en 2017 mais, malgré cela, Rakhine reste une zone sensible, où le risque d'une recrudescence de la violence demeure important.