Maurice et Seychelles : champions du droit international humanitaire

02 mars 2015
Maurice et Seychelles : champions du droit international humanitaire
Le président de l’atelier de DIH, les membres de la commission nationale mauricienne de DIH et des représentants du CICR. © Mauritius Red Cross

Le droit international humanitaire (DIH) s'applique aussi bien aux pays en butte à un conflit qu'à ceux qui ne le sont pas. L'île Maurice et l'archipel des Seychelles en sont une preuve manifeste.

Alors qu'aucun de ces États insulaires ne risque d'avoir à subir les conséquences d'un conflit armé, ces deux pays ont témoigné leur soutien au DIH en ratifiant et en intégrant bon nombre d'instruments du DIH. De plus, ils ont tous deux établi des commissions interministérielles nationales qui fonctionnent avec efficacité et qui se réunissent régulièrement pour discuter et promouvoir la mise en œuvre du DIH.

En novembre 2014, la délégation régionale du CICR pour l'océan Indien a été invitée à rencontrer les deux commissions dans leurs pays respectifs pour présenter des informations à jour et dispenser une formation au droit international humanitaire sur des questions qui les intéressent.

Promotion du Traité sur le commerce des armes

Adopté en juillet 2013, le Traité sur le commerce des armes est entré officiellement en vigueur le 24 décembre 2014, ce qui prouve sa grande importance. À la demande du gouvernement des Seychelles, le CICR a facilité un atelier d'une demi-journée avec le comité des affaires humanitaires des Seychelles sur la pertinence et la mise en œuvre du Traité.

Dans son discours d'ouverture, Christoph Vogt, chef de la délégation régionale du CICR pour l'océan Indien, a fait remarquer que l'atelier prouve que des pays comme les Seychelles peuvent contribuer à limiter et à réduire la souffrance dans le monde en prenant une part active aux forums et débats internationaux relatifs au développement du droit international humanitaire.

Mentionnant la piraterie, le secrétaire principal du ministère des Affaires étrangères, M. Maurice Lousatu-Lalanne, rappelle que les Seychelles ont subi les effets d'armes qui sont entre de mauvaises mains. Il confirme que les Seychelles ont toujours vivement défendu les principes et objectifs de cet important traité et continueront de le faire.

Contribution des États insulaires à la promotion du DIH

Le CICR a aussi participé à un atelier d'une demi-journée sur le DIH à l'île Maurice. L'atelier, organisé par la commission nationale mauricienne de droit humanitaire, a réuni plus de 70 participants (travaillant dans la police, les prisons, le gouvernement, l'éducation et la jeunesse) pour discuter de l'importance du DIH et de son applicabilité à l'État insulaire. Les discussions ont porté sur les nouvelles armes et leur importance pour l'Afrique, ainsi que sur les méthodologies permettant de sensibiliser les différents publics à la pertinence du droit international humanitaire.

La directrice du Cabinet du Premier ministre, Mme KO Fong Weng Poorun, a ouvert l'atelier en relevant que l'île Maurice fait tout son possible pour se conformer aux obligations du droit international humanitaire, et que le pays veille à ce que les générations présentes et futures ne plongent pas dans la spirale des conflits, de la haine et de la destruction, mais s'intéressent à la vision de la nation, aux actions de développement, de citoyenneté et d'éducation civique.

Christoph Vogt, représentant le CICR, souligne que Maurice a d'excellents résultats dans l'application du DIH et qu'il convient de féliciter la commission nationale pour son sérieux et son efficacité.

Il salue également l'exposition de photographies sur le DIH présentée sur l'initiative de la commission, et qui est un rappel important des horreurs de la guerre et de la pertinence du DIH dans le monde actuel. Lancée en août 2014, l'exposition est aujourd'hui itinérante dans tout le pays, symbolisant l'importance du DIH.

Vues de l'exposition de DIH organisée par la commission nationale mauricienne de DIH.  © Mauritius Red Cross

Le droit international humanitaire progresse lorsque des États animés du même esprit soutiennent ensemble sa promotion et son développement. Malgré leur caractère pacifique, les Seychelles et Maurice ont prouvé leur engagement à promouvoir le DIH.

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