Sri Lanka : sur les pas d'une équipe

27 août 2015
Sri Lanka : sur les pas d'une équipe
Une mère raconte à Abiramy et Sharmini comment son fils a disparu. CC BY-NC-ND / CICR / Tuan Zaharan

En novembre 2014, une équipe de huit jeunes chargés de liaison sur le terrain ont entrepris une tournée à travers Sri Lanka.

Leur mission : localiser 392 familles (sur 16 000 en tout) dont des proches ont disparu pendant le conflit qu'a vécu le pays, et remplir un questionnaire avec chaque famille pour évaluer ses besoins sur les plans économique, psychologique, juridique et administratif.

Les conclusions tirées des réponses fournies par cet échantillon de familles seraient réunies dans un rapport confidentiel qui serait remis au gouvernement afin qu'il réponde aux besoins constatés.

Pour la plupart des membres de l'équipe, c'était leur première mission, leur première incursion dans le travail humanitaire et le CICR.

La mission semblait simple. Mais l'équipe n'allait pas tarder à se rendre compte qu'elle était beaucoup plus compliquée qu'il n'y paraissait.

Écouter les familles des disparus

Prenant conscience du fait qu'ils avaient affaire à des victimes de conflit, les membres de l'équipe ont dû apprendre à compatir et à comprendre la souffrance de ces victimes. Ils ont aussi dû surmonter leur propre sentiment d'impuissance.

L'une des jeunes femmes de l'équipe, Thivya, explique : « Vous avez envie d'aider ces familles à trouver une solution immédiate, mais vous savez que c'est un processus de longue haleine. Les familles ne voient pas cela. Elles espèrent juste que le CICR va trouver leurs proches disparus. »

Une autre, Sachini, ajoute : « Nous devons leur dire que nous n'avons pas de nouvelles de l'être qui leur est cher, et cela ne rend jamais les choses plus faciles. »

Le fait d'avoir une image plus complète de la situation et de contribuer si peu que ce soit à donner à ces familles (avec un peu de chance) la réponse dont elles ont besoin a motivé l'équipe à continuer.

Huit mois plus tard, elle avait parcouru tout le pays et avait terminé les évaluations. Il avait été difficile de localiser les familles, qui, souvent, n'étaient pas à l'adresse enregistrée mais se trouvaient ailleurs, en raison des déplacements et réinstallations dues au conflit.

Les membres de l'équipe avaient écouté des histoires déchirantes, et avaient parfois pleuré avec les familles.

« Avoir vu leur force et comment elles font face après tout ce qu'elles ont enduré a été pour nous tous une leçon d'humilité et une grande motivation », confie Nadiya ‒ avis partagé par le reste de l'équipe.

Tous reconnaissent que cette expérience les a « fait grandir ».

Pour la suite, Abiramy déclare : « Je veux voir les résultats du rapport ─ ce que nous allons rapporter aux familles. »