Syrie : les évacuations de civils doivent se faire avec humanité

14 mars 2018
Syrie : les évacuations de civils doivent se faire avec humanité
Êvacuation de civils de la Ghouta orientale par le Croissant-Rouge arabe syrien. / mars 2018 © SARC

Damas / Genève (CICR) – En cas d’évacuations humanitaires de la Ghouta orientale, d’Afrin ou de tout autre endroit en Syrie, les autorités concernées peuvent s’appuyer sur les normes et règles énoncées ci-dessous. L’idée générale est que les civils et les personnes ne participant pas ou plus directement aux hostilités doivent être respectés et protégés en tout temps par l’ensemble des parties, y compris lors des évacuations.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) n’a pas encore été contacté par les parties au conflit concernant des évacuations et n’a donc, à ce jour, pas été mis à contribution. Il se tient néanmoins prêt à coopérer avec les parties pour faire en sorte que les normes et règles ci-dessous soient respectées.

  • Les personnes évacuées doivent être informées à l’avance des dispositions de l’accord, du lieu de destination et des modalités de l’opération d’évacuation.
  • Les civils peuvent choisir de partir ou de rester.
  • Les civils doivent être protégés contre les attaques en toutes circonstances, qu’ils aient décidé de partir ou de rester.
  • Les civils évacués doivent se voir accorder un passage en toute sécurité.
  • Tout doit être mis en œuvre pour protéger l’unité des familles.
  • Les civils, les détenus et les personnes ne participant pas ou plus directement aux hostilités doivent être traités avec humanité et dans le respect du droit international, indépendamment de leur statut et de toute considération d’ordre religieux, ethnique ou politique.
  • Les personnes évacuées ne doivent pas être privées des biens essentiels à leur survie ni de l’accès aux secours et aux services humanitaires, pendant et après le déplacement.
  • Les personnes évacuées doivent être autorisées à emporter avec elles des effets personnels en quantités telles à ne pas entraver l’opération d’évacuation, notamment des objets de valeur, des titres de propriété, des documents d’identité ainsi que des factures d’eau et d’électricité.
  • Les personnes ayant des vulnérabilités et des besoins spécifiques, comme les blessés et les malades, les mineurs non accompagnés ou séparés de leur famille, les personnes âgées et les personnes handicapées, doivent bénéficier d’une attention et d’une protection particulières.
  • Au lieu de destination, les civils déplacés doivent pouvoir circuler librement et bénéficier de conditions adéquates en termes de logement, d’hygiène, de services de santé, de sécurité, d’alimentation, de services publics et de protection, et de moyens de subsistance.
  • Les acteurs humanitaires doivent se voir accorder l’accès aux lieux de destination et être autorisés à assurer le suivi des personnes évacuées, à évaluer leurs besoins suite au déplacement et à fournir des secours et des services humanitaires.
  • Les évacuations devraient être temporaires et les personnes déplacées doivent pouvoir regagner leur foyer dès que les causes de leur déplacement cessent d’exister. Ces personnes doivent recevoir des informations claires sur les possibilités d’un retour chez elles.
  • Le caractère inviolable des biens personnels doit être garanti. Les biens et les propriétés que les personnes évacuées ont laissés derrière elles doivent être protégés contre le pillage, la destruction et l’appropriation ou l’utilisation illégales.

 

Informations complémentaires :
Ingy Sedky, CICR Damas, tél. : +963 930 336 718
Ralph El Hage, CICR Amman, tél. : +962 7 7845 4382
Iolanda Jaquemet, CICR Genève, tél. : +41 79 447 37 26