Un photographe de Gaza capture l'isolement et le désespoir

13 janvier 2019

« À trente-trois ans, je n'ai jamais pris l'avion », indique Abdel Rahman Zagout, un photographe palestinien de Gaza. Depuis plus de dix ans, les restrictions strictes imposées à la circulation des personnes et des biens paralysent l'économie de Gaza. Près de 70 % des diplômés universitaires sont au chômage.

Coupés du reste de la planète par les restrictions de mouvement, les jeunes Gazaouis sont connectés au monde grâce à Internet et aux médias sociaux. La majorité estiment que l'économie exsangue de Gaza n'a pas grand-chose à leur offrir et espèrent pouvoir trouver des perspectives d'avenir à l'étranger. Un rêve qui demeure cependant inaccessible pour la plupart d'entre eux.

Abdel Rahman a suivi une formation dans le domaine des médias à l'université Al-Aqsa et obtenu son diplôme en 2008. Il travaille depuis dix ans comme photojournaliste et consultant en photographie indépendant. Ses images mettent en lumière l'amère réalité de la vie quotidienne des habitants de Gaza. Le projet, qui a remporté le concours photographique 2018 du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), raconte les rêves et les espoirs brisés par la pauvreté et les clôtures.

La plupart des photos ont été prises au point de passage de Rafah, qui relie Gaza à l'Egypte. Ce point de passage, considéré comme la principale porte de sortie de Gaza, n'est ouvert que de façon sporadique. Le travail d'Abdel Rahman offre un regard intime sur la vie des jeunes de Gaza et laisse transparaître un sentiment d'isolement et de désespoir.