Vénézuela : les services de santé doivent être maintenus en toute circonstance

19 juillet 2017

La protection et le respect, en toute circonstance, de la vie des personnels de santé, des hôpitaux, des ambulances et des fournitures médicales sont indispensables pour assurer une aide digne de ce nom aux personnes blessées et malades.

Quatre collaborateurs du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge au Vénézuela – trois de la Croix-Rouge vénézuélienne et un du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) – illustrent l’importance du respect des services de santé à travers leur propre expérience. Tous s’accordent sur le fait que des activités de sensibilisation sont nécessaires pour garantir le respect des services de santé. C’est une question de vie ou de mort.

Rudy Lukamba, médecin du CICR au Vénézuela

« Les services de santé peuvent être considérés comme la rencontre entre une personne qui a des besoins en matière de santé et le personnel qualifié pour lui offrir le service demandé ; toute situation qui empêche cette rencontre nie son importance vitale.

Lorsqu'une catastrophe naturelle se produit ou qu'un conflit armé ou une situation de violence éclate, il est possible d'interrompre de nombreux services, mais jamais les services de santé et les autres services essentiels pour la population, car cela a de graves conséquences sur le plan humanitaire. Ces services doivent être maintenus en toute circonstance pour pouvoir sauver des vies.

Tout ce qui entrave la fourniture d’un service de santé contribue à aggraver une situation ayant déjà un fort impact humanitaire. Par exemple, dans certains pays, nous avons vu des services de santé fermer en raison d’attaques commises à l’encontre des hôpitaux, des ambulances ou du personnel médical. De tels incidents finissent par peser sur l’ensemble de la population. »

 Carlos Ruiz Pinto, directeur national du Département santé de la Croix-Rouge vénézuélienne et de l’hôpital institutionnel à Valencia (État de Carabobo)

Tout le monde doit prendre soin des services de santé, car « tout le monde peut en avoir besoin à tout moment ».

« Mon conseil : veillez toujours à bien traiter les personnes et à respecter les bénéficiaires des services de ce centre de santé. Un infirmier, une ambulance ou un hôpital touché, ce sont des milliers de personnes en danger. »

Rafael Uzcátegui, chef des équipes de secours de la section de Merida de la Croix-Rouge vénézuélienne

« Il est important que les personnes respectent les services de santé pour que nous puissions avoir accès aux lieux où se trouvent les malades et les blessés. La confiance que la population nous accorde est vitale. Nous avons mené une campagne pour faire connaître nos fonctions, nos équipes et nos uniformes et depuis, lorsque les gens nous voient arriver, ils nous facilitent le travail. »

Concernant une période où des restrictions avaient été imposées, Rafael Uzcátegui se souvient : « Nous avons dialogué avec les personnes et les autorités concernées et elles nous ont laissés passer. Les actions que nous menons au quotidien nous permettent d’être en contact permanent avec la communauté et les autorités. »

Respecter les services de premiers secours, c’est respecter les services de santé

Remedio Romero, président de la section d’El Tigre (État d’Anzoategui) de la Croix-Rouge vénézuélienne

« Les secouristes qui prodiguent les premiers secours font partie des services de santé et doivent, au vu du caractère vital de leurs activités, être respectés. Nous assurons la formation de nos secouristes non seulement sur les aspects techniques des premiers secours mais aussi sur la question du respect des services de santé. Il faut continuer de développer et de promouvoir ce respect. C’est de vies humaines que nous parlons.

Dans des circonstances difficiles, je dis à mes volontaires qu’il faut toujours rester calme et faire preuve de patience et d’humilité lorsque l’on sollicite ou que l’on fournit une aide médicale. C’est aussi cela, le respect. »

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