Yémen: les patients sous dialyse rénale, victimes invisibles de la guerre

06 février 2018
Yémen: les patients sous dialyse rénale, victimes invisibles de la guerre
Les Yéménites souffrant d'insuffisance rénale suivent leurs séances de dialyse à l’hôpital Al-Joumhouri, dans la ville de Sanaa, au Yémen.

Sanaa/Genève (CICR) – Des milliers de Yéménites souffrant d'insuffisance rénale risquent de mourir si du matériel n'est pas fourni aux centres de dialyse encore ouverts dans le pays et que leur personnel n'est pas payé, a mis en garde mardi le Comité international de la Croix‑Rouge (CICR). Le conflit au Yémen a dévasté l'infrastructure du pays, provoquant des catastrophes comme la récente épidémie de choléra. Le secteur de la santé est si durement touché que les malades chroniques n'ont plus accès aux soins dont ils ont besoin pour survivre.

Pas moins de 25 % des patients sous dialyse sont décédés chaque année depuis que le conflit a éclaté en 2015. Ce taux de mortalité déjà excessif augmentera encore si le pays ne reçoit pas de toute urgence du matériel de dialyse, des appareils de dialyse et des fonds pour verser les salaires du personnel médical. C'est une question de vie ou de mort pour les 4 400 Yéménites atteints de troubles rénaux.

«Les besoins des patients sous dialyse montrent l'effet désastreux que le conflit a eu sur le système de santé yéménite. Cela met en danger de nombreuses personnes ayant des problèmes de santé chroniques», indique Alexandre Faite, chef de la délégation du CICR au Yémen.

Se rendre au centre de dialyse est souvent un périple en soi à cause des postes de contrôle et de l'insécurité. Anis Saleh Abdallah, qui a 42 ans et vit à Lahj, doit parcourir 250 kilomètres deux fois par semaine pour se faire soigner au centre de dialyse de l'hôpital Al-Joumhouria d'Aden, soutenu par le CICR.

«Le voyage est non seulement très cher, mais aussi long et pénible. Je suis trop faible pour supporter cela», témoigne M. Abdallah, qui a dû renoncer à certaines séances car il était trop dangereux de se déplacer.

Sur les 32 centres de dialyse qui existaient dans le pays avant le conflit, 4 ont fermé leurs portes et les 28 autres peinent à fournir des services suffisants entre appareils endommagés, pénurie de fournitures essentielles et personnel non payé. Alors que les malades ont normalement besoin de trois séances de dialyse de quatre heures par semaine, au Yémen, ils ne peuvent en suivre que deux en raison de l'instabilité qui règne.

«Réduire le nombre de séances de dialyse entraîne une aggravation des effets secondaires et une baisse de la qualité de vie. Sans traitement, l'issue est fatale», précise M. Faite. «Les autorités yéménites doivent impérativement recevoir une aide d'urgence pour que les centres de dialyse restants puissent continuer à fonctionner et fournir des soins vitaux aux personnes souffrant d'insuffisance rénale.»

Le CICR soutient cinq centres de dialyse au Yémen, à Sanaa, Aden, Shabwa, Mahwit et Hajjah.

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Informations complémentaires:
Mirella Hodeib, CICR Sanaa, +967 73 050 0719
Adnan Hizam, CICR Sanaa, +967 73 372 1659
Iolanda Jaquemet, CICR Genève, +41 79 447 37 26