Ypres : 100 ans après la première attaque au gaz moutarde, le CICR demande qu'on en finisse avec les armes de destruction massive

22 avril 2015
Ypres : 100 ans après la première attaque au gaz moutarde, le CICR demande qu'on en finisse avec les armes de destruction massive

Genève (CICR) – À l'occasion du centième anniversaire d'une bataille de la Première Guerre mondiale au cours de laquelle des milliers de soldats ont été victimes d'une attaque au chlore, le Comité international de la Croix-Rouge CICR rappelle qu'il est urgent d'aller plus loin pour débarrasser le monde de toutes les armes de destruction massive.

« Au vu de l'histoire du droit international humanitaire, il semblerait que c'est en réponse aux pires atrocités et aux plus grandes catastrophes humaines que la législation la plus étendue est adoptée », a déclaré la vice-présidente du CICR. Christine Beerli s'est ainsi exprimée dans la ville d'Ypres, en Belgique, où l'emploi de ce gaz toxique par l'armée allemande a provoqué une asphyxie massive des troupes alliées et la mort des nombreux soldats qui tentaient d'y échapper.

C'est à la suite de cette attaque que le Protocole de Genève de 1925 a été adopté. Ce Protocole, qui interdisait l'emploi des armes chimiques et biologiques à la guerre a été renforcé par la Convention sur les armes chimiques, adoptée en 1993.

Mais, comme l'a rappelé Christine Beerli, « la population syrienne a malgré cela subi l'horreur des attaques aux neurotoxiques mortels et au chlore » en 2013 et 2014, et « le mois dernier, des rapports inquiétants ont encore état de l'emploi de chlore à Idlib, en Syrie ».

La vice-présidente du CICR n'en conclut pas pour autant que l'interdiction légale soit décevante. « Au contraire, c'est quand on y porte atteinte qu'on peut voir la force d'une norme ; elle se mesure aux réactions que la communauté internationale oppose à ces violations. » Ainsi, a-t-elle dit, la condamnation générale de l'emploi des armes chimiques en août 2013 et au cours des dernières semaines a confirmé la valeur universelle de la prohibition de telles armes.

La communauté internationale devrait également s'inquiéter des graves dangers que représentent les armes de destruction massive, notamment les armes chimiques (même si leur emploi dans le cadre d'un conflit armé reste relativement limité) et les armes nucléaires.

La conférence d'examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires qui commence à New-York la semaine prochaine marquera un point d'inflexion, a déclaré également Christine Beerli. Elle demande à ce propos à tous les États qu'ils prennent la mesure de l'urgence et se montrent déterminés à mettre fin à l'ère des armes atomiques. « Si nous attendons qu'une catastrophe nucléaire arrive, il risque de ne plus y avoir personne pour en tirer les enseignements. »

Mais elle a également signalé que ce sont les roquettes, bombes et missiles conventionnels, surtout ceux de grande puissance, qui sont utilisés dans des zones densément peuplées, qui tuent le plus de civils dans les conflits armés d'aujourd'hui.

L'interdiction légale du chlore dont des milliers de soldats sont morts à Ypres en 1915 n'a pas empêché les attaques qui ont eu lieu en Syrie il y a deux ans et le mois dernier, a regretté Mme Beerli. « Il est de notre devoir de faire évoluer le droit, mais aussi de faire en sorte que ce droit soit compris, accepté et respecté. »

Informations complémentaires :
Francis Markus, CICR Genève, tél. : + 41 22 730 23 28 or +41 79 217 32 04

 

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