Contexte
Le 27 septembre 2024, le Brésil, la Chine, la France, la Jordanie, le Kazakhstan et l’Afrique du Sud ont lancé conjointement avec le CICR une initiative mondiale pour revitaliser l’engagement politique envers le droit international humanitaire (DIH). A ce jour, plus de 100 Etats ont déjà rejoint l’initiative mondiale. Cependant, un grand nombre d’Etats, y compris ceux qui subissent les conséquences des conflits armés, demeurent encore en marge du processus. Cette initiative mondiale pour le DIH est un effort diplomatique visant à mobiliser les gouvernements afin de mieux protéger les civils et les infrastructures en temps de conflit, avec des recommandations concrètes attendues d’ici la fin de 2026.
Le paysage sécuritaire mondial se complexifie avec plus de 120 conflits armés actifs dans le monde, impliquant plus de 60 États et 120 groupes armés non étatiques. Le continent africain enregistre à lui tout seul plus de 50 conflits armés actifs, soit environ 40 % des conflits à travers le monde. De nombreux conflits se prolongent, piégeant des générations entières dans des cycles sans fin de guerre et d’instabilité. Au-delà du coût humain immédiat, les violations du DIH exacerbent le ressentiment, alimentent la radicalisation et entravent la réalisation d’une paix et d’un développement durables. Et pourtant, le respect du DIH peut être une première étape pour instaurer la confiance entre les parties en conflit, faciliter la désescalade et, en fin de compte, la pacification. En prévenant les atrocités, en assurant un traitement humain des détenus et en protégeant les civils des pires effets de la guerre, le DIH contribue ainsi à créer des conditions propices au dialogue et à la stabilité à long terme. Le DIH joue également un rôle crucial en tant que bien commun mondial en limitant la destruction des infrastructures civiles critiques, réduisant ainsi le coût humain et social de la guerre, accélérant la reprise et posant les bases des efforts de consolidation de la paix. Inversement, le non-respect du DIH a pour effet d’aggraver la souffrance, de prolonger les conflits et d’approfondir les divisions au sein des sociétés, rendant la paix durable plus difficile à atteindre.
D’où le choix du thème « DIH et paix » pour l’organisation de cette 8e édition de la Conférence humanitarium, qui fait suite à celle organisée à l’occasion de la commémoration du 75e anniversaire des Conventions de Genève à Abidjan, en novembre 2024. L’Humanitarium est une conférence internationale itinérante lancée en 2017. Elle est présentée comme un cadre de réflexion et de débat sur les questions humanitaires actuelles à impact régional, dans le but de rechercher des solutions aux défis identifiés. Elle favorise les échanges entre des acteurs importants des milieux humanitaire, diplomatique, académique, militaire et les organisations de la société civile. Elle vise à promouvoir le DIH et d’autres ensembles de normes pertinentes et à créer un cadre d’échange et de dialogue entre acteurs et décideurs clés, sur des questions humanitaires actuelles et les situations d’urgence.
Format et méthodologie
La Conférence Humanitarium s’articule autour de trois temps forts :
Cérémonie d’ouverture : Allocutions de bienvenue du Chef de Délégation régionale du CICR et de la Ministre d’État, Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale de la République de Côte d’Ivoire.
Panel 1 : « Armement, Désarmement humanitaire et paix en Afrique ». Échanges dédiés aux moyens de la guerre, axés sur les liens entre la paix, le contrôle de l’armement et le désarmement humanitaire.
Panel 2 : « Protection des personnes et processus de paix ». Discussions consacrées au lien entre le respect des règles de conduite des hostilités et la construction d’une paix durable.
