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Éthiopie : le CICR, un puissant conseiller pour les porteurs d’armes

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Quel rôle le CICR joue-t-il pour aider les porteurs d’armes à promouvoir les règles internationales humanitaires et à s’engager à les faire respecter ? Le présent article souhaite apporter quelques réponses, illustrées par l’action que nous menons actuellement en Éthiopie.

« Un rappel du droit peut être très utile dans les situations difficiles », explique un colonel éthiopien lors de l’une des séances du CICR consacrées au droit international humanitaire (DIH), qu’on appelle aussi droit des conflits armés ou droit de la guerre. Lorsqu’un État adopte ces règles internationales, notamment les Conventions de Genève de 1949 universellement acceptées, il s’engage à les diffuser.

Cet engagement à diffuser le DIH est valable aussi bien en temps de paix qu’en période de conflit armé. En Éthiopie, en 2026, ces deux situations coexistent dans certaines parties du pays. De nombreuses zones, pour la plupart rurales, des régions de l’Amhara, de l’Oromia et du Tigré sont touchées par le conflit ou par ses conséquences. Le CICR interagit avec toutes les parties impliquées dans les affrontements pour contribuer à prévenir les violations du DIH. Nos efforts de prévention complètent notre dialogue bilatéral – notamment pour aborder des problèmes touchant la population civile – et sont menés en complémentarité avec la Croix-Rouge éthiopienne. Ces efforts conjugués viennent s’ajouter à l’aide souvent conjointe apportée aux communautés dans ces régions.

Formation des forces armées et de sécurité

En Éthiopie, au premier semestre 2026, le CICR a dialogué avec plus de 1600 porteurs d’armes dans le cadre d’ateliers et de réunions consacrés au droit des conflits armés et à d’autres règles applicables. En 2025, nous avions déjà touché deux fois plus de personnes, avec près de 70 séances de formation destinées aux forces armées et de sécurité, principalement dans nos zones d’intervention. Ces séances abordent différents thèmes, tels que le respect dû aux civils, les personnes blessées, la protection des professionnels de santé et des structures médicales, ainsi que le traitement humain des détenus.

« Nous mettrons les acquis de cette formation en pratique pour veiller à ce que nos jeunes soldats comprennent bien leurs obligations », déclare un officier des Forces de défense nationale éthiopiennes (FDNE). À travers des discussions axées sur la pratique et la présentation des enseignements tirés des conflits passés, les participants étudient des moyens concrets de faire respecter les normes juridiques et humanitaires dans les combats. La police fédérale, la police régionale et les milices témoignent du même engagement à faire respecter le DIH et les règles relatives à l’usage de la force sur le terrain, en particulier dans les régions de l’Amhara et de l’Oromia. En outre, il est important que toutes ces forces connaissent le rôle humanitaire et les principes fondamentaux du CICR et de la Croix-Rouge éthiopienne, pour que ceux-ci puissent accéder en toute sécurité aux personnes en détresse.

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Séance avec des miliciens éthiopiens sur le droit international humanitaire et l’usage de la force.

« Ce sont ceux qui portent des armes qui peuvent tuer – et être tués. Ce sont eux aussi qui peuvent faciliter ou entraver l’action humanitaire. Nous entretenons donc un dialogue avec tous les porteurs d’armes, étatiques et non étatiques, dans le cadre de notre mandat de protection et d’assistance aux personnes touchées par la guerre et d’autres situations de violence. » (CICR, à propos de son dialogue avec les porteurs d’armes dans le monde entier)

Les groupes armés doivent connaître les règles eux aussi, notamment dans l’Amhara et l’Oromia

En Éthiopie et ailleurs, les groupes armés non étatiques impliqués dans un conflit doivent également connaître et respecter le DIH. Nous leur adressons les mêmes messages, appelant à la protection des civils, des personnes blessées et malades, des personnes ne participant plus aux combats, des professionnels de santé et des travailleurs humanitaires. Nos interactions sont adaptées aux spécificités de ces groupes, en prévoyant des séances informelles plutôt que des « formations » structurées, et le dialogue bilatéral reste le principal type d’interaction sur les questions humanitaires en jeu.

On nous demande parfois pourquoi nous dialoguons avec des groupes armés tels que ceux qui opèrent dans les régions de l’Amhara et de l’Oromia. La réponse se trouve dans la neutralité du CICR : quelle que soit la situation de conflit armé ou de violence armée, nous ne pouvons pas prendre parti, et nous ne prenons jamais parti. En Éthiopie, pour mener à bien notre action humanitaire, nous entretenons un dialogue strictement humanitaire et confidentiel avec toutes les parties impliquées dans les conflits, y compris les membres des groupes armés non étatiques.

Ces contacts visent à renforcer à la fois le respect des principes humanitaires fondamentaux et notre accès en toute sécurité aux communautés touchées par le conflit, souvent dans des zones reculées. Ce dialogue n’implique aucune reconnaissance ni acceptation politiques de ces groupes armés.

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Dialogue sur les règles humanitaires fondamentales avec un groupe armé non étatique en Éthiopie.

Dans la région du Tigré et ses environs

Ces derniers mois, le CICR a réalisé des séances auprès des commandements opérationnels des Forces de défense nationale éthiopiennes (FDNE) à Bahir Dar, Woldiya, Kombolcha et dans d’autres localités du nord de l’Éthiopie, afin de discuter du DIH et de son rôle humanitaire unique. Les séances ont souligné l’importance de protéger les civils et de respecter les règles de la guerre. Le CICR a également conduit des séances sur le DIH auprès des forces de sécurité du Tigré à Shire, Wukro, Maichew et ailleurs dans la région.

« Comme tout le monde le sait, la situation sur le terrain est tendue ces derniers temps. C’est pourquoi le CICR a noué un dialogue avec les FDNE et les forces armées du Tigré pour les aider à s’acquitter de leurs obligations en vertu du DIH en cas d’escalade des hostilités », explique un expert du CICR en matière de droit de la guerre.

Il ajoute : « Notre action est identique en temps de paix et en temps de guerre, que le calme règne ou que des tensions surgissent. Évidemment, la paix est toujours la meilleure solution pour la population civile. » En réalité, le respect du DIH en période de conflit peut contribuer au retour à une paix durable.

Conduite des hostilités armées

Dans le cadre de son rôle en matière de DIH, le CICR surveille également la façon dont les parties conduisent les hostilités armées. Un équilibre doit toujours être assuré entre la nécessité militaire et l’objectif humanitaire de causer aussi peu de souffrances humaines que possible, en particulier parmi la population civile. Les principes fondamentaux du DIH doivent être respectés à cet égard, notamment la distinction (veiller à ce que les actions militaires ne soient pas dirigées contre des civils ou des biens de caractère civil) et la proportionnalité (éviter de causer des dommages aux civils excessifs par rapport à l’avantage militaire concret et direct prévu).

Les résolutions adoptées par les Conférences internationales de 2019 et 2024 soulignent en outre la responsabilité qui incombe au Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge de prendre des mesures concrètes afin de diffuser efficacement le DIH. Ce faisant, nous devons accorder une attention particulière à ceux qui sont appelés à mettre en œuvre ou à appliquer le DIH, à savoir les autorités et les porteurs d’armes.