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Questions fréquemment posées : l’action du CICR au Mali

Image d'illustration. Une collaboratrice du CICR en plein échange avec des bénéficiaires
CICR

  • Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) mène des activités au Mali depuis 1965 et y est présent de façon permanente depuis plus de 30 ans. Notre mission est exclusivement humanitaire, neutre, impartiale et indépendante, en faveur des populations affectées par les conflits armés. Nous intervenons principalement dans les régions les plus affectées par les conflits armés et l’insécurité, notamment au nord et au centre du pays.

    Nos actions couvrent plusieurs domaines essentiels :

    • Assistance alimentaire et soutien aux moyens d’existence : Nous fournissons une assistance alimentaire d’urgence (vivres) aux personnes affectées par les conflits et l’impact du changement climatique afin de couvrir leurs besoins essentiels. En parallèle, nous soutenons le relèvement des personnes et communautés à travers la donation de semences, d’outils agricoles ou encore la vaccination du bétail afin de permettre aux familles touchées par les violences armées de retrouver une certaine autonomie, malgré le contexte difficile.
       
    • Appui aux structures de santé : nous soutenons les hôpitaux régionaux de Gao depuis 2012, et de Mopti depuis 2019, ainsi que les centres de santé de référence de Kidal depuis 2014, et de Ménaka depuis 2019. Le CICR soutient aussi une trentaine de centres de santé communautaire dans les zones les plus affectées par les conflits et l’insécurité. Ce soutien se traduit par la présence de ses équipes médicales et/ou chirurgicales de façon permanente qui renforcent les capacités du personnel de santé, la fourniture d’équipements, de médicaments, de primes et de consommables, et la réhabilitation d’infrastructures. Nous accompagnons aussi des blessés de guerre, des personnes en situation de handicap, ou encore des femmes enceintes, afin qu’elles puissent accéder à des soins de qualité.

      Nous apportons un soutien en santé mentale et soutien psychosocial aux personnes ayant subi des traumatismes psychologiques liées aux conflits et à la violence. En plus de ce soutien, nous sensibilisons les communautés aux impacts des violences, y compris celles basées sur le genre. Cet accompagnement vise à préserver et renforcer le bien-être psychosocial des communautés.
       
    • Accès à l’eau potable et à l’hygiène : nous construisons ou réhabilitons des puits, des forages et des réseaux d’eau ; et construisons des latrines. Nous soutenons aussi les communautés dans la gestion des points d'eau que nous réalisons dans les zones rurales et l’adoption des bonnes pratiques d’hygiène.
       
    • Dialogue humanitaire : Nous rappelons aux parties aux conflits, dans le cadre d’un dialogue bilatéral et confidentiel, les obligations et les responsabilités qui leur incombent selon le droit international humanitaire (DIH). Cela inclut la protection des personnes qui ne participent pas directement ou ne participent plus aux hostilités ainsi que la protection des biens civils, du personnel de santé et des infrastructures essentielles telles que les structures de santé, et les infrastructures d’accès à l’eau potable.
       
    • Protection des civils affectés par la conduite des hostilités, des personnes privées de liberté, et des familles séparées ou sans nouvelles de leurs proches : nous visitons des lieux de détention afin de nous assurer que les personnes privées de liberté bénéficient de conditions de détention et de traitement qui respectent la dignité humaine. Nous aidons aussi les familles séparées à renouer contact ou à se retrouver grâce à notre service de rétablissement des liens familiaux.
       
    • Promotion du droit international humanitaire (DIH) et des principes humanitaires : Nous organisons des séances de formations et de sensibilisations sur les principes du DIH aussi nommé droit des conflits armés, et les principes humanitaires à l’attention des porteurs d’armes y compris les groupes armés, du secteur judiciaire, des leaders communautaires et religieux et de diverses composantes de la société civile. Nous soutenons également les autorités gouvernementales et législatives pour la ratification des traités du DIH et l’intégration de leurs dispositions dans le droit national. De plus, nous soutenons la promotion et l’enseignement du DIH dans les universités et institutions d’enseigne-ment supérieur.
       
    • Coopération avec le mouvement international de la croix rouge et du croissant rouge : Nous contribuons au renforcement des capacités organisationnelles et opérationnelles de la Croix-Rouge Malienne (CRM), et lui apportons un soutien technique, logistique et financier. La CRM et le CICR coopèrent en étroit partenariat dans plusieurs domaines, notamment le rétablissement des liens familiaux, l’évaluation des besoins et la distribution de vivres et de biens essentiels et dans le domaine de la santé. Ils travaillent également sur l’appui à la production agricole et à l’élevage, l’accès à l’eau, les formations en premiers secours et la promotion des principes humanitaires.

    Toutes les activités du CICR sont réalisées en coordination et en toute transparence avec les autorités nationales, régionales et locales, et avec les communautés elles-mêmes. Il travaille en partenariat étroit avec la Croix-Rouge Malienne.


     

  • Le CICR a reçu le mandat de la communauté des États d’assister et de protéger les victimes des conflits armés et autres situations de violences, notamment à travers la promotion du droit international humanitaire (DIH).

    Le DIH ayant été spécifiquement élaboré pour résoudre les problématiques humanitaires découlant des conflits armés, il ne régit donc pas la légitimité ou la licéité de l'entrée en guerre, pas plus qu'il n'éclaire sur la manière dont la paix peut être rétablie. Néanmoins, le respect du DIH contribue au retour à une paix durable, et certaines obligations du DIH s'étendent explicitement au-delà des limites temporelles du conflit armé et au processus de consolidation de la paix. 

  • Le CICR ne prend jamais parti.

    Le mandat du CICR est d’assister les victimes des conflits sans aucune distinction et cela inclut la prise en charge des blessés de guerre, quels qu’ils soient. Lorsqu’un combattant est blessé, il est considéré comme hors de combat, c’est à dire qu’il ne participe plus aux hostilités et ne peut donc plus être attaqué. Selon le DIH, les blessés et malades doivent être traités sans discrimination, et ne faire l'objet d'aucune distinction fondée sur des critères autres que médicaux. Toutes les parties au conflit et les acteurs qui agissent dans le cadre du conflit ont l’obligation d’apporter secours de manière impartiale, y compris les parties opposées qui capturent des combattants blessés.

    Quand un chirurgien CICR rentre dans le bloc opératoire, il ne se demande pas d’où vient ce patient, de quelle ethnie ou à quel groupe il appartient. La seule distinction qu’il peut faire est basée sur la gravité de l’état du patient. Il a le devoir de soigner la personne blessée, et d'accomplir sa mission médicale en respectant les principes fondamentaux d'humanité et d'impartialité, mais aussi l’éthique médicale.

    Le CICR assiste les victimes de conflits et de violence en soutenant les hôpitaux régionaux de Gao et de Mopti, et les centres de santé de référence de Kidal et de Ménaka, en plus d’une trentaine de Centres de Santé Communautaires à travers le pays. 

  • Le CICR au Mali intervient là où il y’a le plus de besoins humanitaires, au plus proche des populations, et là où il y a peu ou il n’y a pas d’autres acteurs humanitaires.

    L’accès dépend de l'acceptation du CICR par les acteurs de la zone, notamment les autorités, porteurs d’armes et les communautés. Cette acceptation est acquise grâce à notre mode opératoire strictement neutre, impartial et indépendant, qui nous permet de dialoguer avec toutes les parties. Cela facilite l’accès aux personnes les plus dans le besoin afin de pouvoir leur apporter une assistance strictement humanitaire. À cela s'ajoute une transparence sur la nature et les objectifs de nos activités. Nous expliquons clairement à chaque acteur ce que nous faisons, pourquoi et comment. Cette transparence permet à toutes les parties de voir que l'action du CICR est exclusivement humanitaire, sans agenda politique ou sécuritaire caché.

    Notre dialogue avec tous les acteurs armés porte exclusivement sur :

    • l’accès du CICR aux populations vivant dans les territoires qu’ils contrôlent, donc la sécurité des équipes du CICR et l’acceptation de son travail humanitaire.
    • le respect du droit des conflits armés et la situation des populations civiles ou autres personnes protégées en temps de guerre.
  • Dans le cadre de son rôle d’intermédiaire neutre, le CICR peut être amené à aider des otages en, par exemple, rétablissant le contact avec leurs proches, ou en participant à leur retour chez eux, uniquement lorsque toutes les parties concernées se sont mises d’accord et lui font la demande d’intervenir. Le CICR n’intervient pas dans les négociations de libérations ou les aspects politiques, mais se focalise uniquement sur la réponse humanitaire. Une condition primordiale concerne les garanties de sécurité, c’est-à-dire un accès sûr et sans entrave pour que le CICR puisse mener à bien l’opération. Enfin, le respect, à tout moment et par toutes les parties, des exigences du droit international humanitaire concernant ces opérations, est essentiel. 

  • Le CICR ne fournit de renseignements à aucun Etat.

    Un des piliers fondamentaux du CICR et du reste du Mouvement international de Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est le principe d’indépendance.

    L’indépendance veut dire que le CICR doit pouvoir agir sans être influencé par des intérêts politiques, militaires, économiques ou idéologiques. Même s’il travaille souvent en coopération avec des États ou d’autres acteurs, il veille à conserver une autonomie de décision et d’action. 
    A cela s’ajoute la confidentialité qui constitue une méthode essentielle à notre travail. La confidentialité repose sur nos principes de neutralité et d’indépendance et veut dire que le CICR ne divulgue pas les informations sensibles obtenues au cours de nos activités. Cette politique de confidentialité s’applique à tous les collaborateurs du CICR même après leur départ de l’institution.

    L’indépendance et la confidentialité sont essentielles dans les contextes de conflit armés ou de violence pour gagner la confiance de toutes les parties afin d’assurer un accès aux populations affectées. La perte de confiance et le manque d’indépendance ou de sa compréhension peuvent entraîner des conséquences dévastatrices, comme la perte d’accès à un segment de la population qui aurait désespérément besoin d’assistance et de protection.

    Notre indépendance et notre politique de confidentialité nous permettent donc d’être crédible, accepté et efficace dans des situations où la confiance est rare. Sans elles, notre action humanitaire serait fortement limitée, voire impossible.

  • Les contributions financières du CICR proviennent essentiellement des gouvernements (85%), des Sociétés nationales de Croix-Rouge et Croissant-Rouge (10%) et de donateurs privés (5%). Nous effectuons chaque année un appel annuel aux donateurs ainsi que des appels d’urgences selon les nécessités opérationnelles. Ces donateurs viennent du monde entier, pas seulement de l’occident.

    Le CICR accepte uniquement des fonds provenant de personnes ou d’entités qui respectent son indépendance et l’impartialité de son action. Nous n’acceptons pas de financements qui sont soumis à des conditions strictes quant à leur utilisation. Par exemple, le CICR n’accepte pas de fonds qui seraient uniquement dédiés à un projet spécifique, ou à une catégorie de bénéficiaires spécifiques. Les fonds sont utilisés selon les priorités opérationnelles et les besoins humanitaires les plus pressants.  

  • Malgré un contexte de plus en plus difficile et une diminution des financements, le CICR reste fermement engagé aux côtés des communautés les plus vulnérables, y compris dans les zones les plus isolées, où peu d’acteurs humanitaires sont présents. Cette proximité reflète notre engagement à rester aux côtés de ceux qui en ont le plus besoin.

    En 2025, notre soutien dans le domaine de la santé a permis la prise en charge de plus de 24 000 patients, dont près de 14 000 blessés, cas d’urgences et autres cas vulnérables entièrement pris en charge par le CICR.

    Par ailleurs, nous renforçons la résilience des communautés affectées grâce à des initiatives concrètes et durables. Ainsi, près d’un demi-million de personnes ont été soutenues dans le cadre de la vaccination de leur bétail, du maraichage, d’initiatives microéconomiques, de multiplication de semences, contribuant à leur résilience et permettant aux familles touchées par les violences armées de retrouver une certaine autonomie, malgré le contexte difficile. D’autre part, plus de 160 000 personnes ont retrouvé un accès à l’eau grâce à la réalisation ou à la réhabilitation de sources d’eau dans le pays.

    Trop souvent, les conflits armés séparent les familles. En 2025, le CICR et la Croix-Rouge Malienne ont facilité 22 222 appels téléphoniques et l’échange de 641 messages Croix-Rouge pour maintenir ou renouer le contact. Nous avons aussi facilité la réunification de 8 familles, et ouvert 212 nouvelles demandes de recherche dont 167 ont été résolues.

    Rien de tout cela ne serait possible sans une collaboration étroite avec la Croix-Rouge Malienne, et les partenaires du Mouvement international de la Croix-Rouge. C’est grâce à cette coopération, fondée sur les principes d’humanité, de neutralité et d’impartialité, que nous pouvons continuer à mener à bien notre mission.

  • Afin de répondre aux besoins des personnes affectées, le CICR a apporté un soutien technique et fourni des médicaments et matériels médicaux nécessaires pour la prise en charge des blessés. En outre, des centres hospitaliers ont reçu du gasoil afin de maintenir la continuité des services.
    À la demande de certaines structures médicales de Bamako/Kati, Gao, Mopti, le CICR a fourni des médicaments et matériels médicaux nécessaires pour la prise en charge des blessés au 30 avril, dont :

    • Deux kits d’urgence pour blessés ont été remis, dont un pour le centre hospitalier universitaire de Kati et un à la polyclinique des armées de Kati. Un kit est composé de médicaments (antibiotiques et antalgiques), de matériels de pansement et de stérilisation, de gants chirurgicaux et d’examen, de sérums et de désinfectants. Chaque kit est conçu pour permettre la prise en charge de plus de 25 blessés.
    • 10 Sets ont été remis, dont cinq au centre hospitalier universitaire (CHU) Gabriel Touré et cinq autres au centre hospitalier universitaire (CHU) du Point G à Bamako. Ces sets sont composés de matériels de pansement, de gants chirurgicaux, de médicaments (antibiotiques et antalgiques), de sérums pour perfusion et de matériels d’injection. 
    • 72 kits individuels composés de médicaments et des consommables tels que des gants, et des compresses à l’hôpital de Mopti.
    • 30 kits individuels composés de médicaments et des consommables tels que des gants et des compresses à l’hôpital de Gao.

    Les équipes médicales du CICR basées à Mopti et Gao travaillent aux côtés des chirurgiens des hôpitaux régionaux pour la prise en charge des blessés.

    Un appui en gasoil est fourni afin d’assurer la continuité des soins dans les centres hospitaliers :
    -    2 000 litres de gasoil ont été fournis à l’hôpital régional de Gao 
    -    7000 litres de gasoil ont été fournis à l’hôpital régional de Mopti

    Par ailleurs, une prise en charge nutritionnelle est assurée aux patients et à leurs accompagnants présents dans les hôpitaux régionaux de Gao et de Mopti.

    Depuis le 5 mai, les habitants de la ville de Gao ont retrouvé un accès à l’eau grâce à notre coopération de longue date avec la Société Malienne de la Gestion de l’Eau Potable (SOMAGEP). Cela a été rendu possible grâce à la donation d’un groupe électrogène, permettant de rétablir l’approvisionnement en eau dans la ville.