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Haïti : mettre tout en œuvre pour protéger la population face à une violence armée qui s’étend

People who fled their homes in the Carrefour Feuille neighborhood because of recent attacks by armed gangs took refuge in a gas station, in Port-au-Prince, Haiti, on March 19, 2025.
Clarens Siffroy/AFP

Depuis la mi-avril 2026, les affrontements armés embrasent plusieurs zones de Port-au-Prince, de l’Artibonite, de la région du Centre et, plus récemment, du Sud-Est. Face à cette expansion de la violence, des populations fortement éprouvées voient leurs conditions de vie se détériorer, tandis que la perspective de nouvelles opérations offensives fait craindre un alourdissement des conséquences humanitaires si toutes les précautions ne sont pas prises.

« Des zones que nous considérions encore hier comme relativement sûres basculent aujourd'hui dans l'insécurité. La population n'a plus où se réfugier », déclare Marisela Silva Chau, Cheffe de Délégation du CICR en Haïti.

Au-delà de l'insécurité qui gagne du terrain, c'est le quotidien même des habitants qui se délite. Déplacements répétés, accès réduits aux soins, moyens de subsistance épuisés : les conséquences de la violence s'accumulent et pèsent d'abord sur les plus vulnérables.

« Chaque nouvelle vague de violence enfonce un peu plus des familles qui n'avaient déjà presque plus rien. Des mères ne savent plus où dormir en sécurité, des enfants naissent et grandissent au rythme des armes, des blessés n'ont parfois nulle part où se faire soigner », ajoute Marisela Silva Chau.

Dans les zones densément peuplées, les opérations offensives pourraient entraîner une intensification des affrontements armés au cœur des quartiers habités, de nouvelles vagues de déplacement et la saturation d'un système de santé déjà submergé qui pourrait ne plus absorber l'afflux. Elles risqueraient également d'accroître le nombre de personnes détenues en lien avec la violence, submergeant un système pénitentiaire déjà à bout de capacités, où les conditions de détention se dégradent.

« Toute intensification des opérations dans des zones aussi densément peuplées doit s'accompagner de toutes les précautions nécessaires pour que la population soit épargnée et pour éviter une explosion des besoins humanitaires. La protection des populations locales doit rester la priorité absolue », souligne Marisela Silva Chau.

Au deuxième semestre de 2026, le déplacement interne atteint des niveaux sans précédent dans le pays. Selon un nouveau décompte de l'ONU, presque 1,5 million de personnes ont fui leurs foyers, tandis que plus de la moitié de la population a besoin d'une aide humanitaire d'urgence. 

Face à cette situation, le CICR poursuit son dialogue avec l'ensemble des porteurs d'armes, notamment à travers des sessions de sensibilisation au droit et aux normes internationales applicables. Il les appelle à conduire leurs opérations dans le respect du droit international, notamment en matière d'usage de la force, et insiste sur la protection effective des populations, y compris dans la planification et la conduite des opérations, la préservation de l'action humanitaire, l'accès sécurisé aux populations vulnérables et la protection des personnes détenues.

Notre réponse humanitaire de janvier à juin 2026 en Haïti :

Accès aux services de santé, d’urgence, et de traumatologie

  • Plus de 3’691 patients et blessés par armes transportés par services d’urgence (ambulances et transporteurs communautaires) soutenus par le CICR.
  • Soutien au fonctionnement de 5 hôpitaux ayant prise en charge 380 blessés par armes 
  • 3 centres de santé soutenus couvrant une population d’environ 120’000 personnes vivant dans les zones les plus touchées par la violence armée à Port-au-Prince ;
  • 1 projet de cliniques mobiles soutenu pour près de 10’000 déplacés internes ; 
  • Réhabilitation du service des urgences de l’hôpital CHOSCAL d’une capacité de 20 lits.

Protection des populations vulnérables et des liens familiaux

  • Plus de 100 victimes de violence armée (y compris la violence sexuelle) ont reçu une aide d’urgence de la part du CICR.
  • Plus de 1’200 kits d'hygiène fournis à des institutions de prise en charge de personnes vulnérables.
  • Plus de 1’000 retournés au pays et personnes déplacées internes (PDI) assistés, en partenariat avec la Croix-Rouge Haïtienne, pour renouer contact avec leurs proches.

Amélioration des conditions de vie des populations (résidentes et déplacées)

  • Plus de 1’000 couvertures de laine ont été distribuées dans les sites de personnes déplacées internes (PDI).
  • 500 kits d’hygiène distribués dans les sites PDI.
  • Plus de 500 lampes solaires familiales distribuées pour faciliter la luminosité et la sécurité des familles dans les sites PDI.
  • Plus de 750 mètres de routes ont été nettoyés, contribuant à améliorer l’environnement de vie de plus de 25000 bénéficiaires.