N'oublions pas que derrière chaque chiffre il y a une mère, un père, un enfant ou des frères et sœurs dont l'absence laisse une douleur affligeante que les statistiques ne peuvent prendre en compte. C’est au premier chef aux États et aux parties aux conflits armés qu’il incombe de prévenir les disparitions, de protéger les civils et les personnes privées de liberté, d’élucider le sort des personnes disparues et de fournir une aide à long terme à leur famille. L’attitude des États face aux disparitions peut façonner les sociétés longtemps après que les violences ont cessé, en agissant sur la consolidation de la paix, la réconciliation et la capacité des communautés à se reconstruire.
Lorsque les parties à un conflit respectent le droit international humanitaire (DIH), les risques de disparition sont moindres. À titre d’exemple, la Quatrième Convention de Genève impose d’éviter, dans la mesure du possible, que les membres d’une famille soient séparés les uns des autres lors du transfert ou de l’évacuation de civils par une puissance occupante. De même, d’autres traités internationaux et manuels militaires mentionnent le principe de préservation de l’unité familiale des réfugiés et des personnes déplacées.
Les règles de la guerre prévoient par ailleurs que les parties doivent s’échanger des informations sur les personnes détenues en temps utile et leur donner les moyens de garder le contact avec leurs proches. L’obligation de recenser les combattants ennemis décédés assure également que leur famille sait ce qu’ils sont devenus et qu’ils ne sont pas enregistrés comme portés disparus.
Statistiques 2024 du Réseau des liens familiaux
- En 2024, le nombre de personnes disparues signalées par leurs familles a augmenté et a atteint environ 284 400 personnes.
- Ce chiffre représente une augmentation nette de quelque 68% depuis 2019, le Mouvement de la Croix-Rouge dénombrant alors 169 500 personnes portées disparues.
- Plus de 16 000 personnes ont été localisées et plus de 7000 ont été réunies avec leur famille. Ces affaires ont pu être résolues grâce à l’action conjointe du CICR, des Sociétés nationales et, dans certains cas, des familles elles-mêmes.
- Près de 90 500 messages Croix-Rouge ont été remis et près de 2,3 millions d’appels téléphoniques ont été facilités.
* À propos du Réseau des liens familiaux :
Le CICR déploie ses efforts par-delà les frontières, de concert avec les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, pour rechercher les personnes disparues et rétablir le contact parmi les familles dispersées par les guerres, les catastrophes et les migrations. Ensemble, ils forment le Réseau des liens familiaux, qui repose sur un principe simple : chacun a le droit de connaître le sort de ses proches.
Note à l’intention des rédactions
Le chiffre de 284 000 personnes disparues dans le monde n’inclut que les cas documentés par le Réseau des liens familiaux à la fin décembre 2024. Il ne représente pas le nombre total de personnes portées disparues à travers le monde, qui est probablement beaucoup plus élevé. Le CICR considère qu’une personne est portée disparue dès lors qu’un membre de sa famille signale à l’institution qu’il a perdu sa trace. Chaque dossier reste ouvert jusqu’à que le réseau de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge parvienne à élucider le sort de la personne disparue, ou que sa famille nous indique qu’elle l’a retrouvée.
Rétablissement des liens familiaux : https://familylinks.icrc.org/fr/
Informations complémentaires :
Service de presse, CICR Genève, press@icrc.org