Éthiopie : mieux connaître le droit humanitaire

10-07-2014 Éclairage

Vingt-six journalistes du Tigré, tout au nord de l’Éthiopie, ont approfondi leurs connaissances en droit international humanitaire (DIH) grâce à un atelier de deux jours organisé par le CICR et la Croix-Rouge éthiopienne à Mekele. Le but était de familiariser ces journalistes avec les aspects du DIH relatifs aux conflits armés.

Des journalistes participant à l’atelier sont informés des divers aspects de la mission du CICR et de ses partenaires Croix-Rouge. 

Des journalistes participant à l’atelier sont informés des divers aspects de la mission du CICR et de ses partenaires Croix-Rouge.
© CICR / Alemayehu Tkele

« De nombreux journalistes se mettent en danger lorsqu’ils couvrent des conflits armés ; il est donc important qu’ils sachent, comme les civils et tous ceux qui ne participent pas aux hostilités, qu’ils sont protégés par les Conventions de Genève, la principale source de droit international humanitaire, » explique Zewdu Ayalew, responsable de la communication pour le CICR en Éthiopie.

L’atelier avait également pour objectif de mieux faire connaître aux professionnels des médias les activités humanitaires des partenaires du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans les régions éthiopiennes du Tigré et de l’Afar.

Une bonne compréhension

Fana Gilay, un journaliste travaillant pour une station de radio FM, observe : « L’atelier m’a permis de connaître et de comprendre clairement les règles fondamentales du droit des conflits armés, un domaine que je ne connaissais pas auparavant. Je suis non seulement bien informé des règles essentielles de DIH applicables en période de conflit, mais j’ai également acquis une bonne compréhension du rôle de la Croix-Rouge, que je pensais limité au service d’ambulance fourni aux malades. »

En Éthiopie, entre autres activités, le CICR visite des détenus, soutient des centres de réadaptation physique et, en collaboration avec la Croix-Rouge éthiopienne, apporte une assistance aux réfugiés sud-soudanais à Gambella.

Teka Gugsa, un journaliste chevronné travaillant pour Ethiopian News Agency, l’agence de presse nationale, déclare : « Ce que j’ai appris de plus important durant l’atelier, ce sont les différences et les similitudes entre le droit humanitaire et le droit des droits de l’homme. Tous deux visent à protéger la vie, la santé et la dignité des personnes. Le DIH s’applique aux situations de conflit armé, tandis que le droit des droits de l’homme est applicable en temps de paix et de guerre. Cela me permettra de mieux traiter les sujets relatifs à ces deux domaines du droit lorsque je couvrirai un événement à l’avenir. »

Une contribution essentielle

Girmay Gebru, correspondant de VOA pour le service de nouvelles en tigrigna, a appris la différence entre droit humanitaire et droit des droits de l’homme. 

Girmay Gebru, correspondant de VOA pour le service de nouvelles en tigrigna, a appris la différence entre droit humanitaire et droit des droits de l’homme.
© CICR / Mulugeta Belay

Parmi les journalistes, beaucoup ignoraient la différence entre le droit humanitaire et le droit des droits de l’homme. Girmay Gebru par exemple, correspondant de la Voix de l’Amérique (VOA) pour le service de nouvelles en tigrigna, déclare : « Je suis diplômé en droit, mais je partais du principe que le droit humanitaire et le droit des droits de l’homme étaient similaires. Je peux donc dire que l’atelier a contribué de manière essentielle à me faire prendre conscience de la différence entre ces deux domaines du droit. »

S’exprimant sur l’utilité de l’atelier, Girmay déclare : « L’atelier était très intéressant car tout le monde participait activement, ce qui le rendait très vivant. Ce que j’ai le plus apprécié, c’est que chaque séance de discussion était accompagnée d’un court film documentaire qui résumait pour les participants ce qui avait été dit précédemment. »

Outre les séances de sensibilisation destinées aux professionnels des médias, le CICR organise en Éthiopie des formations au DIH à l’intention des services de police, des autorités locales et des universitaires. En 2012 et 2013, plus de 80 journalistes travaillant pour des médias des secteurs public et privé ont participé à des ateliers de sensibilisation tenus dans différentes régions du pays.