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Aceh : aider les réfugiés à reconstruire leur vie

03-08-2006 Éclairage

La signature d’un accord de paix à Helsinki en août 2005 entre le gouvernement indonésien et les rebelles du GAM (Gerakan Aceh Merdek – Mouvement Aceh Libre) a ouvert un nouveau chapitre de l’histoire indonésienne. Après trois décennies de conflit, le CICR aide aujourd’hui les habitants de la région à reconstruire leur vie.

Lorsque, fin juin, l’équipe du CICR est arrivée à Leubok Kliet, un petit village situé dans le sous-district de Meurah Muliah (Aceh Nord), le soleil commençait à se faire moins brûlant dans cette région désertée de l’île de Sumatra. D’imposantes lignées d’aréquiers et d’autres plantes tropicales bordaient la route poussiéreuse, protégeant les passants de la chaleur. Une quarantaine de villageois – hommes et femmes, jeunes et vieux – ont alors émergé des buissons et des tentes pour saluer les employés du CICR.

Les enfants étaient assis à l’intérieur d’une meunasah (petite mosquée de fortune) et ils regardaient les adultes décharger les sacs d’outils agricoles des véhicules du CICR.

     
    © CICR / G. Primagotama      
   
    Un habitant du village lit une brochure CICR devant une meunasah (petite mosquée de fortune) de Leubok Kliet, 27.06.2006      
         

« Grâce au CICR, nous pouvons reconstruire notre vie ici. Sans l’aide de ses délégués, nous serions toujours des réfugiés. Avant qu’ils viennent ici, nous ne rigolions plus du tout », explique T.M. Nurdin, dirigeant communautaire et ancien chef municipal de Leubok Kliet.

Dans ce village, le CICR a distribué des secours dès février 2006. Il a aussi contribué à remettre les routes en état afin de faciliter l'acheminement de l'assistance. L'autorité locale a quant à elle réparé un pont d'accès au village de 30 mètres de long.

La quasi-totalité des constructions a été détruite par des incendies, lors des combats féroces qui ont opposé, en 2000, le gouvernement indonésien aux groupes armés du GAM. La plupart des habitants sont alors partis de chez eux et ont trouvé refuge auprès de proches vivant dans les villages environnants.

La journée, ils retournaient cultiver leur jardin au village, mais revenaient passer la nuit auprès des membres de leur famille qui les hébergeaient.

Nurdin a déclaré avoir fui avec sa famille en 2003, après qu’un groupe de personnes eut mis le feu à deux de ses maisons, en endommageant une autre. Il s’était alors réfugié dans le village de Darussalam, situé à peu de distance de Leubok Kliet.

« C’était comme un mauvais rêve. Un jour, vous vivez confortablement ; le lendemain, vous vous retrouvez dans l e dénuement le plus complet », déclare-t-il en montrant à l’équipe les ruines de sa maison à demi détruite. 

« Aujourd’hui cependant, nous avons quelque peu retrouvé le sourire, bien que nous vivions toujours dans des tentes. Les enfants sont pour la plupart perturbés, surtout les jours de pluie », précise Nurdin, lui-même père de 13 enfants.

     
    © CICR / G. Primagotama      
   
    Un véhicule du CICR franchit un pont récemment réparé sur la route menant au village de Leubok Kliet, 27.06.2006      
         

  Nouveau départ  

Après la signature de l’accord de paix d’Helsinki de 2005, les villageois sont petit à petit retournés chez eux où ils ont recommencé à zéro. Au terme d’une première série d’évaluations, le CICR a distribué des bâches et des outils de construction à une trentaine de familles, pour les aider à dresser des abris. Quelques jours plus tard, Nurdin a informé le CICR que d’autres habitants du village désiraient rentrer chez eux pourvu qu’ils reçoivent une aide du même genre.

Nurdin a aussi expliqué que, pour pouvoir joindre les deux bouts, ces gens avaient besoin d'emplois mieux rétribués. À l'heure qu'il est, ils gagnent leur vie en vendant des noix d'arec (bétel) et des fèves de cacao. Malheureusement, d’innombrables aréquiers ont été détruits pendant le conflit. Il a par ailleurs précisé que les villageois avaient aussi besoin d'engrais et de jeunes plants.

     
    © CICR / G. Primagotama      
   
    Un couple prépare du bois pour cuisiner devant la tente qui lui sert de logement temporaire, 27.06.2006      
         

En outre, le tsunami de décembre 2004 est venu ajouter à la misère et aux souffrances engendrées par le conflit.

« Tout le monde est très occupé à venir en aide aux survivants du tsunami, mais nous espérons que les victimes du conflit n'en seront pas pour autant oubliées. Nous aussi avons besoin d'être soutenus " , a ajouté Nurdin.

Ces derniers mois, le CICR a distribué des tentes, réparé des puits et construit des latrines dans le village. Dernièrement, il a fourni deux petits générateurs pour faire marcher les pompes à eau.

Lentement mais sûrement, et grâce aux efforts inlassables des gens pour reconstruire leur vie, la situation s'améliore peu à peu dans le village et dans d’autres endroits de la région d’Aceh.