Page archivée: peut contenir des informations obsolètes

Sud-Caucase : éliminer la tuberculose dans les prisons

24-03-2003 Communiqué de presse 03/31

La tuberculose fait un retour dramatique. Dix ans après que l’Organisation mondiale de la santé a décrété une situation d’urgence mondiale, la tuberculose reste la principale menace pour la santé des prisonniers, qui sont particulièrement vulnérables à cette épidémie meurtrière.

En effet, ils sont issus des secteurs les plus vulnérables de la société, et les conditions de vie dans les prisons, souvent surpeuplées, favorisent la propagation de la bactérie véhiculée par l’air, aggravant l’épidémie. De surcroît, le VIH attise l’épidémie de tuberculose en détruisant le système immunitaire des victimes.

À l’occasion de la Journée mondiale de la tuberculose 2003, la communauté internationale commémore la découverte du bacille de Kock, une découverte qui a ouvert l’ère moderne de la lutte contre la maladie. La méthode aujourd’hui recommandée par l’Organisation mondiale de la Santé pour combattre cette épidémie porte le nom de « traitement de brève durée sous surveillance directe » ou DOTS ( Directly Observed Treatment Short ). C’est la stratégie que le CICR a adoptée dans les prisons du Sud-Caucase.

L’effondrement économique des anciens États de l’Union soviétique a entraîné celui des soins de santé. Les prisonniers malades n’étaient pas traités ou ne recevaient que des soins limités. S’il n’est pas traité, un prisonnier atteint de tuberculose évolutive infectera une moyenne de 100 à 150 détenus par an. Les prisonniers tuberculeux se soignaient eux-mêmes mais n’utilisaient pas correctement les médicaments antituberculeux, ce qui a rendu le bacille résistant à la plupart des antibiotiques utilisés dans la stratégie DOTS et créé une souche de tuberculose à bacilles multirésistants, ou tuberculose MDR ( multi-drug resistant). Cette forme de la maladie, la plus meurtrière, se répand actuellement da ns les prisons, mais elle n’y sera pas confinée, car les prisonniers seront un jour libérés. L’action du CICR vise notamment à garantir l’accès universel au traitement DOTS dans les prisons du Sud-Caucase. Des mesures seront prises pour combattre l’épidémie de tuberculose MDR, traiter les prisonniers malades, protéger ceux qui ne le sont pas, et en fin de compte agir pour le bien de la société tout entière.

L’année 2004 marquera le dixième anniversaire du programme de lutte antituberculeuse que le CICR mène dans les prisons d’Azerbaïdjan. Le CICR gère aussi des programmes de ce genre dans les prisons arméniennes et géorgiennes, et a traité plus de 7 000 prisonniers tuberculeux. Environ 80 % des patients qui ont suivi un traitement DOTS dans les prisons ont été guéris, ce qui prouve que la méthode donne des résultats même dans l’environnement difficile d’une prison. Le programme DOTS n’est pas seulement un traitement ; il redonne leur dignité aux prisonniers, qui reçoivent des soins médicaux et bénéficient de l’attention du personnel médical et administratif. Les partenariats établis avec les ministères de la Justice et de la Santé, ainsi qu’avec d’autres acteurs de la lutte contre la tuberculose, jouent un rôle vital.

Le but est de venir à bout de la tuberculose dans les prisons du Sud-Caucase au cours de la prochaine décennie. En Géorgie, le nombre des prisonniers qui développent la maladie a déjà diminué de moitié. Toutefois, pour maintenir et consolider ce résultat, il faudra investir dans tous les secteurs de la société civile. Investir dans la santé, c’est promouvoir les droits de l’homme et réduire les inégalités.

  Informations complémentaires : Annick Bouvier, CICR Genève, tél. : ++41 22 730 24 58