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Érythrée : du combustible de cuisine pour les familles déplacées

17-09-2003 Communiqué de presse 03/109

Asmara (CICR) – La vie n’est pas facile dans le camp de Debai Sima. Installé dans une région extrêmement chaude et aride à proximité de la ville portuaire d’Assab (Érythrée), sur la Mer Rouge, le camp abrite plus de 200 familles afar. Des villages entiers, où vivaient les membres de ce groupe ethnique, ont été détruits durant la guerre entre l’Érythrée et l’Éthiopie (1998-2000), contraignant leurs habitants à fuir.

À l’origine, le village de Debai Sima se trouvait à environ 60 kilomètres d’Assab, sur la route menant à Addis-Abeba. Comme tant d’autres, il a été rayé de la carte. Ses habitants vivent maintenant dans ce camp composé de tentes en forme de dôme plantées dans un paysage lunaire.

« Avant la guerre, mes enfants, mon mari et moi vivions dans un village proche de Debai Sima, qui fait aujourd’hui partie de l’Éthiopie », explique Fatima Abdu Yussuf, une dame de 70 ans. « Nous faisions le commerce d’étoffes et d’articles ménagers et nous avions des chèvres et des chameaux. Lorsque la guerre a éclaté, nos bêtes sont mortes de faim, car nous ne pouvions plus les emmener paître. » Quand Fatima et les siens ont fui, ils n’ont rien pu emporter, pas même leurs chaussures. Heureusement, ils ont tous survécu.

Après avoir trouvé refuge dans un village à l’abri des combats, Fatima et sa famille ont été réinstallés dans le camp de Debai Sima. Et cette mère de cinq enfants de préciser : « Maintenant, nous ne pouvons plus faire de commerce parce que la frontière est fermée. Nous dépendons donc totalement de l’assistance. » Les personnes hébergées dans le camp reçoivent des vivres et de l’eau de l’organisme d’aide du gouvernement érythréen, tandis que le CICR leur distribue des bâches de plastique, des ustensiles de cuisine, des jerrycans et du savon. Depuis début 2003, l’institution fournit en outre à chaque famille 10 litres de kérosène par mois, pour la cuisine et l’éclairage. « Les distributions de kérosène sont extrêmement appréciées, car, sinon, nous devons marcher au moins six heures pour aller chercher du bois », fait remarquer Fatima qui, auparavant, était contrainte de ramasser du bois dans des tra nchées infestées de mines. Interrogée sur la manière dont elle voit l’avenir, elle répond : « Nous, les d’Afar, sommes tous semblables. Quel que soit le côté de la frontière où nous nous trouvons, notre survie dépend de la paix. »

  Informations complémentaires : Marçal Izard, CICR Asmara, tél. : ++29 11 181 164 ou 181 130