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Caucase du Sud : vers des prisons sans tuberculose

24-03-2004 Communiqué de presse 04/41

Chaque année, deux millions de personnes meurent de la tuberculose et huit millions contractent la maladie.

Dans la plupart des pays de la Communauté des États indépendants, il s’est avéré difficile de vaincre la maladie du fait de la situation économique et sociale, et de l’effondrement du système de santé. Dans le Caucase du Sud, où la tuberculose provoque d’immenses souffrances et sème la mort dans les prisons, le CICR travaille depuis de nombreuses années avec les autorités locales, afin d’assurer un traitement aux prisonniers. En 1995, quand le CICR a lancé un programme de lutte contre la tuberculose dans les prisons d’Azerbaïdjan, la prévalence de la maladie était au moins 60 fois plus élevée parmi les détenus que dans la population civile du pays. Le CICR a commencé en 1998 à soutenir la mise en place, dans les prisons de Géorgie, du traitement de brève durée sous surveillance, ou DOTS (Directly Observed Treatment Short Course), la stratégie recommandée par l’Organisation mondiale de la Santé. Le CICR a étendu ce programme à l’Arménie en 2002.

Les prisonniers malades au moment de leur libération peuvent propager la tuberculose dans la société. La tuberculose étant un problème de santé publique à l’échelon national, qui touche également la population à l’extérieur des lieux de détention, le CICR coordonne les activités qu’il mène dans les prisons avec d’autres acteurs qui œuvrent en faveur de la population dans son ensemble, notamment la communauté des donateurs, afin de renforcer la lutte commune contre la maladie. Depuis 1995, le CICR a contribué au traitement de plus de 8 000 prisonniers dans le Caucase du Sud. Un des problèmes qu’il a rencontrés est que les prisonniers sont parfois libérés avant la fin du traitement, sans la coordination appropriée entre les autorités chargées de la santé dans les prisons et les responsables des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose.

Des obstacles considérables restent à franchir. Des épidémies de tuberculose à bacilles multirésistants dans les prisons pourraient favoriser la propagation de ces souches dangereuses au sein de la communauté, à travers les familles des prisonniers, les prisonniers libérés et le personnel pénitentiaire. En outre, à mesure que le nombre de cas de sida augmentera en ex-Union soviétique, les infections tuberculeuses opportunistes détruiront toujours davantage de familles et de communautés. Il faut donc consacrer les ressources de l’ensemble du système de santé publique à cette épidémie dévastatrice. Des mesures doivent être prises d’urgence, notamment pour soigner les patients résistants aux médicaments et pour enrayer la progression du VIH.

  Informations complémentaires :  

  Annick Bouvier, CICR Genève, tél. : + 41 22 730 24 58