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Angola : des opérations pour soutenir la transition vers la paix

30-09-2004 Point sur les activités

Suite à la signature de l’accord de paix de Luena en avril 2002, le pays a retrouvé une certaine normalité, bien que les mines antipersonnel et autres munitions non explosées demeurent une menace pour la population dans plusieurs provinces. Le CICR, avec le soutien de la Croix-Rouge angolaise, s’efforce de sensibiliser la population à ce problème. Un important réseau de recherches a également été mis en place pour aider les familles dispersées à rétablir les liens rompus par le conflit.

Le point sur les opérations du CICR de janvier à septembre 2004 :

 
Protection 
 

Depuis la fin du conflit en 2002, le CICR et la Croix-Rouge angolaise ont axé en priorité leurs efforts sur un programme de grande envergure visant à réunir les Angolais séparés pendant les hostilités.

C’est ainsi que depuis janvier 2004, 75 704 messages Croix-Rouge ont été échangés par l’intermédiaire du réseau de recherches de l’institution (plus de 303 000 depuis 2002). Durant la même période, 4 454 personnes ont déposé de nouvelles demandes de recherches. Le CICR aide actuellement 16 491 personnes à retrouver la trace d’êtres chers.

Par ailleurs, 156 mineurs non accompagnés ont été enregistrés (il y en a eu 1 575 depuis avril 2002). Depuis le début 2004, 141 mineurs ont été réunis avec leur famille (au total, 777 enfants ont pu rejoindre leur famille depuis 2002, dont 393 grâce au CICR). Il reste encore 425 cas en cours de traitement.

Le troisième numéro de la Gazette de la Croix-Rouge , publication contenant une liste de personnes dont on est sans nouvelles et d’enfants à la recherche de leurs parents ou de proches, a été publié en mai ; il contient près de 13 000 noms. Cette liste aidera familles et enfants à rétablir le contact avec ceux dont ils ont été séparés. Des Sociétés nationales ont distribué 3 500 exemplaires de la Gazette en Angola, en Namibie, en République démocratiqu e du Congo et en Zambie, ainsi que dans plusieurs autres pays où sont installés de nombreux réfugiés angolais.

Il est également possible de consulter cette liste sur le site du CICR ( www.familylinks.icrc.org ), ce qui rend les informations accessibles aux Angolais qui ne sont pas dans la région ainsi qu’aux Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge du monde entier. La Gazette est la première publication de ce type sur le continent africain et jusqu’à présent, elle a aidé 239 familles à rétablir le contact avec des proches.  
Action antimines 
 

Le CICR soutient trois centres de réadaptation relevant du ministère de la Santé à Luanda, Huambo et Kuito.

Depuis 1979, année pendant laquelle le CICR a engagé son programme d’activités orthopédiques en Angola, plus de 29 000 prothèses ont été fabriquées. Ainsi, grâce aux techniques mises au point par le CICR, plus de 1 500 prothèses de membres inférieurs, par exemple, sont produites chaque année en Angola.

Le soutien technique et financier apporté aux trois centres orthopédiques est axé notamment sur la fabrication de prothèses et l’appareillage des patients, la production de béquilles et la distribution de fauteuils roulants. Tous ces services, y compris les soins de physiothérapie, le transport et le logement, sont fournis gratuitement.

Depuis janvier 2004, 1 495 patients – dont environ 70 % sont des victimes des mines – ont été équipés de prothèses. En outre, 2 348 paires de béquilles et 231 fauteuils roulants ont été distribués.

Outre les activités de réadaptation, le CICR apporte son concours au programme de sensibilisation aux dangers des mines que la Société nationale met en œuvre à Bié et à Benguela. Depuis janvier 2004, des délégués se sont rendus dans plus de 300 communautés de huit municipalités et ont informé des risques plus de 23 200 personnes grâce à des exposés, des pièces de théâtre et des chansons.

Par ailleurs, des volontaires ont reçu des informations de la population locale au sujet d’engins dangereux qui n’ont pas encore été enlevés. Ils ont transmis ces informations aux autorités compétentes et aux organisations chargées du déminage afin qu’elles puissent prendre les mesures nécessaires et que les zones concernées soient nettoyées.

Pour s’assurer que les personnes réfugiées dans les pays voisins reçoivent, elle aussi, les informations essentielles sur les dangers que présentent les mines et autres munitions non explosées en Angola, le CICR a engagé des activités de sensibilisation des réfugiés angolais dans le camp d’Osire, en Namibie.

 
Santé 
 

Le CICR travaille en étroite collaboration avec le ministère de la Santé et fournit une assistance à six postes dispensant des soins de santé primaires dans la province de Huila. Plus de 60 000 personnes vivent à proximité de ces postes de santé et peuvent ainsi avoir accès à des soins médicaux.

Dans les cinq postes pour lesquels des chiffres sont disponibles, plus de 54 500 consultations ont été effectuées et 156 séances d’éducation sanitaire ont été tenues depuis janvier 2004. Depuis le début de l’année, le CICR assure l’approvisionnement en médicaments des six postes de santé grâce au soutien d’ONG et des autorités sanitaires.

Quarante personnes ont suivi un cours de formation destiné aux accoucheuses traditionnelles qui a été dispensé à Dongo. En collaboration avec l e ministère de la Santé, le CICR a distribué plus de 4 000 moustiquaires imprégnées d’insecticide destinées aux lits qu’occupent les femmes enceintes et les mères d’enfants de moins de cinq ans dans la communauté de Dongo.

 
Eau et assainissement 
 

Les activités dans ce domaine sont concentrées dans les provinces de Huambo et Bié, où le CICR assure la construction, la remise en état ou l’entretien de stations de captage d’eau de source dans des zones rurales.

Ce projet vise à améliorer l’accès de la population rurale à l’eau potable, en particulier dans les régions où de nombreuses personnes déplacées reviennent s’installer. Depuis janvier 2004, 120 stations de captage d’eau de source desservant environ 124 000 personnes ont été remises en état ou ont fait l’objet de travaux d’entretien. En outre, une formation est dispensée à la population sur les règles d’hygiène et les moyens d’utiliser ces installations et d’en assurer l’entretien.

 
Coopération 
 

Le CICR, la Croix-Rouge angolaise et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge tiennent régulièrement des réunions de coordination dont l’objectif principal est d’améliorer la capacité de la Société nationale à remplir son rôle et assumer ses responsabilités statutaires.

Le CICR et la Croix-Rouge angolaise s’efforcent notamment d’accroître l’efficacité de leurs activités de recherches communes, de renforcer la capacité de la Société nationale à gérer et mener à bien son programme de sensibilisation aux dangers des mines et de consolider le partenariat opérationnel établi avec les 18 sections provinciales.

Le CICR et la Fédération internationale ont renouvelé l’engagement qu’ils avaient pris d’aider la Société nationale à organiser une assemblée générale en 2005. Entre-temps, des assemblées provinciales ont lieu dans les 18 provinces pour lancer le processus de réforme.

 
Action préventive – diffusion du droit international humanitaire 
 

Le CICR s’emploie activement à diffuser le droit international humanitaire (DIH) et les principes du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge auprès des forces armées et de police, des autorités et de la population civile.

Depuis le début de l’année, des séances de diffusion ont été organisées en faveur de quelque 3 770 porteurs d’armes, ainsi que de 2 319 responsables politiques, chefs traditionnels et religieux, enseignants et représentants d’ONG. D’autres séances moins formelles portant essentiellement sur le rétablissement des liens familiaux ont été tenues à l’intention d’environ 4 000 civils.

Les principes humanitaires sont aussi diffusés régulièrement dans le cadre d’émissions de radio à Huambo et Kuito.

Enfin, une table ronde sur le DIH et son intégration dans la législation nationale a réuni des fonctionnaires des ministères des Relations extérieures, de la Défense, de la Justice et de l’Intérieur, ainsi que des représentants de l’Assemblée nationale, de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC) et de l’Association du barreau angolais.