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Myanmar : les pourparlers n'avançantpas, le CICR ferme certains de ses bureaux

15-03-2007 Communiqué de presse 07/30

Genève/Yangon (CICR) – « L'action humanitaire du CICR au Myanmar est aujourd'hui presque paralysée », a déclaré le directeur des opérations du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Pierre Krähenbühl. Il a expliqué depuis Genève que les membres de son personnel n'étaient toujours pas en mesure de reprendre leurs visites aux détenus, nulle part dans le pays, ni de conduire des opérations indépendantes sur le terrain, dans les zones frontalières sensibles. « La rencontre qui a eu lieu récemment avec le ministère de l'Intérieur n'a abouti à aucun progrès », a-t-il ajouté.

Malgré les efforts soutenus du CICR pour surmonter les divergences apparues depuis plusieurs mois, le ministère a maintenu ses restrictions draconiennes sur l'institution. Celles-ci empêchent le CICR d'accomplir son mandat internationalement reconnu, car elles sont incompatibles avec sa neutralité et son indépendance dans l'évaluation des besoins humanitaires et l'assistance aux personnes vulnérables. Le CICR a donc décidé de fermer deux de ses bureaux, l'un à Mawlamyine (État de Mon), l'autre à Kyaing Tong (État de Shan, dans l'est du pays). Il examine avec attention la possibilité de maintenir ou non ses autres bureaux sur le terrain.

« Les conditions de vie et de sécurité des civils habitant dans les zones frontalières sensibles restent très préoccupantes pour le CICR, a relevé M. Krähenbühl. Il y a également des signes forts indiquant une détérioration des conditions de détention et du traitement réservé aux détenus dans plusieurs lieux d'incarcération. »

Au cours des deux dernières années, le CICR a régulièrement soulevé des questions urgentes d'ordre humanitaire avec le gouvernement du Myanmar, aussi bien oralement que par écrit, en insistant sur les mesures à prendre pour améliorer la situation ainsi que sur la possibilité de réaliser ses activités librement et efficacement. Vu l'absence de réactions tangibles de la part des autorités et le maintien des restrictions qui lui sont imposées, le CICR estime aujourd'hui que ses principales activités humanitaires sont menacées.

Le CICR déplore de ne pas avoir réussi, malgré ses efforts, à relancer un dialogue constructif sur les questions humanitaires avec le min istère de l'Intérieur. Il reste disposé à engager des discussions avec les plus hautes instances du Myanmar pour sortir de l'impasse et se tient prêt à agir immédiatement afin de répondre aux besoins humanitaires les plus pressants, à condition de pouvoir opérer de manière indépendante et en ayant un accès régulier et direct aux personnes dans le besoin.

Le CICR a ouvert un bureau à Yangon et a lancé un projet d'appareillage orthopédique et de réadaptation physique en 1986. Depuis 1999, il réalise des activités d'assistance et de protection dans les lieux de détention et les zones frontalières sensibles. Au cours de l'année dernière, il a réduit de 56 à 16 le nombre de ses collaborateurs expatriés en raison des restrictions imposées par le gouvernement du Myanmar.

  Informations complémentaires :  

  Thierry Ribaux, CICR Yangon, tél. : +951 662 613 ou +951 664 524  

  Carla Haddad, CICR Genève, tél. : +41 22 730 24 05 ou +41 79 217 32 26