Page archivée: peut contenir des informations obsolètes

New York : des mesures concrètes pour mieux protéger les soins de santé en temps de conflit

25-09-2014 Communiqué de presse 14/173

Genève / New York (CICR) – Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) demandent que les États adoptent des mesures plus rigoureuses pour protéger les personnes qui fournissent et celles qui reçoivent des soins de santé dans les situations de conflit.

Les participants à une table ronde de haut niveau qui se tiendra en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York le 25 septembre se pencheront sur des mesures concrètes que les gouvernements peuvent prendre pour rendre plus sûre la fourniture de soins de santé en toute impartialité.

« Lors des visites que j’ai faites cette année à Gaza, en Syrie, au Soudan du Sud et dans d’autres pays en proie à un conflit, j’ai constaté une nouvelle fois à quel point les perturbations qui touchent les services de santé peuvent avoir des répercussions sur la population de pays tout entiers », explique le président du CICR Peter Maurer, qui présidera le groupe d’experts, conjointement avec la directrice générale de l’OMS Margaret Chan.

« Si de nombreux pays ont pris des dispositions pour venir à bout des obstacles qui entravent la fourniture des soins de santé, davantage doit encore être fait, ajoute M. Maurer. La volonté doit se faire jour d’échanger des bonnes pratiques en la matière et de renforcer la coopération et l’assistance internationales, si l’on veut que les blessés et les malades puissent continuer à recevoir des soins, et les personnels de santé continuer à les prodiguer. »

En 2012, le CICR a lancé son projet « Les soins de santé en danger », une initiative quadriennale visant à garantir une meilleure protection des services de santé dans les conflits armés et les autres situations d’urgence. À terme, il s’agit d’élaborer des recommandations pratiques, par exemple des directives à l’intention des militaires affectés aux postes de contrôle, pour qu’ils facilitent le passage sans encombre des ambulances transportant des blessés.

Le rôle des États dans la protection des soins de santé doit être renforcé. Des États qui devraient faire en sorte que leurs législations internes soient conformes aux normes juridiques internationales relatives à la protection des blessés et des malades, d’une part, et des personnels de santé, d’autre part. Ils devraient en outre s’attacher à collecter des données sur les incidents violents qui touchent les soins de santé et à en étudier les causes, et travailler ensemble à mettre au point des systèmes permettant de mieux appréhender ce phénomène, et partant, de mieux l’enrayer.

« Les hôpitaux et le personnel médical, en particulier les membres des services de premiers secours aux civils, font l’objet d’une protection explicite. Pourtant, les attaques perpétrées à leur encontre non seulement se poursuivent, mais leur nombre est en constante recrudescence, fait observer Mme Chan. De leur côté, les professionnels de la santé ont eux aussi une obligation, celle de soigner les malades et les blessés sans aucune discrimination. Aussi appartient-il aux États de respecter cette obligation et de s’abstenir de punir des médecins, des infirmiers ou d’autres personnels de santé parce qu’ils font leur travail. »

L’OMS a pour mission spécifique de protéger le droit à la santé, en particulier celui des personnes dans les situations d’urgence humanitaire. L’organisation recense les attaques contre les patients, et contre les personnels et les établissements médicaux, et pilote une initiative pour des hôpitaux plus sûrs, qui vise à garantir l’accès aux soins de santé dans toutes sortes de contextes, notamment dans les situations d’urgence.

Enfin, des statistiques plus systématiques permettraient de remédier aux lacunes chroniques touchant la notification des attaques contre les services de santé. Une étude menée par le CICR a recensé plus de 2 300 incidents comportant des actes ou des menaces de violence survenus dans 23 pays entre janvier 2012 et juillet 2014. Mais beaucoup d’autres incidents ne sont pas consignés et les statistiques ne reflètent pas les effets multiplicateurs indirects sur la santé communautaire des attaques contre les personnels de santé ou du refus d’accès aux établissements médicaux.

Informations complémentaires :
Anna Nelson, CICR Washington, tél. : +1 202 587 4604 ou +1 202 361 1566
Anastasia Isyuk, CICR Genève, tél. : +41 22 730 30 23 ou +41 79 251 9302
Paul Garwood, Organisation mondiale de la Santé, tél. : +41 22 791 1578 ou +41 79 603 7294