Pakistan : le CICR porte assistance aux déplacés waziris pour la première fois

06-08-2009 Point sur les activités

Cette semaine, le CICR et le Croissant-Rouge du Pakistan fournissent des vivres et autres produits de base à plus de 2 500 personnes qui ont fui le Waziristan. Dans la province de la Frontière du Nord-Ouest (NWFP) et dans d’autres parties du pays, les opérations humanitaires se poursuivent.

« Les combats qui se déroulent au Waziristan ont entraîné des déplacements de population. Toutefois, notre capacité à aider la population au sein du district lui-même est limitée en raison de conditions de sécurité précaires. C’est pourquoi nous avons ouvert un bureau à Bhakkar, sur la rive est de l’Indus, d’où nous pouvons intervenir pour venir en aide rapidement aux personnes en détresse », a déclaré Benno Kocher, chef de la sous-délégation du CICR à Peshawar.

Alors que de nombreux Waziris essayant d’éviter les conséquences des hostilités se sont, semble-t-il, réfugiés chez des proches ou dans leur « maison d’hiver » à Dera Ismail Khan, les plus vulnérables se sont vus contraints de fuir plus loin, jusqu’au Baloutchistan pour certains. Bon nombre d’entre eux ont pu trouver refuge chez des proches ou louer un logement. Certains ont dû s’installer dans un petit camp qui vient d’ouvrir à Zhob. Comme dans la province de la Frontière du Nord-Ouest (NWFP), l’installation dans un camp est le dernier recours des déplacés internes, qui ne s’y résolvent qu’après avoir épuisé toutes les autres solutions.

Ces derniers jours, le CICR a fourni des vivres et d’autres articles de base à quelque 2 500 personnes déplacées dans deux villes du Baloutchistan, Zhob et Killasaifuallah, et aux environs, pour tenter d’éviter qu’elles ne s’appauvrissent encore davantage.

« Ces gens voient leurs économies fondre. En distribuant ces secours, nous essayons d’éviter qu’ils vendent tout ce qu’ils possèdent pour acheter des articles de première nécessité », a expliqué Imran Mehmood, le collaborateur du CICR sur le terrain chargé de superviser l’opération.

  Dir  

En accord avec les autorités, le CICR et le Croissant-Rouge du Pakistan travaillent à l’établissement d’un nouveau camp, Khungi Sha, destiné aux déplacés internes de Timergara. Leur objectif est de libérer les écoles – qui ont accueilli un grand nombre de personnes déplacées ces derniers mois – afin qu’elles puissent recevoir les élèves pour la nouvelle année scolaire qui a débuté cette semaine. Le camp devrait pouvoir, à terme, abriter jusqu’à 4 000 personnes. Une partie des infrastructures et des équipements utilisés dans le camp de Swabi, qui vient de fermer, sera directement transférée à Timergara. Le CICR se tient prêt à ouvrir d’autres camps, si c’est nécessaire en raison de nouvelles arrivées des régions de Maidan, de Bar Malakand et de l’Upper Dir.

Même si les conditions de sécurité restent précaires, le CICR et le Croissant-Rouge du Pakistan sont parvenus à distribuer, cette semaine, des vivres et du savon à près de 20 000 personnes déplacées dans le district de Dir, dont la plupart logent dans des familles d’accueil. Le personnel du CICR a visité plusieurs camps de ce district pour recenser les nouveaux arrivants, pour mieux comprendre les problèmes auxquels ils doivent faire face et pour leur offrir la possibilité de téléphoner gratuitement à leurs proches.

  Swat  

Le retour dans les zones situées au sud et à l’est de Mingora a concerné davantage de gens et est survenu plus vite que prévu. Même si la situation s’est améliorée dans le chef-lieu du district et aux alentours, elle reste tendue et les conditions de sécurité sont précaires. Les marchés ont rouvert. On y trouve des vivres, notamment des fruits et légumes, et les prix baissent au fur et à mesure que les marchandises reviennent. Toutefois, la plupart des habitants du district n’ont pas pu faire les moisso ns cette année et, parmi les personnes déplacées maintenant de retour, nombreuses sont celles qui ont dépensé toutes leurs économies pendant leur absence. Entrer et sortir de la vallée de Swat reste difficile. À Mingora, beaucoup de familles attendent encore de pouvoir retourner dans leurs foyers situés dans la partie occidentale du district, qui demeure inaccessible en raison de l’insécurité qui règne à l’ouest de la rivière Swat.

Le CICR continue à fournir des vivres et des médicaments à l’hôpital central Saidu Sharif de Mingora et à soutenir le travail sanitaire du Croissant-Rouge du Pakistan dans la région. Le Croissant-Rouge du Pakistan gère actuellement un centre médical à Kanju Township, de l’autre côté de la rivière, qui prend en charge environ 400 patients par jour. Beaucoup d’entre eux arrivent dans l’une des trois ambulances dont dispose le Croissant-Rouge. Si l’on y ajoute son unité médicale mobile, qui transporte des médecins et du matériel médical de base sur le terrain, le Croissant-Rouge du Pakistan fournit des soins de santé primaires à quelque 100 000 personnes à Kanju et dans douze villages des environs.

Le CICR ne se soucie pas seulement de la situation critique des personnes qui, bien que revenues dans le district de Swat, ne peuvent pas réintégrer leurs foyers, mais aussi des centaines de milliers d’habitants qui vivent à l’ouest de la rivière, dans des zones en proie à l’insécurité et toujours sous couvre-feu. Cela fait trois mois qu’ils sont coupés du reste du district et ils ont un besoin d’aide humanitaire de toute urgence.

  Buner  

Le CICR a pu revenir dans le district cette semaine. Ses délégués ont constaté que de nombreuses personnes déplacées étaient rentrées chez elles. Ils ont également visité un nouveau camp, situé à Daggar, qui a été construit pour de nouveaux déplacés internes en provenance d’une région où des affrontements ont lieu actuellement. Les habitants du camp, qui ont fui de chez eux et ont perdu leurs moyens de subsistance, ont un besoin urgent d’assistance.

  Malakand  

Le CICR continue à apporter son soutien au grand nombre de personnes déplacées dans ce district, dont la plupart ont préféré se loger hors des camps. Cette semaine, l’institution a distribué des vivres et d’autres biens de première nécessité, dont du savon, à plus de 30 000 personnes, parmi lesquelles on compte beaucoup de nouveaux arrivants venus de zones instables du Lower Dir. La majeure partie de l’aide du CICR est fournie là où la plupart des personnes déplacées ont choisi de s’installer.

  Peshawar  

La semaine dernière, l’hôpital chirurgical du CICR a accueilli vingt-trois nouveaux patients blessés par armes. Le CICR continue également à soutenir un programme géré par l’Institut pakistanais des Sciences orthoprothésistes de Peshawar (Hayatabad).

  Camp de Swabi  

Le 29 juillet, le camp Shah Mansoor, le seul camp pour personnes déplacées géré directement par le CICR conjointement avec le Croissant-Rouge du Pakistan, était désert. Sa population, soit environ 20 000 personnes, est partie en l'espace de deux semaines. La plupart de ces personnes sont retournées dans les districts dont elles étaient parties, mais plusieurs n’ont pas pu rentrer chez elles. Presque 3 000 d’entre elles ont ainsi été transférées au camp de Jalala. Quelques-unes ont préféré s’installer dans des logements privés ou ont accepté d’être logées dans des familles d’accueil.

  Sensibilisation aux dangers des mines  

La semaine dernière, plus de 10 000 personnes déplacées dans des camps ont été informées des dangers des mines et autres restes explosifs de guerre, dans le but de réduire le risque d’accidents à leur retour chez elles. Des rapports indiquent que les munitions non explosées sont un véritable problème dans la NWFP, où les accidents sont fréquents.

  Informations complémentaires :  

  Sébastien Brack, CICR Islamabad, tél. : +92 300 850 81 38  

  Sitara Jabeen, CICR Islamabad, tél. : +92 300 850 56 93  

  Simon Schorno, CICR Genève, tél. : +41 79 251 93 02  

Voir aussi le site web de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge