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Les activités du CICR en Tunisie, Mauritanie, Libye et au Maroc en 2009

02-03-2010 Point sur les activités

Tour d'horizon des principales activités menées par le CICR en 2009 dans les pays couverts par la délégation régionale de Tunis : visites de détenus, rétablissement des liens familiaux, soutien aux activités visant à faire la lumière sur le sort des personnes portées disparues pendant le conflit du Sahara occidental et assistance aux victimes de mines de ce conflit.

  Visites aux personnes détenues  

     

     
     
   
    Lors des visites, les délégués du CICR s'intéressent aux conditions matérielles de détention et au traitement réservé aux personnes détenues, depuis leur arrestation jusqu'à leur libération. Les personnes accusées notamment d'atteinte à la sécurité de l'État, les condamnés à mort, ou les personnes particulièrement vulnérables comme les mineurs, bénéficient d'un suivi individuel. Conformément à ses méthodes de travail habituelles, le CICR fait part de ses conclusions et de ses éventuelles recommandations aux autorités détentrices, dans le cadre d'un dialogue bilatéral.      
           
En Tunisie, le CICR visite depuis 2005 des établissements relevant du ministère de la Justice et des Droits de l'homme, ainsi que des personnes détenues dans des lieux de garde à vue sous la responsabilité du ministère de l'Intérieur et ayant fait l’objet d’une notification au CICR.

En 2009, le CICR a ainsi visité plus de 26 000 détenus, au cours d'une cinquantaine de visites dans 37 lieux de détention relevant des ministères d e la Justice ou de l'Intérieur. Environ 550 détenus se sont entretenus individuellement avec des délégués du CICR.

En Mauritanie, le CICR visite depuis 2005 des personnes détenues dans des prisons civiles et dans des lieux de garde à vue. Les délégués ont rencontré 1 200 détenus – dont 70 ont fait l'objet d'un suivi individuel – au cours de 28 visites dans 12 lieux de détention dépendant du ministère de la Justice.

  Rétablissement des liens familiaux  

     

Afin d'aider les personnes ayant perdu la trace de leurs proches – du fait d'un conflit, de la détention d'un membre de la famille, ou des aléas de la migration – le CICR a facilité l'échange de 560 messages Croix-Rouge dans les pays couverts par sa délégation régionale.

Le CICR a continué de mettre en œuvre le programme de contacts téléphoniques entre personnes détenues à Guantanamo ou à Bagram (Afghanistan) et leurs familles. Au total, 35 détenus et leurs proches en Tunisie, en Libye, au Maroc et en Mauritanie ont bénéficié de ces appels téléphoniques d'une durée moyenne d'une heure. Des vidéoconférences ont également été organisées pour permettre à quatre détenus de Guantanamo d'échanger des nouvelles avec leurs familles en Tunisie et en Mauritanie.

Au cours de l'année 2009, le CICR a également reçu 73 nouvelles demandes de recherches concernant des personnes séparées ou disparues dans le cadre de conflits ou d'autres situations de violence, portant le nombre total des demandes traitées par le CICR dans la région à 123. Onze personnes ont en outre été retrouvées par le CICR durant cette période.

À la demande du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), le CICR a émis 14 titres de voyage à l’intention de réfugiés sans documents se trouvant en Libye, en attente de pouvoir se rendre dans un pays tiers.

  Clarification du sort des personnes disparues durant le conflit du Sahara occidental  

     

Agissant en tant qu'intermédiaire neutre, le CICR a proposé au Maroc et au Front Polisario un cadre de travail structuré, afin de soutenir leurs efforts visant à clarifier le sort des personnes disparues durant le conflit du Sahara occidental (1975-1991). Les deux parties ont défini des structures destinées à collecter et à centraliser toutes les informations pertinentes permettant de faire la lumière sur le sort des personnes disparues et de répondre aux besoins administratifs, économiques et psychologiques des familles concernées. Comme ailleurs où le même problème se pose, les familles souffrent de ne pas savoir ce qu’il est advenu de leurs proches et ne peuvent pas entamer un processus de deuil. Elles vivent dans une situation d'attente et d'incertitude extrêmement douloureuse qui peut durer des années et perturber gravement leur vie au quotidien. 

  Assistance aux victimes des mines  

     

     

     
    ©ICRC/M. Ben Ahmed/tn-e-00114      
   
Entraînement à la marche de deux handicapés devant le centre orthopédique du CICR à Tindouf.      
        Dans le cadre de la prise en charge globale des conséquences humanitaires liées aux restes explosifs de guerre et aux mines antipersonnel datant du conflit du Sahara occidental, le CICR contribue, grâce à son centre orthopédique, à fournir une aide aux handicapés physiques vivant dans les camps de réfugiés sahraouis de la région de Tindouf, dans le sud-ouest de l'Algérie.

Le centre offre aux amputés et aux personnes souffrant d'un handicap moteur des membres inférieurs et/ou supérieurs un accès permanent à des services de proximité. L'objectif est que ces personnes retrouvent une autonomie de fonction et une qualité de vie leur permettant de se réintégrer dans la société et de préserver leur dignité humaine.

Au cours de l'année 2009, le centre orthopédique du CICR a fourni des soins et des aides à la marche (prothèses, orthèses, béquilles et chaises roulantes) à plus de 220 patients, d ont 65 amputés.

  Promouvoir le droit international humanitaire (DIH)  

     

En 2009, les forces armées libyennes et tunisiennes ont achevé, avec le soutien du CICR, la révision de leurs programmes nationaux respectifs en vue de l’intégration des règles et principes du DIH dans la doctrine, l’éducation et l’entraînement militaires. En Libye, un dernier cycle d'ateliers de formation destinés aux juges militaires et aux instructeurs en DIH a eu lieu, en coopération avec le CICR. Dans ces deux pays, la coopération du CICR avec les forces armées se poursuivra à travers les commissions nationales de DIH.

Parallèlement, un atelier de formation sur le cadre juridique applicable à l'usage de la force a été organisé en Mauritanie à l'intention d'officiers des différents corps ainsi que, pour la première fois, de stagiaires de l'École nationale d'état-major.

Au Maroc et en Tunisie, les commissions nationales créées afin de promouvoir et de soutenir l'intégration et la mise en oeuvre du DIH sur le plan national ont continué de bénéficier du soutien juridique et technique du CICR. Cette coopération, qui vise à rendre les structures nationales autonomes, a permis à leurs membres d'accomplir plusieurs cycles de formation à l'échelle nationale et régionale. C'est ainsi que la Tunisie dispose actuellement d'un noyau de formateurs qualifiés en DIH composé de six magistrats. 

Au-delà de la Tunisie et de la Mauritanie, le dialogue entre le CICR et les milieux académiques islamiques s'est étendu à la Libye où, pour la première fois, un séminaire consacré à la complémentarité entre DIH et le droit islamique a été organisé en partenariat avec le Croissant-Rouge libyen à l'Université de Beng hazi (département de la charia). Au Maroc, à Fès, s'est tenu le premier colloque maghrébin sur le thème de la protection de la dignité humaine lors des conflits armés dans le droit islamique et dans le DIH. Organisé en coopération avec l'Université Al-Qarawiyyine, cet évémement a ouvert la voie à une possible intégration du DIH dans les cursus des différents établissements universitaires maghrébins.

Dans la perspective d'une intégration future du programme « Explorons le droit humanitaire » dans le cursus scolaire secondaire du Maroc, le CICR a poursuivi son appui technique au ministère marocain de l'Éducation, notamment dans le cadre d'un cours organisé à l’intention des enseignants chargés de présenter ce programme aux jeunes de 13 à 18 ans.

Dans le cadre de la campagne Notre monde. À vous d'agir, le Croissant-Rouge tunisien a lancé, le 8 mai 2009, une série d'événements autour de la découverte du parcours d'Henry Dunant au Maghreb, et plus particulièrement en Tunisie. Une trentaine de volontaires ont participé aux festivités. L'exposition de photos Notre monde – En guerre a été complétée par des portraits de volontaires des Sociétés nationales de la région. Elle a également donné lieu à la production d'un extrait du livre Notice sur la Régence de Tunis   écrit par Dunant en 1863.

     

  Coopération avec les Sociétés nationales du Croissant-Rouge  

     

     

     
    ©ICRC/S. Beltifa/tn-e-00114      
   
Tunis. Réunion sur le DIH organisée par le CICR et l'Organisation arabe du Croissant-Rouge et de la Croix-Rouge.      
        Le CICR a continué de soutenir les Sociétés nationales du Croissant-Rouge des pays de la région, afin qu'elles puissent maintenir et développer leurs activités visant à rétablir le contact entre personnes séparées pour cause de migration, de détention ou par suite d’un conflit armé.

En collaboration avec la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le CICR a en outre organisé, à l’intention du personnel des Sociétés du Croissant-Rouge de la région, des formations en droit international humanitaire, des cours de préparation aux situations d'urgence et des sessions de sensibilisation aux risques des mines et des engins non explosés.

Dans le cadre de la promotion du DIH et des Principes fondamentaux du Mouvement international, toutes les Sociétés du Croissant-Rouge de la région ont participé à une réunion sur le DIH organisée conjointement par le CICR et l'Organisation arabe du Croissant-Rouge et de la Croix-Rouge à Tunis au mois d'octobre.

Enfin, le CICR a apporté son savoir-faire à l'occasion d'un exercice régional de gestion des catastrophes en Libye. Organisée par la Fédération internationale et le Croissant-Rouge libyen, cette simulation a vu la participation de volontaires de toutes les Sociétés nationales d'Afrique du Nord.