La délégation régionale du CICR à Yaoundé

19-04-2013 Introduction

Établie à Yaoundé (Cameroun) depuis 1992, la délégation régionale du CICR pour l’Afrique centrale soutient la mise en œuvre du droit international humanitaire en Angola, au Cameroun, au Gabon, en Guinée équatoriale, en République du Congo et à Sao Tomé-et-Principe. Elle apporte également protection et assistance aux personnes déplacées par la violence, réalise des activités de rétablissement des liens familiaux, visite des détenus et soutient le développement des Sociétés nationales de la Croix-Rouge de la région.

Promotion du droit international humanitaire

Le CICR maintient un dialogue permanent avec les autorités politiques, en vue de promouvoir le droit international humanitaire (DIH) et sa mise en œuvre. Les consultations et les discussions avec les autorités politiques camerounaises ont abouti à l’incorporation des infractions au DIH dans l’actuel projet de code pénal en version bilingue, ainsi qu’à la ratification de la Convention sur les armes à sous-munitions et du Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant, concernant l'implication d’enfants dans les conflits armés.   

Pour favoriser l’intégration du DIH, le CICR propose chaque année des séances de sensibilisation et de formation dans les centres d’instruction des forces armées et de sécurité, de la police et de la gendarmerie de la région, ainsi qu’auprès de la Mission de consolidation de la paix en Centrafrique (MICOPAX), basée à Libreville.

Il s’attache également à promouvoir les principes fondamentaux du DIH auprès des représentants et acteurs influents de la société civile. En outre, des séances de formation sont organisées à l’intention des milieux universitaires. Au Cameroun et en République du Congo, le concours national de plaidoirie en DIH a permis à des étudiants de diverses universités et grandes écoles de tester leurs connaissances sur cette branche du droit et les questions humanitaires. La délégation régionale de Yaoundé et le bureau de Brazzaville disposent d’un centre de documentation et d’accueil pour le public étudiant.

Le CICR travaille en collaboration avec les acteurs sous-régionaux tels que la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), à Libreville, le Centre des Nations Unies pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique centrale, à Yaoundé, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), à Bangui, et le Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA), à Libreville.

Visites aux personnes privées de liberté

À travers ses visites de lieux de détention dans les pays de la région, le CICR s’efforce d’améliorer la protection des personnes privées de liberté pour des raisons de sécurité et des détenus particulièrement vulnérables. Il évalue pour ce faire leurs conditions de détention et le traitement qui leur est réservé, au cours des visites qu’il effectue dans des lieux de détention en Angola (province de Cabinda), au Cameroun, au Gabon, en Guinée équatoriale et en République du Congo. Il fait ensuite part de ses observations et recommandations aux autorités compétentes, et maintient avec elles un dialogue constant afin que des mesures soient prises pour améliorer les conditions matérielles de détention et le traitement des détenus, notamment le respect des garanties judiciaires. En 2012, le CICR et les autorités gabonaises ont procédé à une évaluation des conditions de détention dans les établissements du pays, en prêtant une attention particulière aux questions de santé. Ils ont ensuite élaboré conjointement un plan d'action visant à améliorer la situation sanitaire dans les centres pénitentiaires. Ce plan se décline essentiellement en deux volets : la formation du personnel sanitaire des établissements pénitentiaires et la mise en œuvre de solutions pratiques (à travers des projets pilotes) dans deux prisons choisies d'un commun accord.

Rétablissement des liens familiaux

Le CICR met tout en œuvre pour réunir les familles dispersées à la suite d'un conflit ou d’une catastrophe, en procédant à des recherches et en aidant les personnes à rétablir le contact avec leurs proches. Depuis le début de 2012, bien qu'il n'y ait pas eu de nouveaux mouvements de population dans la région nécessitant une intervention spécifique du CICR dans le domaine du rétablissement des liens familiaux, les équipes ont continué à gérer le flux de demandes de recherches et de messages Croix-Rouge ; deux enfants ont ainsi pu être réunis avec leur famille. La délégation a, de plus, mobilisé des moyens pour venir en aide aux populations sinistrées suite à l'explosion d’un dépôt de munitions le 4 mars 2012, à Brazzaville, en République du Congo. En soutien à la Croix-Rouge congolaise et en coopération avec le ministère de l'Action humanitaire, des volontaires ont été déployés dans les sites sinistrés. Ainsi, 82 enfants non accompagnés ont pu être recensés et 70 d'entre eux réunis avec leurs parents dans les trois mois qui ont suivi la catastrophe. 116 demandes de recherches déposées par des parents ont été enregistrées, dont 75 ont été résolues.

Suivi des migrants en situation irrégulière

En Angola, une mission d’évaluation a été conduite en décembre 2011 dans la province de Lunda Norte, afin d’évaluer la situation humanitaire et le traitement réservé aux personnes en situation irrégulière en attente d’expulsion. En mai 2012, le CICR a ouvert un bureau à Dundo, capitale de cette province angolaise. L'équipe du CICR, en étroite collaboration avec le bureau du CICR basé à Kananga, dans la province du Kasaï occidental (République démocratique du Congo), enregistre les enfants qui se sont retrouvés séparés de leurs parents durant le processus d'expulsion et procède, lorsque possible, à la réunification familiale. Le CICR travaille aussi en étroite collaboration avec les autorités angolaises pour faire en sorte que les droits humains et la dignité humaine soient respectés tout au long du processus d'expulsion.

Assistance

En 2012, la délégation régionale du CICR pour l'Afrique centrale, en collaboration avec la Croix-Rouge congolaise, a porté assistance aux populations touchées par l'explosion d'un dépôt de munitions à Brazzaville.  

Pour réduire le plus rapidement possible les risques encourus par les habitants, une équipe du CICR composée de « spécialistes en neutralisation d'engins non explosés » a mené, en mars et avril 2012, des opérations de nettoyage et de sécurisation des zones les plus durement touchées.

Septante volontaires de la Croix-Rouge congolaise, formés par le CICR, ont parcouru les quartiers contaminés pour informer la population sur les risques liés aux restes d'explosifs, et sur les mesures et comportements adéquats à observer. Afin d'éviter un éventuel stress post-traumatique, le CICR a aussi fourni un soutien psychologique aux équipes de la Croix-Rouge et aux employés de la morgue. Les enfants séparés de leurs parents suite aux évènements ont bénéficié de l'assistance du CICR, qui leur a fourni vêtements, nourriture et divers articles.

Pour permettre aux centres de santé proches des sites de personnes déplacées de faire face à l'afflux de patients, le CICR et la Croix-Rouge congolaise ont remis à trois d'entre eux des médicaments permettant de couvrir les besoins d’un millier de personnes pendant trois mois. Le CICR a également mis à disposition un médecin légiste afin de soutenir la formation des employés de la morgue municipale de Brazzaville.

Coopération avec les Sociétés nationales de la Croix-Rouge

Le CICR travaille avec les Sociétés nationales de la région dans le but de les soutenir et de renforcer leurs capacités opérationnelles, notamment dans les domaines de la préparation et de l’intervention en cas d’urgence, du rétablissement des liens familiaux, de la communication et de la promotion des règles du DIH et des Principes fondamentaux du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

La délégation régionale du CICR pour l'Afrique centrale est basée à Yaoundé. Elle couvre une mission en Guinée équatoriale (Malabo) et des bureaux à Libreville, Brazzaville, Luanda et Dundo (province angolaise de Lunda Norte). Dans l’ensemble des pays couverts par la délégation régionale, le CICR compte 55 collaborateurs.