Yves Bemy. Birom SECK/ CICR

Burkina Faso : l'environnement humanitaire s'est fortement dégradé en 2019

Depuis le mois de janvier 2019, le nombre de centres de santé fermés ou dont l'activité est réduite a été multiplié par 12. En cause : la violence armée qui sévit dans le pays.
Article 30 octobre 2019 Burkina Faso

Au début de l'année 2019, seule une dizaine de centres de santé était concernée. En aout dernier, on en comptait 125, dont 60 centres fermés et 65 partiellement fonctionnels.

Les soins de santé en danger

Avec la multiplication des incidents de sécurité, les professionnels de la santé sont nombreux à quitter les zones rurales, notamment celles situées dans les régions du Sahel et du Centre-Nord.

L'accès aux soins de santé est devenu en quelques mois un défi dans certaines régions du Burkina Faso. Cet environnement instable et qui se dégrade ne permet pas aux organisations humanitaires d'intervenir comme elles le voudraient.

Quand sa mère âgée est tombée malade, Alidou Sawadogo a dû entreprendre un long et dangereux voyage pour la faire soigner dans un centre de santé.

« Un ami m'a appelée pour me prévenir que ma mère était tombée. Le temps que j'arrive, elle avait perdu connaissance. Alors j'ai décidé de l'amener au centre de Barsalogho. Heureusement, j'ai trouvé quelqu'un qui avait une moto. À cause de la violence, beaucoup de gens malades n'osent pas sortir et meurent chez eux. Tout le monde a peur de s'aventurer sur la route qui mène au centre de santé. »

Déplacements et changement climatique

Le nombre de déplacés internes est passé de 50 000 en décembre 2018 à plus de 486 000 personnes forcées de fuir depuis le début de l'année. Ces déplacés, majoritairement des éleveurs et des agriculteurs, peinent à subvenir à leurs besoins. À la violence armée s'ajoutent les effets du changement climatique. Plus l'eau, les terres arables et les pâturages se font rares, plus les tensions autour des ressources naturelles s'accentuent.

Autre préoccupation majeure : la malnutrition. On estime à 1,2 million le nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire.

Notre action au Burkina-Faso de janvier à octobre 2019 :

50 000 personnes déplacées
ont bénéficié d'une assistance alimentaire, dans les régions du Sahel et du Nord.
28 900 personnes
ont été prises en charge grâce à l’appui en kits médicaux du CICR dans les districts sanitaires de Djibo et de Barsalogho, et les centres médicaux d’Aribinda, de Kaya et de Matiakoali.
Plus de 10 000 personnes déplacées et hôtes
ont un meilleur accès à l’eau potable grâce à la construction de 4 nouveaux forages et la réhabilitation de 30 autres, dans les régions du Sahel et de l’Est. 60 latrines et douches ont aussi été construites dans ces 2 régions.
68 000 têtes de bétail
ont été vaccinés pour aider à préserver le principal moyen de subsistance de nombreuses personnes touchées par la violence.