Burundi : la pratique du sport pour la santé et le bien-être des détenus

07 décembre 2017
Burundi : la pratique du sport pour la santé et le bien-être des détenus
Les détenus de la prison de Muramvya font des exercices d'étirements avant le début des activités sportives. CC BY-NC-ND / CICR / Dieudonné Hakizimana

Depuis janvier 2017, les détenus de la prison de Muramvya, au centre du Burundi pratiquent du sport, grâce à l'intervention d'une ONG, « Right to Play », financée par le CICR.

Les détenus font des exercices d'étirement et jouent au football ou au volleyball presque tous les jours. En dépit de l'étroitesse de la cour de la prison, ils parviennent à s'organiser. Chaque équipe de football est composée de trois joueurs au lieu des onze d'usage. Les matchs durent une dizaine de minutes et les équipes se relaient selon une liste bien élaborée pour laisser la place à chacun. Les matchs se disputent sous les applaudissements assourdissants des détenus spectateurs. Ils applaudissent pour tout but marqué, quelle que soit l'équipe !

Après le football, c'est le tour du volleyball sur le même terrain, séparé en deux parties par un filet de fortune. Dans tous ces jeux, femmes et hommes jouent ensemble. Sept coachs, dont quatre détenus, ont été formés pour les entraînements et l'encadrement. Le jeu est toujours suivi d'une séance de réflexion RCA (reflect-connect-apply).

Garder la santé et renforcer les liens

Les prisonniers sont unanimes au sujet des bienfaits que procure le sport. « Cela me permet de m'aérer l'esprit et d'oublier les soucis du quotidien, de mieux respirer et de me changer les idées », explique l'un des détenus. «Avant de pratiquer du sport, témoigne un autre détenu, certains avaient des problèmes d'articulations, de jambes gonflées ou des difficultés à dormir, mais ces activités sportives sont devenues une distraction qui permet aux muscles et aux tensions de se relâcher. Et le temps passe plus vite ».

Un autre détenu affirme que le sport crée un lien social et une cohésion entre les détenus et qu'il diminue le stress. Les détenus constatent que c'est un moyen simple pour rester en bonne santé morale et physique.

Une réussite grâce à l'implication de l'administration pénitentiaire

Le directeur de la prison de Muramvya, Monsieur Harerimana, reconnaît les bienfaits du sport sur la santé et le moral des prisonniers, mais aussi sur le plan de la cohésion sociale : « C'est pour cette raison que nous nous sommes impliqués pour la réussite de ce programme. Nous organisons des séances de sensibilisation dans l'établissement pénitentiaire de Muramvya ». Le directeur remarque un autre résultat positif du sport : « Les maladies ont diminué et les prisonniers sont beaucoup plus à l'aise car ils oublient un peu leurs soucis ».

Pour le moment ces activités sportives n'ont été développées que dans les prisons de Mpimba et Muramvya. Selon Léonidas, chargé des programmes de l'ONG, les milieux carcéraux sont spécialement ciblés. « Nous voulons prévenir et diminuer certaines maladies, mais aussi donner de l'espoir aux détenus en leur rappelant qu'après la prison, la vie va continuer ». Léonidas soutient que le sport favorise les relations sociales entre les détenus. Ce projet pilote est une première en milieu carcéral pour le CICR. Selon Katrin Imhof, la directrice des programmes « Right to Play » pour l'Afrique, d'autres pays pourraient certainement bénéficier de ce programme à l'avenir.