Cameroun : déplacée par le conflit dans le nord, Fadimatou reçoit une assistance vitale

31 mai 2016
Cameroun : déplacée par le conflit dans le nord, Fadimatou reçoit une assistance vitale
Fadimatou fait partie des 35 000 déplacés à recevoir de la nourriture au cours de cette distribution. CC BY-NC-ND / CICR / Taoffic Touré

Malgré les affrontements répétés dans son village natal, Fadimatou Abbas ne voulait pas partir de Fotokol, une localité de l'Extrême-Nord du Cameroun située à quelques kilomètres de la frontière nigériane. Mi-janvier 2016, un grave incident l'a fait changer d'avis.

« Ce jour-là, au petit matin, un obus est tombé dans la cour. Il a détruit une partie de la maison et brûlé beaucoup de nos effets personnels », se souvient-elle.

Craignant pour sa vie et celle de sa famille, la jeune femme de 25 ans décide de fuir avec ses quatre enfants, son mari et les 10 autres enfants de ce dernier, issus d'une union précédente. Après des jours de marche, ils atteignent la ville de Maltam qui accueille aujourd'hui plus de 6 000 déplacés. La famille décide de s'y installer en attendant un retour au calme.

Mais à Maltam aussi, le conflit pèse sur la vie quotidienne : la population résidente a dû partager ses maigres ressources avec les nouveaux arrivés, les activités économiques sont ralenties et il n'y a pas de travail. L'impact de la violence s'est ajouté à des conditions climatiques défavorables ces dernières années et n'a fait qu'aggraver une situation déjà difficile. Le père de famille se rend à Kousseri, à 30 kilomètres au sud, pour y trouver du travail mais il peine à subvenir aux nécessités de sa famille. Le peu d'argent qu'il réussit à envoyer couvre difficilement les besoins des enfants et les frais liés à leur scolarité.

Je n'y croyais pas au début. D'autres personnes sont passées, mais nous ne les avons jamais revues.

Face à cette situation, le passage des agents du CICR à Maltam pour enregistrer les personnes déplacées par le conflit leur redonne un peu d'espoir, même si, comme dit Fadimatou : « Je n'y croyais pas au début. D'autres personnes sont passées, mais nous ne les avons jamais revues ». Aujourd'hui pourtant, elle a reçu 75 kg de sorgho, 25 kg de haricots niébé, 1 kg de sel, 10 litres d'huile et 12 kg de farine de céréale enrichie. De quoi espérer combler le manque engendré par le conflit dans son panier de ménagère. « On m'a promis cinq distributions similaires d'ici la fin de l'année. J'espère qu'ils tiendront parole », dit-elle.

Cette première distribution redonne un peu d'espoir à Fadimatou et ses enfants.

Cette première distribution redonne un peu d'espoir à Fadimatou et ses enfants. CC BY-NC-ND / CICR / Taoffic Touré

Au total, lors de cette activité, le CICR a distribué de la nourriture à plus de 35 000 déplacés et 8 200 résidents dans quatre localités du Logone et Chari, dont Maltam. Quelques jours plus tard, ils ont aussi reçu des bâches, des nattes, des sets d'ustensiles de cuisine, des couvertures et des kits d'hygiène féminine.