République centrafricaine : la population civile est toujours sous pression

04 février 2015
République centrafricaine : la population civile est toujours sous pression
Bangui, le 29 janvier 2015. Séance d’information sur les principes et activités du CICR avant la distribution de vivres aux personnes déplacées du site de Mont Carmel à Bimbo (Bangui). CC BY-NC-ND/CICR/Ronald Kradjeyo

Bangui, la capitale de la République centrafricaine, connaît un regain de tension ces dernières semaines, des cas de braquages et d'enlèvements ayant été signalés dans les quartiers nord de la ville. Ce climat d'insécurité, qui a obligé les travailleurs humanitaires à restreindre leurs mouvements, risque d'entraver les opérations d'assistance et d'avoir un impact sur les conditions de vie des personnes qui dépendent de l'aide humanitaire.

Dans plusieurs villes et localités de province, la population civile continue elle aussi de subir les conséquences des actions des groupes armés et de la criminalité ambiante. Le 27 janvier dernier par exemple, des tensions liées à la présence d'hommes armés ont fait des victimes dans plusieurs villages situés le long de l'axe Kaga Bandoro-Botto et obligé les habitants à se déplacer en direction de Kaga Bandoro.

À M'brès, une localité située à 90 kilomètres au sud-est de la ville de Kaga Bandoro, la plupart des habitants ont eux aussi fui leur domicile en décembre dernier à cause d'affrontements entre groupes armés. Fin 2014 et début 2015, la ville de Bambari a été le théâtre de nouveaux épisodes de violence. Comme cela arrive malheureusement trop souvent, des civils ont été victimes d'actes de représailles de la part d'hommes armés, des biens ont été pillés et des maisons incendiées.

À Botobadjia et Ndassima et d'autres villages des environs de Bambari, des affrontements entre groupes armés ont aussi fait plusieurs morts et de nombreux blessés. Des milliers de personnes qui commençaient à regagner leur domicile à la veille des fêtes de fin d'année ont dû retourner vers les sites d'accueil de déplacés ou se cacher à nouveau dans la brousse.

29 janvier 2015. Une personne déplacée du site de Mont Carmel à Bimbo transporte des vivres qu'elle a reçus du CICR. CC BY-NC-ND/CICR/Ronald Kradjeyo

La situation humanitaire reste également préoccupante dans d'autres villes et villages à l'intérieur du pays. Dans le village de Gbangou, entre Damara et Bouca, à 210 kilomètres au nord de Bangui, plus d'un millier de personnes vivent dans la brousse depuis des semaines pour échapper aux attaques d'hommes armés. Plus de 200 maisons ont été incendiées.

« Nous continuons de rappeler à toutes les parties au conflit et à ceux qui détiennent des armes qu'ils doivent respecter la population civile et s'abstenir d'attaquer tant les civils que les porteurs d'armes qui ne sont plus en état de combattre », déclare Jean-François Sangsue, chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en République centrafricaine.

Du 17 novembre 2014 au 25 janvier 2015, en partenariat avec les volontaires de la Croix-Rouge centrafricaine, le CICR a :

  • visité et assisté plus de 650 détenus dans différents lieux de détention du pays ;
  • permis à plus de 90 familles d'avoir des nouvelles de leurs proches déplacés;
  • effectué plus de 800 consultations de soins à l'hôpital communautaire de Bangui ;
  • effectué plus de 7 000 consultations de soins à l'hôpital préfectoral de Kaga Bandoro ;
  • administré plus de 250 doses de vaccin antitétanique à des enfants de 0 à 12 mois et plus de 180 doses à des femmes en âge de procréer à Kaga Bandoro ;
  • réalisé plus de 150 interventions chirurgicales à l'hôpital communautaire de Bangui et plus de 30 à Kaga Bandoro ;
  • pris en charge au moins 10 personnes victimes de violences sexuelles à Kaga Bandoro ;
  • traité plus de 1 700 cas de paludisme simple à Rafaï, Obo et Birao ;
  • distribué des colis de vivres contenant du sel, de l'huile végétale, du riz et des haricots, à plus de 18 000 personnes déplacées à Bangui ;
  • fourni des articles ménagers essentiels à plus de 2 400 personnes déplacées à Ndassima, sur l'axe Bambari-Ippy ;
  • livré des semences de qualité et des outils à plus de 730 maraichers à Kaga Bandoro et à Birao, pour relancer leurs activités maraichères ;
  • continué de fournir une moyenne de 200 000 litres d'eau potable par jour aux personnes déplacées sur le site de l'aéroport de Bangui ;
  • garanti l'accès de la population de Ndélé à 250 000 litres d'eau potable par jour, via le réseau de la SODECA ;
  • distribué au total 2 442 000 litres d'eau potable aux personnes déplacées de la ville de Kaga Bandoro ;
  • fourni quotidiennement 50 000 litres d'eau potable en moyenne aux personnes déplacées du site de la Sangaris à Bambari ;
  • alimenté quotidiennement en eau potable l'hôpital régional de Bambari ;
  • sensibilisé plus de 700 représentants des associations et groupements de jeunes et de femmes des arrondissements de Bangui aux activités de la Croix-Rouge ;
  • organisé à Bangui une séance de formation sur la protection conférée aux journalistes par le DIH, à laquelle ont participé 40 journalistes des radios communautaires des provinces.

Informations complémentaires :
Germain Mwehu, CICR Bangui, tél. : +236 75 64 30 07
Thomas Glass, CICR Genève, tél. : +41 22 730 31 49 ou +41 79 244 64 05

Photos: CC BY-NC-ND/CICR/Berrad Ahmed/Ronald Kradjeyo

Fabrice, séparé de ses parents, a retrouvé sa famille le 10 janvier 2015 grâce à la Croix-Rouge centrafricaine et le CICR.

Fabrice, séparé de ses parents, a retrouvé sa famille le 10 janvier 2015 grâce à la Croix-Rouge centrafricaine et le CICR.

Distribution de vivres aux personnes déplacées du site de Mont Carmel à Bimbo (Bangui), le 29 janvier 2015.

Distribution de vivres aux personnes déplacées du site de Mont Carmel à Bimbo (Bangui), le 29 janvier 2015.