Jérusalem et Cisjordanie : échec et mat à la violence

  • Usaid Taki Al-Deen Abed Al-Baset, originaire d’Hébron en Cisjordanie, a 6 ans et a commencé à jouer aux échecs il y a une année.
    Usaid Taki Al-Deen Abed Al-Baset, originaire d’Hébron en Cisjordanie, a 6 ans et a commencé à jouer aux échecs il y a une année.
    « J’aime les échecs car ce jeu m’aide à développer mon esprit, ma gestion du temps et ma patience », a-t-elle déclaré le 16 juillet, après avoir remporté l’une des neuf manches d’un tournoi d’échecs organisé à Al Jib, au nord-ouest de Jérusalem. « Je suis championne dans la catégorie des enfants de 6 ans, et je vais participer à un tournoi international d’échecs qui aura lieu à Dubaï la semaine prochaine. Je suis si heureuse de représenter la Palestine dans ma catégorie ! »
    CC BY-NC-ND / CICR / Jesus Serrano Redondo
  • Soixante-seize joueurs de 6 à plus de 60 ans se sont affrontés au cours des neuf manches du tournoi. Treize d’entre eux ont remporté le titre de champion, dont trois âgés de moins de 15 ans.
    Soixante-seize joueurs de 6 à plus de 60 ans se sont affrontés au cours des neuf manches du tournoi. Treize d’entre eux ont remporté le titre de champion, dont trois âgés de moins de 15 ans.
    CC BY-NC-ND / CICR / Jesus Serrano Redondo
  • Les échecs exigent des compétences stratégiques, une grande concentration et beaucoup de discipline.
    Les échecs exigent des compétences stratégiques, une grande concentration et beaucoup de discipline.
    CC BY-NC-ND / CICR / Jesus Serrano Redondo
  • Yara Fakieh (17 ans) vient de Qattana et fait partie de l’équipe qui représente la Palestine aux tournois internationaux d’échecs. Elle a participé aux championnats du monde organisés en Turquie en 2012 et en Norvège en 2014.
    Yara Fakieh (17 ans) vient de Qattana et fait partie de l’équipe qui représente la Palestine aux tournois internationaux d’échecs. Elle a participé aux championnats du monde organisés en Turquie en 2012 et en Norvège en 2014.
    « Le championnat de 2014 en Norvège était intéressant et a rassemblé des participants de 150 pays à travers le monde. Les joueurs étaient bien préparés et avaient leurs entraîneurs derrière eux. Nous sommes parvenus à faire gagner dix places à la Palestine dans le classement mondial, ce qui est un excellent résultat compte tenu des ressources limitées à notre disposition », se réjouit Yara.
    CC BY-NC-ND / CICR / Jesus Serrano Redondo
  • La spirale de la violence provoque des traumatismes qui peuvent perturber le développement émotionnel des victimes et nuire à leur santé mentale, en particulier chez les plus vulnérables comme les enfants et les jeunes.
    La spirale de la violence provoque des traumatismes qui peuvent perturber le développement émotionnel des victimes et nuire à leur santé mentale, en particulier chez les plus vulnérables comme les enfants et les jeunes.
    CC BY-NC-ND / CICR / Jesus Serrano Redondo
  • Les sœurs Jihad Fakieh sont trois joueuses d’échecs passionnées.
    Les sœurs Jihad Fakieh sont trois joueuses d’échecs passionnées.
    « Les échecs, c’est un tout autre monde. Vous pouvez y jouer le rôle que vous voulez si vous êtes doué. Ce jeu vous donne la possibilité de montrer vos qualités de leader et pour nous, Palestiniens, il délivre aussi un message important, à savoir la complexité du monde dans lequel nous vivons », analyse Aseel (au centre), l’aînée des trois sœurs âgée de 19 ans. Pour Rahaf (14 ans, à droite), « les échecs symbolisent l’univers des Palestiniens. C’est un jeu subtil qui nous permet non seulement de développer nos compétences et nos aptitudes, mais aussi de faire entendre la voix des Palestiniens et de transmettre nos messages au monde entier. En plus, nous ne ressentons aucune discrimination car les hommes et les femmes jouent sur un pied d’égalité ».
    CC BY-NC-ND / CICR / Jesus Serrano Redondo
  • Sadien (à gauche) a 12 ans et a découvert les échecs quand elle avait 18 mois.
    Sadien (à gauche) a 12 ans et a découvert les échecs quand elle avait 18 mois.
    « J’aime ce jeu parce qu’il m’aide à développer ma personnalité et mon raisonnement, ce qui sera utile dans ma vie personnelle et professionnelle. »
    CC BY-NC-ND / CICR / Jesus Serrano Redondo
  • Yara (au centre) a remporté l’an passé le titre de championne de Palestine dans la catégorie des enfants de 10 ans.
    Yara (au centre) a remporté l’an passé le titre de championne de Palestine dans la catégorie des enfants de 10 ans.
    « Les échecs, c’est le roi des jeux, explique-t-elle. Il demande de l’intelligence, aide les enfants à mieux se comporter et peut avoir une influence positive sur leur vie. »
    CC BY-NC-ND / CICR / Jesus Serrano Redondo
  • Azhar (7 ans) est originaire d’Al-Jib, village de Cisjordanie situé à dix kilomètres au nord-ouest de Jérusalem, dans la zone dite fermée (seam zone). Elle a commencé à jouer aux échecs il y a deux mois.
    Azhar (7 ans) est originaire d’Al-Jib, village de Cisjordanie situé à dix kilomètres au nord-ouest de Jérusalem, dans la zone dite fermée (seam zone). Elle a commencé à jouer aux échecs il y a deux mois.
    « Je joue parce c’est amusant. J’applique la règle "pièce touchée, pièce jouée", je n’aime pas quand je suis coincée et que je ne sais plus quelle pièce déplacer. Je joue toujours avec l’objectif de faire échec et mat. »
    CC BY-NC-ND / CICR / Jesus Serrano Redondo
  • Malek (13 ans) vient d’Al-Jib et joue depuis une année. Il compte s’entraîner jusqu’à devenir un champion.
    Malek (13 ans) vient d’Al-Jib et joue depuis une année. Il compte s’entraîner jusqu’à devenir un champion.
    « Ce jeu est amusant et demande de l’intelligence. J’essaie de ne pas avoir peur quand je joue, mais ce qui est le plus difficile, c’est la défaite. Quand je perds, j’essaie toujours d’apprendre de mes erreurs. Il n’y a pas de différence entre les garçons et les filles dans ce jeu, mais quand j’affronte une fille, je suis inquiet parce que parfois, les filles pleurent quand elles perdent. Cela n’a pas d’influence sur mon jeu – je vise toujours la victoire –, mais je ne veux pas que les gens pensent que c’est moi qui les ai fait pleurer. »
    CC BY-NC-ND / CICR / Jesus Serrano Redondo
  • Malak a 9 ans.
    Malak a 9 ans.
    « Cela fait un an que je joue aux échecs, dit-elle. J’aime ce jeu et j’y joue beaucoup à la maison. J’ai même appris les règles à mon père pour qu’il puisse jouer avec moi. »
    CC BY-NC-ND / CICR / Jesus Serrano Redondo
  • Mohammad (14 ans) vient de Beit Surik. Il joue aux échecs depuis 2013.
    Mohammad (14 ans) vient de Beit Surik. Il joue aux échecs depuis 2013.
    « Je jouais beaucoup sur mon ordinateur, puis un prof à l’école nous a dit que nous pouvions nous inscrire à un cours, et je n’ai jamais arrêté de jouer depuis. Pendant la partie, je pense à la personne en face de moi. J’observe ses déplacements et j’essaie de gagner. Mes parents me soutiennent, et le jeu est amusant et stimule l’esprit. »
    CC BY-NC-ND / CICR / Jesus Serrano Redondo
  • Champions et organisateurs posent pour une photo de groupe à la fin du tournoi.
    Champions et organisateurs posent pour une photo de groupe à la fin du tournoi.
    CC BY-NC-ND / CICR / Jesus Serrano Redondo
12 août 2016

Un tournoi d'échecs, récemment organisé pour stimuler les facultés intellectuelles et encourager l'expression en tant qu'alternatives à la violence, a réuni 76 joueurs dont de nombreux enfants et adolescents.

Ce tournoi s'inscrivait dans le cadre d'une série d'activités pour les jeunes engagées par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Jérusalem en 2016.

En plus de proposer des alternatives à la violence, ces activités sensibilisent les jeunes à l'action du CICR et à trois des principes fondamentaux qui la régissent, à savoir l'humanité, la neutralité et l'impartialité.

Diaa' Ahmed Al-Faqieh, entraîneur d'échecs pour les jeunes, explique : « Les échecs exigent de l'intelligence, de la volonté, de la force et de la ténacité. Ces aspects psychologiques contribuent au développement de la personnalité des élèves, car ils sont encore jeunes. Ils apprennent ainsi à s'affirmer, à prendre les bonnes décisions, à trouver des moyens de progresser, à devenir plus indépendants et à faire des choix même sous pression. »

Organisé par la Fédération palestinienne d'échecs et par les clubs sportifs de jeunes de Qattana et d'Al Jib sous le nom « Ensemble pour l'humanité », le tournoi a bénéficié du soutien du CICR.

Parmi les activités destinées aux jeunes, le CICR a également organisé un spectacle de cirque mis en scène par l'École du cirque palestinienne au théâtre El-Hakawati. Cet événement a allumé des sourires sur les visages des enfants de Jérusalem, que les circonstances font grandir trop vite.

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