La guerre à sa porte

Quatre photographes montrent la dévastation à laquelle sont confrontées les personnes déplacées dans une ville de leur pays.
Article 17 septembre 2018 Nigéria Honduras Irak Afghanistan

Les déplacements internes atteignent une ampleur sans précédent à l'échelle mondiale.

Le nombre des personnes déplacées de force dans leur propre pays par un conflit armé et d'autres situations de violence n'a cessé d'augmenter depuis le début du siècle et, en 2016, dépassait les 40 millions dans le monde.

Ces déplacements touchent de plus en plus les villes, en partie parce qu'elles sont le théâtre de conflits armés et de violences et de plus en plus peuplées, mais aussi parce que les populations fuient vers les villes pour y trouver refuge. Pourtant, on sait peu de choses de l'expérience des personnes déplacées en milieu urbain, hors des camps.

Un nouveau rapport sorti cette semaine se place dans la perspective à la fois des personnes déplacées dans des villes à travers le monde et de ceux qui les accueillent. On y trouve exposées différentes manières d'aborder le problème des personnes déplacées dans les villes et les difficultés à surmonter, ainsi qu'une réflexion sur la façon de renforcer la réponse humanitaire.

Pour ce rapport, nous avons demandé à cinq photographes prometteurs de montrer la vie des personnes déplacées dans les villes telle qu'ils la perçoivent.

Qu'est-ce que cela signifie que d'être déplacé dans une ville de son propre pays ? C'est ce que nous avons voulu savoir.

NIGÉRIA

La photographe nigériane Rahmi Gambo a pris des photos à Maiduguri, dans le quartier de Jiddari Polo.

Les déplacés qu'elle a rencontrés lui ont dit qu'ils avaient dû partir de chez eux brusquement, avec leurs enfants et rien d'autre que les vêtements qu'ils portaient sur le dos.

« Lorsque j'arrivais dans un lieu, quelqu'un venait me trouver et me racontait à quel point ils avaient été irrités d'être interviewés et photographiés sans que rien ne se passe pour changer leur qualité de vie. Je leur ai alors demandé de tourner le dos à l'appareil photo.

Tourner le dos à un appareil photo est un acte de résistance, qui exprime aussi l'inconfort et le malaise. La série navigue entre cet inconfort et ce malaise et l'idée du déplacement. »

 

HONDURAS

Le photographe hondurien Delmber Membreno a rencontré trois familles qui avaient été déplacées à l'intérieur de San Pedro Sula par la violence des gangs.

 

Certains avaient résisté aux extorsions du gang en place et d'autres avaient été menacés directement à cause d'activités de membres de leur famille. Tous avaient essayé de quitter le Honduras pour le Mexique ou les États-Unis, mais avaient été soit incapables de franchir la frontière soit renvoyés au Honduras.

IRAK

Ces dernières années, le photographe irakien Hawre Khalid a passé beaucoup de temps à Mossoul à documenter la guerre qui se déroulait sous ses yeux.

Pour ce projet, il a choisi de photographier des gens qui fuyaient l'ouest de la ville pour trouver la sécurité à l'est.

« Les gens à Mossoul ont beaucoup souffert, plus que je ne pourrai jamais l'imaginer. La plupart ont connu la souffrance, la perte d'un être cher, le chagrin. Leur vie est dure, au-delà de l'imaginable, mais ils la préfèrent encore à celle des camps. Ils m'ont dit que, hors des camps, ils étaient au moins libres, avaient plus de vie privée et pouvaient trouver du travail. »

AFGHANISTAN

Farshad Usyan est photojournaliste basé à Kaboul, Afghanistan. Il a la réputation de savoir capter des moments saisissants et poétiques de la vie quotidienne. Pour ce projet, il s'est rendu à Hérat, la troisième ville de l'Afghanistan, située dans l'ouest du pays, pour explorer ce qu'est la vie réelle des personnes qui y sont déplacées.