Mali : ''J'espère que cette lettre arrivera à mon frère''

09 août 2018
Mali : ''J'espère que cette lettre arrivera à mon frère''
Malam dicte le contenu de la letttre à un volontaire de la Croix-Rouge Malienne à Gao. CC-BY-NC-ND / CICR

Né d'un père nigérian et d'une mère malienne, Adama Saliou dit Malam est un maître coranique de 44 ans qui résidait à Ménaka avant de s'installer à Gao. Il cherche désespérément à entrer en contact avec son frère dont il n'a plus de nouvelles depuis 6 ans.

C'est en 2012 que l'horizon s'est obscurci pour Malam. À la suite des combats dans la ville de Ménaka, sa famille s'est dispersée ; certains membres se sont retrouvés au Niger voisin, d'autres à Sokoto au Nigeria, et lui-même à Gao.

« Après Ménaka, ma famille et moi sommes partis nous réfugier dans la petite ville d'Anderaboukane, où nous pensions pouvoir échapper aux combats. Peu de temps après notre arrivée, cette ville aussi a été objet d'attaques. Les membres de la famille se sont alors dispersés », confie-t-il. À son arrivée dans la ville de Gao, Malam ne savait pas vers où avait fui l'autre partie de sa famille.

« Quand je suis arrivé ici à Gao, c'était très dur pour moi de ne pas savoir où étaient mes parents ni comment ils se portaient. Mais Dieu merci, la Croix-Rouge m'a aidé à entrer en contact avec des membres de ma famille à travers des appels téléphoniques et des messages Croix-Rouge. Aujourd'hui, je rédige un message à l'attention de mon frère qui est au Nigeria et j'espère qu'il le recevra et me répondra », poursuit-il.

Malam a décidé de s'installer définitivement dans la ville de Gao où il vit de son activité de maitre coranique. Il ambitionne également de se lancer dans le commerce.

La problématique des séparations familiales au Mali est un enjeu crucial, non seulement à cause du conflit armé, avec son lot important de déplacés et de réfugiés, mais aussi à cause de la migration avec ses conséquences aussi bien sur les migrants eux-mêmes que sur leurs familles qui restent sans nouvelles pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.

Depuis le début du conflit en 2012, en partenariat avec la Croix-Rouge Malienne, nous aidons des familles séparées à rétablir et à maintenir le contact avec leurs familles à l'aide des messages Croix-Rouge, des appels téléphoniques et des demandes de recherches.