Mali : maintenir la proximité avec les populations affectées

03 janvier 2019
Mali : maintenir la proximité avec les populations affectées
Personnes déplacées dans un camp à Ménaka. CC BY-NC-ND / Mohamed Cissé

Jean-Nicolas Marti, chef de délégation du CICR au Mali, fait le bilan de l'année écoulée et annonce les perspectives pour l'année 2019.

La situation humanitaire reste critique, particulièrement dans les régions du Nord du pays et elle devient de plus en plus préoccupante dans le Centre, notamment dans un arc qui part de la frontière mauritanienne qui suit la boucle du fleuve Niger et se prolonge le long des frontières du Burkina Faso et du Niger.

Au cours de l'année 2018, l'insécurité, déjà endémique dans les régions du Nord, s'est installée désormais durablement dans le centre du pays. Cette dégradation de la situation sécuritaire a eu des conséquences humanitaires complexes et a rendu plus difficile les conditions de vie des populations civiles, en même temps que leurs accès aux acteurs humanitaires. Néanmoins, le CICR continue à renforcer la protection et l'assistance des personnes affectées par le conflit, les migrations et le changement climatique.

Réalisation d'un système d'eau dans le village de Razelma, région de Tombouctou. CC-BY-NC-ND / Hamada O. Aly

Ces conditions sécuritaires déficitaires dans les régions du nord et du centre du pays ont forcé des populations à fuir leurs territoires et ont provoqué des déplacements massifs. L'afflux de personnes déplacées vers des zones plus accueillantes a augmenté la pression sur des ressources déjà très limitées en eau, en terres de cultures et de pâturages ; il est aussi source de conflit.

Les structures de santé dans les régions affectées continuent d'accueillir un nombre toujours plus croissant de blessés par armes à feu et par des engins explosifs. Les restrictions de circulation et le manque d'équipements fonctionnels entravent l'accès des populations à des services sociaux de base, les soins de santé, l'éducation et l'hydraulique.

Rencontre avec des enfants lors d'une distribution d'aliment pour bétails dans la région de Kidal. CC-BY-NC-ND / CICR

A l'heure actuelle, l'interdépendance entre le conflit, le climat et les migrations ne fait plus aucun doute et la jeunesse est la principale victime de ces phénomènes. Le Mali et les autres pays du Sahel sont frappés de plein fouet par la destruction de l'écosystème soumis à la double pression des phénomènes climatiques et des conflits. L'alternance cyclique de la sècheresse et de l'inondation obère les capacités des communautés à répondre à leurs besoins de subsistance. Du coup, il ne leur reste qu'une alternative, notamment pour les plus jeunes, celle de se déplacer vers d'autres terroirs plus réceptifs ou migrer vers des horizons lointains.

Des débuts du phénomène à nos jours, les morts dans le Sahara et les naufragés en Méditerranée se comptent par dizaines de milliers. Le CICR et d'autres composantes du mouvement, en coordination avec les autorités, conduit un programme de rétablissements de liens familiaux (RLF), tendant à permettre aux membres des familles restés au pays, de pouvoir faire le deuil de leurs enfants disparus.

Remise d'outils de travail aux habitants du village de SOULEY à Ké-Macina, région de ségou. CC-BY-NC-ND / Mamadou D. Dia

Au regard de ces enjeux humanitaires nombreux et complexes, le CICR maintiendra en 2019 la proximité avec les personnes qui sont dans le besoin et continuera à placer la protection de la population civile et les soins de santé au centre de ses activités.

Faits marquants de l'action du CICR au Mali durant l'année 2018

123 510 personnes déplacées, résidentes et/ou de retour après avoir fui chez elles, ont bénéficié de la distribution de vivres (riz, haricots, semoule, sel, huile).
245 blessés de guerre ou de violences armées ont été pris en charge par des équipes chirurgicales du CICR à Gao et Kidal.
93 105 personnes ont accès à l'eau grâce à la réhabilitation et à la construction des infrastructures d'approvisionnement.
2 700 000 animaux vaccinés contre les principales maladies contagieuses durant la campagne de vaccination 2017-2018.
3 198 détenus ont été visités dans 17 lieux de détention.
16 447 familles d'agriculteurs ont bénéficié de supports pour la production agricole.
10 092 personnes en situation de handicap ont été prises en charge à travers 4 centres de réadaptation physique que nous soutenons.
1 922 porteurs d'arme des Forces armées et de sécurité, des groupes armés, de la Minusma et de la FC G5 Sahel ont été sensibilisés sur le DIH.

 Plus d'informations sur nos activités au Mali durant l'année 2018.

Mali - Faits et Chiffres 2018