République démocratique du Congo : guerre et séparation, la douloureuse expérience des enfants congolais

  • Marie-Clarisse, Sylvestre et Bob sont chanceux et si heureux de retrouver leurs familles. Cependant, ils garderont à jamais le traumatisme d’une guerre qui les a séparés de leurs parents pour un temps. Les voici à l'aéroport de Goma, à l’est de la RDC, prêts à embarquer dans l’avion. En RDC, il y a des foyers de conflits et des affrontements armés dans plusieurs régions qui ont déjà déplacé plus de 3 millions de personnes. Dans ce contexte quand les enfants se retrouvent séparés de leurs parents, c’est une souffrance inouïe..
    CC BY-NC-ND / CICR / Mathias KEMPF
  • En juin dernier, Marie-Clarisse a été séparée de ses parents en fuyant des combats entre l’armée et d’autres groupes au Sud-Kivu dans l’est de la RDC. Nous l’avons recueillie à 70 km de son domicile, après trois jours de marche. Après une journée de voyage et deux escales en avion, elle a enfin retrouvé sa famille à Lubumbashi dans le Sud-Est de la RDC. Les réunifications des enfants avec leurs parents sont toujours des moments d’intense bonheur. Certains cas de recherches peuvent nous occuper pendant des mois voire des années. Pour rien au monde, nous ne manquerions les retrouvailles.
    CC BY-NC-ND / CICR / Wassy KAMBALE
  • Les jumeaux Bob et Sylvestre ont perdu les traces de leur famille en 2010 lors des affrontements entre l’armée et une milice régionale au nord-ouest de la RDC. Leur père a été tué par balle et leur mère reste introuvable depuis lors. Les enfants ont été pris en charge pour un temps par un voisin. Les recherches menées par le CICR et la Croix-Rouge de la RDC ont permis de retrouver leur grand-frère à qui ils ont été remis en août dernier dans la province du Lualaba dans le Sud-Est de la RDC.
    CC BY-NC-ND / CICR / Wassy KAMBALE
  • Euphrasie avait moins de cinq ans quand elle a été séparée de ses parents, lors des combats en avril 2013. Par solidarité, un sergent de l’armée l’a adoptée jusqu’au jour où son père a déposé une demande de recherche. Euphrasie a aujourd’hui 9 ans et a enfin retrouvé ses parents. Christine Cipolla, notre cheffe de délégation en RDC, essaie de la conforter et de soulager un peu son appréhension. « Cela prend toujours un temps de réadaptation surtout quand les enfants sont très jeunes au moment de la séparation. Nous mettons en place des mécanismes pour évaluer leur intégration auprès des parents qu'ils ne connaissent parfois plus.»
    CC BY-NC-ND / CICR / Paulin BASHENGEZI
  • En 2016, Marie a perdu ses parents alors qu’elle fuyait avec eux les affrontements interethniques dans son village situé dans la province du Tanganyika au Sud-Est de la RDC. Dans sa fuite, elle s’est retrouvée dans un camp de déplacés où elle a été prise en charge par nos équipes. Elle a finalement retrouvé son oncle le 22 août dernier à Lubumbashi dans la province du Haut-Katanga.
    CC BY-NC-ND / CICR / Paulin BASHENGEZI
  • Ce jour-là, des enfants sortis des groupes armés ont pu retrouver leurs familles après des mois voire des années de séparation. L'enrôlement de gré ou de force est une réalité qui touche encore beaucoup d'enfants en RDC alors qu’il est interdit par la loi et les conventions internationales. Ils sont envoyés combattre ou travaillent comme cuisiniers, porteurs, messagers, éclaireurs, porte-bonheurs, espions ou esclaves sexuels. Des filles sont mariées de force. Certains y restent des années avant de pouvoir regagner la vie civile.
    CC BY-NC-ND / CICR / Paulin BASHENGEZI
14 septembre 2017

Les affrontements et les violences armées en République démocratique du Congo (RDC) demeurent la principale cause de séparation des enfants avec leurs parents. « La situation est encore plus inquiétante quand on trouve certains de ces enfants enrôlés dans des groupes armés » dit Christine Cipolla, notre cheffe de délégation en RDC. « Des millions de personnes subissent les conséquences traumatisantes des conflits en RDC. Plus de 3 millions de personnes sont déplacées et se trouvent complètement démunies, souvent sans toit ni nourriture et parfois séparées du reste de la famille, sans aucun moyen de communication ». En août dernier, 24 enfants, dont 18 sortis des groupes armés, ont pu rejoindre leurs provinces d'origine. Nous avons affrété un vol spécial qui les a réunis avec leurs familles au Nord-Kivu, en Haut-Lomami, au Tanganyika et en Haut-Katanga.

En République démocratique du Congo, le CICR promeut le respect du droit international humanitaire et aide les personnes touchées par le conflit et la violence à subvenir à leurs besoins. Nous améliorons aussi l'approvisionnement en eau et l'assainissement, réunissons les membres de familles séparées et renforçons les soins de santé pour les blessés, malades et victimes de violences sexuelles.

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