Soudan du Sud : Faits et chiffres juin 2015 - renforcement des opérations pour répondre aux besoins croissants

17 juillet 2015

Résumé des activités menées par le CICR au Soudan du Sud entre mi-décembre 2013, quand la crise a commencé, et fin mai 2015. Thème du mois : renforcement des opérations pour répondre aux besoins croissants

Alors que la crise au Soudan du Sud est bien engagée dans sa deuxième année, le CICR et la Croix-Rouge du Soudan du Sud s'emploient sans relâche à porter assistance aux centaines de milliers de personnes touchées. Leurs activités consistent notamment à :

  • prendre en charge les blessés par arme en leur prodiguant des soins et en pratiquant des interventions chirurgicales, et fournir du matériel et un appui technique et logistique aux structures médicales locales ;
  • distribuer des vivres et des articles ménagers essentiels aux personnes déplacées et autres personnes touchées par les conflits et la violence armée, et vacciner leur bétail ;
  • assurer un approvisionnement en eau potable et améliorer les systèmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement ; et
  • rétablir le contact entre les membres de familles dispersées par le conflit, en aidant notamment les enfants à retrouver leurs proches.

Le conflit s'est intensifié ces derniers mois, des milliers de personnes ont été déplacées, créant des besoins humanitaires plus importants pendant la saison cruciale de plantation. À l'approche de la saison des pluies, Franz Rauchenstein, chef de la délégation du CICR au Soudan du Sud, parle des activités menées par le CICR ces dix-huit derniers mois, et explique comment ces activités ont évolué pour répondre aux besoins actuels du pays.

« Avant le conflit en cours, la délégation soutenait les moyens de subsistance, apportait protection et renforçait les capacités. Après la flambée de violence de décembre 2013, la délégation s'est agrandie pour améliorer sa capacité d'intervention d'urgence. Nous avons commencé à larguer par avion des vivres et d'autres secours aux populations vulnérables dans les régions reculées du pays. Le CICR a renforcé ses services médicaux d'urgence ; nous avons aujourd'hui cinq équipes chirurgicales mobiles qui fonctionnent dans tout le pays pour prendre en charge les blessés de guerre.

Nous avons aussi changé notre modus operandi ; par exemple, nous disposons de dix avions et de deux hélicoptères qui permettent d'acheminer l'aide et de transporter le personnel dans le pays.

En bref, cette délégation s'est considérablement agrandie depuis 2013, son budget et son personnel ayant plus que doublé ces deux dernières années pour pouvoir répondre aux besoins humanitaires croissants. La délégation du Soudan du Sud est actuellement la deuxième opération du CICR dans le monde en termes d'ampleur, et nous recherchons un soutien supplémentaire afin de mieux répondre aux besoins humanitaires qui ne cessent de croître.

Les plus grands défis au Soudan du Sud sont d'ordre logistique. Il est impossible d'accéder à de nombreuses régions où d'importantes populations dans le besoin ont fui, et où les conditions météorologiques rendent souvent difficile l'atterrissage des avions et des hélicoptères. Pendant la saison sèche, le transport est beaucoup plus facile. Mais, durant la saison des pluies - d'avril à novembre - les pistes d'atterrissage sont saturées et le sol se transforme en boue. Il arrive que les avions soient dans l'impossibilité d'atterrir pendant des semaines.

Les largages sont efficaces pendant la saison des pluies, mais pour nombre d'activités, il faut pouvoir atterrir tout au long de l'année. Nous devons faire appel à des équipes plus petites, capables de réagir plus rapidement, et qui peuvent être transportées par hélicoptère. Nous avons réussi à nous positionner sur le terrain avec des bases plus petites qui permettent un déploiement multisectoriel de la délégation, notamment des secours et une protection d'urgence.

Dans tout le pays, le CICR continue de répondre aux besoins des personnes touchées par les conflits et les déplacements en menant des actions d'urgence et en apportant un soutien aux moyens de subsistance par des activités comme la vaccination du bétail, le soutien aux centres de soins de santé primaires, et la distribution de semences et d'outils.

Le CICR maintient un dialogue confidentiel avec les différentes parties au conflit et leur rappelle constamment qu'elles sont tenues, en vertu du droit international humanitaire, de respecter les civils et les personnes ne prenant plus part aux hostilités.

L'institution adapte en permanence ses capacités logistiques pour parvenir à distribuer aussi rapidement que possible des vivres et des articles essentiels à la population sud-soudanaise, qui se trouve dans un immense dénuement.

Dans le domaine de la santé, le CICR a :

  • pratiqué plus de 5 500 interventions chirurgicales dans 15 structures médicales locales ;
  • pris en charge plus de 3 000 personnes handicapées dans trois centres de réadaptation physique gérés ou soutenus par le CICR ;
  • effectué 23 600 consultations ambulatoires et fourni des soins prénatals à plus de 1 800 femmes, accouché avec succès 162 femmes, et administré plus de 3200 doses de vaccin à des enfants de moins d'un an dans trois structures de santé primaires ;
  • fourni du matériel médical à 54 postes de premiers secours et autres structures médicales.

Les équipes de la Croix-Rouge du Soudan du Sud ont largement contribué à la prise en charge des patients ; elles ont posé au total plus de 19 000 pansements.

Pour aider les personnes déplacées et autres personnes touchées par le conflit, le CICR, en collaboration avec la Croix-Rouge du Soudan du Sud, a :

  • distribué plus de 1 100 700 rations alimentaires pour un mois, dans le cadre d'une aide régulière dont ont bénéficié plus de 150 000 personnes, dans les zones les plus touchées des États des Lacs, de l'Unité, du Haut-Nil, de Warrap, du Jonglei, du Bahr el Ghazal occidental, du Bahr el Ghazal septentrional, de l'Équatoria occidental et de l'Équatoria central ;
  • distribué des articles ménagers de première nécessité à plus de 512 000 personnes à travers le pays, dont 115 000 avaient déjà reçu une aide du CICR ;
  • assuré l'approvisionnement en eau potable de plus de 399 000 personnes déplacées et membres de communautés d'accueil en remettant en état 427 installations d'approvisionnement en eau – telles que des pompes manuelles et des bassins de rétention – dans les États du Jonglei, du Haut Nil et de l'Unité ainsi que dans les régions de l'Équatoria et du Bahr el Ghazal ;
  • construit des installations sanitaires pour 22 100 personnes à Mingkaman et dans le comté de Fashoda et installé des unités de traitement de l'eau de secours pour approvisionner 120 000 personnes, à Torit, Lul et Kodok ; des latrines supplémentaires sont également en construction à Kodok pour un maximum de 3 200 habitants ; ces nouveaux projets visent à améliorer les systèmes d'assainissement avant la saison des pluies et à limiter le risque d'épidémie de de maladies d'origine hydrique( comme le choléra) avant la prochaine saison des pluies.

Pour aider les communautés à redevenir autonomes et à se prémunir contre les risques de pénurie alimentaire, le CICR a :

  • distribué des semences et/ou des outils à plus de 433 500 personnes – la majorité d'entre elles ayant reçu les deux – pour leur propre production, et fourni des assortiments de matériel de pêche à plus de 178 500 personnes pour leur permettre d'assurer leur subsistance ;
  • vacciné 591 000 têtes de bétail et soigné plus de 96 000 animaux au profit de plus de 257 000 personnes dans différentes régions des États du Bahr el Ghazal septentrional, des Lacs, du Haut-Nil, de l'Unité, du Jonglei et de l'Équatoria central ;
  • formé 273 agents communautaires de santé animale et fourni à 186 d'entre eux des kits contenant des médicaments et des outils de travail.

Dans le cadre de ses visites dans les lieux de détention, le CICR a aidé les autorités détentrices à appliquer les normes internationales et à faire face aux situations d'urgence. Il a en particulier :

  • visité plus de 9 400 personnes privées de liberté dans différents lieux de détention ;
  • entrepris des travaux de réparation dans les prisons centrales de Juba, Aweil et Wau, qui amélioreront les conditions de détention d'un millier de détenus.

Pour aider les membres de familles dispersées par les violences à rétablir le contact entre eux, le CICR et la Croix-Rouge du Soudan du Sud ont :

  • organisé avec succès plus de 21 700 contacts par téléphone entre des membres de familles dispersées et permis l'échange de plus de 2 800 messages Croix-Rouge contenant des nouvelles familiales ;
  • enregistré 113 enfants non accompagnés se trouvant sur le territoire du Soudan du Sud ;
  • permis à une cinquantaine d'enfants et d'autres personnes vulnérables de retrouver leur famille.

Pour mieux faire connaître et respecter le droit international humanitaire (DIH), le CICR a :

  • formé et sensibilisé au DIH plus de 2 300 membres des forces armées, membres de groupes armés et autres porteurs d'armes.