Soudan : les conditions de vie des réfugiés éthiopiens, toujours plus nombreux, ne font qu’empirer

Point sur les opérations

09 août 2021
Soudan : les conditions de vie des réfugiés éthiopiens, toujours plus nombreux, ne font qu’empirer

Alors que les habitants du Tigré et d'autres régions du nord de l'Éthiopie continuent d'être chassées par les combats, ceux qui ont trouvé refuge dans des camps dans le sud-est du Soudan vivent dans des conditions désastreuses. Face à de graves pénuries de nourriture, d'eau potable, d'abris et d'installations sanitaires, de plus en plus de personnes souffrent de malnutrition et de maladies comme le paludisme et l'hépatite E. Et la situation n'a fait que s'aggraver avec l'arrivée de la saison des pluies, poussant certains réfugiés à s'aventurer sur des routes migratoires dangereuses ou à tenter de rejoindre d'autres régions du pays.

« Chacun fait ce qu'il peut pour améliorer son existence. Les jeunes restent néanmoins très vulnérables : ils se réfugient dans la drogue et l'alcool, et commencent à souffrir de problèmes psychologiques. Sans parler des nombreux enfants qui ont été séparés de leurs familles et qui sont seuls ici », témoigne Daniel, un étudiant de 23 ans qui vit dans le camp d'Oum Rakouba.

Déjà éprouvés par ces conditions de vie extrêmement dures, des milliers de réfugiés sont dans l'impossibilité de contacter leurs proches, les télécommunications étant coupées dans de nombreuses régions du Tigré. Après des mois sans savoir s'ils retrouveront un jour leur conjoint et leurs enfants, nombre d'entre eux souffrent de traumatismes et de détresse émotionnelle.

Depuis le début de la crise qui sévit dans le Tigré, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a permis à des réfugiés éthiopiens de passer près de 22 200 appels téléphoniques avec des membres de leurs familles. Toutefois, pendant la même période, plus de 20 000 appels n'ont pas abouti, laissant des milliers de réfugiés sans aucune nouvelle de leurs proches.

« De nombreux réfugiés n'ont pas reçu un signe de vie de leurs êtres chers depuis des mois », déplore Maria Carolina Aissa, chef de la sous-délégation du CICR à Kassala. « Cela fend le cœur de voir comment ces personnes peinent à préserver leur dignité et à garder espoir dans ces circonstances. »

L'action du CICR en faveur des réfugiés au Soudan :

• Le CICR soutient le Croissant-Rouge soudanais à Gedaref et à Kassala pour aider les réfugiés à maintenir le contact avec leurs familles. Le Croissant-Rouge soudanais est présent dans les camps d'Oum Rakouba et de Tunaydba (qui abritent des réfugiés éthiopiens), dans le camp de Shargrab (qui abrite des réfugiés érythréens), ainsi que dans deux centres de transit, où il a formé, en collaboration avec le CICR, 38 volontaires issus tant de la communauté d'accueil que de la population réfugiée.

• Le CICR a recueilli 228 demandes de recherches déposées par des réfugiés dans les camps, et 20 cas de disparition lui ont été signalés par l'intermédiaire de Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge d'autres pays. Il a résolu six affaires de personnes disparues et enregistré 58 mineurs non accompagnés. Entre 60 et 70% des habitants du Tigré ayant trouvé refuge dans l'est du Soudan ont pu passer des appels téléphoniques ou bénéficier des services de recherches pour retrouver des membres de leurs familles.

• Le CICR soutient l'hôpital rural de Doka, où il remet en état des infrastructures, livre des fournitures médicales et des équipements de protection individuelle, et dispense des formations pour le personnel. Il a ainsi distribué plus de quatre tonnes de secours médicaux à cet hôpital qui fournit des services à plus de 40 000 membres de la communauté d'accueil et 18 000 réfugiés dans le camp d'Oum Rakouba.