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La guerre d'Orient (1875-1878)

06-04-1998

Soulèvements contre l’Empire ottoman, guerre entre la Turquie et la Russie ; première apparition de l’emblème du croissant rouge ; la Serbie et le Monténégro ratifient la Convention de Genève ; le CICR envoie des délégués sur le terrain.

Le déroulement du conflit

Suite à l'affaiblissement de l'empire ottoman, les mouvements nationalistes se développent dans les provinces chrétiennes des Balkans.
 
En août 1875, l'insurrection éclate en Herzégovine puis en Bosnie et en Bulgarie. Une répression sanglante provoque l'exode des populations chrétiennes vers le Monténégro et la Serbie. En juin 1876, ces deux principautés déclarent la guerre à l'Empire ottoman. Dès l'automne, leurs armées sont va incues.
 
Mais la Russie, alliée du Monténégro et de la Serbie, après s'être assurée de la neutralité de l'Autriche-Hongrie, envoie ses troupes dans les Balkans le 13 avril 1877. Les affrontements se déroulent dans le Caucase et les Balkans ; les troupes ottomanes sont battues sur les deux fronts et l'empire ottoman demande l'armistice le 31 janvier 1878.
 
La Russie, la Roumanie, la Grèce et l'empire ottoman avaient ratifié la Convention de Genève de 1864. Le Monténégro et la Serbie, considérées comme des principautés dépendant de l'empire, n'avaient pas été invitées à le faire. Dès le début de l'insurrection en Herzégovine, le Comité international de la Croix-Rouge entreprend des démarches, afin d'obtenir que ces deux principautés ratifient la Convention. Le Monténégro la ratifie le 29 novembre 1875, la Serbie, le 24 mars 1876.
 
Au moment où éclate le conflit russo-ottoman, les deux adversaires sont liés par la Convention de Genève de 1864. Mais, le 16 novembre 1876, l'empire ottoman informe la Suisse, en sa qualité de pays dépositaire de la Convention du fait que, tout en respectant le signe de la croix rouge protégeant les ambulances ennemies, il adoptera à l'avenir le signe du croissant rouge sur fond blanc pour ses propres ambulances. Il s'agit là d'une démarche lourde de conséquences, puisqu'elle met en cause l'unité du signe protecteur. Le Comité international de la Croix-Rouge réagit dans un article publié dans le n° de janvier 1877 du < < Bulletin international des Sociétés de la Croix-Rouge > > . Il y écrit : si les Etats signataires de la Convention de Genève de 1864 souhaitent <<(...) que les principes d'humanité qu'ils professent pénètrent de proche en proche chez tous les peuples, quelle que soit leur religion, une question de forme extérieure ne doit pas être un obstacle insurmontable au développement de ces principes chez les peuples non chrétiens. L'adoption d'un signe international est indispensable, mais l'accord sur ce point ne serait peut-être pas incompatible avec la tolérance de quelques variantes de détail (...).>>

Par cette prise de position, le Comité entend avant tout défendre les blessés du conflit opposant la Russie à l'empire ottoman. Il demande à la Croix-Rouge russe d'intervenir auprès de son gouvernement, afin que la Russie accepte, pour la durée de la guerre, la proposition turque. Le 24 mai 1877, le tsar se déclare prêt à reconnaître l'inviolabilité des ambulances turques ; l'empire ottoman y consent en juin 1877, après de difficiles négociations.
 
Le conflit s'achève par le traité de Berlin de 1878 : La Bosnie et l'Herzégovine sont occupées par l'Autriche-Hongrie, la Bulgarie est privée de la Macédoine qui reste soumise à l'empire ottoman ; le reste du pays constitue une principauté indépendante ; le Monténégro et la Serbie acquièrent leur indépendance.

La mission du Comité international de la Croix-Rouge

Le jour de son adhésion à la Convention de Genève de 1864, le 29 novembre 1875, le gouvernement de la principauté du Monténégro demande au Comité international de la Croix-Rouge d'envoyer une mission sur place. Trois délégués quittent Genève le 28 décembre 1875. Leurs instructions sont les suivantes :

  • organiser l'assistance aux blessés et favoriser la création d'une Société de la Croix-Rouge
  • porter assistance aux soldats et, subsidiairement, aux réfugiés blessés et malades
  • contribuer à faire prévaloir les principes de la Convention de Genève dans les hostilités se déroulant en Herzégovine


Arrivés à Cettinje, capitale du Monténégro, le 9 janvier 1876, les délégués sont reçus par le prince Nicolas Ier. Une société de la Croix-Rouge du Monténégro est constituée, et les délégués prennent en main la direction d'un hôpital improvisé à proximité de la frontière. En revanche, ils ne parviennent pas à entrer en contact avec les autorités turques en Herzégovine.
 
Ils rentrent à Genève en mars 1876.
 
Le 14 juillet 1877, le Comité international de la Croix-Rouge crée, à Trieste, une Agence de renseignements. Mais elle ne reçoit que peu d'informations de la part des belligérants. Ceci est notamment dû au fait que ses bureaux sont trop éloignés des champs de bataille.



 


Photos

Guerre russo-turque, 1877-1878.Evacuation de blessés.  

Guerre russo-turque, 1877-1878.Evacuation de blessés.
© CICR / hist-00142