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Aceh : pour les personnes disparues et les morts

22-12-2005 Éclairage

Rafiullah Qureshi, coordonnateur du CICR, rend compte de la façon dont les ingénieurs de l’institution sont occupés à remettre en état le matériel de distribution d’eau à Aceh.

Teku Youvan est un ingénieur de profession. Le 26 décembre 2004, il n’était pas sur place mais travaillait dans une usine à Jakarta. Cela lui a peut-être sauvé la vie, car d’autres membres de sa famille n’ont pas eu cette chance.

     
    ©CICR/R. Qureshi /id-e-00217      
   
    De l'eau potable pour les habitants de Lam Pageu      
         

La vague gigantesque a englouti la famille de Teku Youvan, comme elle a tué 130 000 personnes à Aceh (Indonésie). Il a perdu son père, sa mère, une sœur et le fils de celle-ci, et la maison où ils vivaient. Le seul membre survivant de la famille est une jeune sœur, revenue avec lui à Jakarta après la catastrophe. Mais au bout quelques mois dans cette ville, Youvan a commencé à se sentir impatient. En avril 2005, il a décidé de retourner à Aceh pour aider à reconstruire sa communauté.

Peu après son retour, il a rejoint l’Unité eau et habitat du CICR. Présente à Aceh depuis 1998 en raison du conflit armé qui y sévit, l’institution continue de jouer un rôle majeur dans les activités d’urgence qui visent à répondre aux besoins des survivants.

Une de ses activités les plus importantes est de permettre l’accès à l’eau potable et à un meilleur système d’assainissement. Dans des villages sélectionnés et des zones d’installation temporaires, des équipes d’ingénieurs du CICR nettoient, reconstruisent et remettent en état des puits et construisent de nouvelles latrines ou restaurent celles qui étaient déjà en place.

     
    ©ICRC/R. Qureshi/id-e-00218      
   
    Youvan contrôle la réparation provisoire d'une conduite d'eau      
         

Le village de Lam pageu est caractéristique. Situé dans le district d’Aceh Besar, ce village se trouve sur la côte et à proximité des montagnes. Des signes de destruction sont encore visibles, mais on peut voir aussi des preuves plus encourageantes de reconstruction – piles de briques et ouvriers du bâtiment en plein travail.

Avant le tsunami, les villageois dépendaient de l’eau pompée d’une source de montagne. Le tsunami a détruit ce système, et l’équipe du CICR a recensé le village en vue d’un projet de remise en état. Avec l’aide de villageois pour creuser de nouvelles tranchées, Youvan et ses collègues du CICR ont réussi à réparer le pipeline d’un kilomètre et demi. Une nouvelle borne fontaine a également été installée dans le village.

Jusqu’à présent, Youvan et ses autres collègues de l’Unité eau et habitat du CICR ont reconstruit, remis en état et creusé 1 500 puits, et terminé plusieurs dizaines de latrines et autres dispositifs d’assainissement. Il aime son travail, car il se sent ainsi plus proche des gens et des communautés et cela l’aide à compenser sa profonde tristesse personnelle.

« Nous reconstruirons Aceh, dit-il, nous le devons aux personnes portées disparues et aux morts. »

Youvan n’a jamais retrouvé les corps de son père et de son neveu ; il a pu enterrer sa mère et sa sœur.