Pakistan : aider les familles à communiquer avec leurs proches à Guantanamo

30-12-2009 Éclairage

Grâce à un programme de visioconférence lancé en octobre 2009 avec le soutien du CICR, les familles ont la possibilité de communiquer avec leurs proches détenus à Guantanamo. Les Paracha sont une des trois familles pakistanaises à bénéficier de ce programme, qui s'inscrit dans le prolongement d'une initiative analogue qui avait été mise en place en avril 2008 dans le centre d'internement de Bagram, en Afghanistan.

 

©CICR 
   
Farhat Paracha répond aux journalistes après avoir parlé par visioconférence à son mari, Saifullah Paracha, détenu à Guantanamo. 
        « Nous sommes si heureux de nous voir à nouveau », déclare Farhat Paracha, 56 ans, après avoir parlé par visioconférence à son mari, Saifullah Paracha, un Pakistanais qui a passé les cinq dernières années dans le centre d'internement de Guantanamo Bay.

« Saifullah voulait tout savoir sur moi, sur nos enfants et sur nos proches », dit-elle, les yeux remplis de bonheur. « Je lui ai raconté tout ce que j'ai pu en une heure. Son pays et le monde extérieur lui manquent beaucoup. Les appels par visioconférence lui permettent de renouer avec la vie. »

« J'ai appris que Saifullah avait été incarcéré lorsque, quelques mois après sa capture, un délégué du CICR m'a appelée pour m'informer que mon mari était vivant et qu'il était détenu par les forces armées américaines dans la prison de Bagram », raconte Farhat. « Le CICR nous a permis, à mes enfants et à moi, de garde r le contact avec lui pendant six ans, d'abord à Bagram, puis à Guantanamo. Les délégués du CICR qui viennent régulièrement nous apporter des nouvelles de Saifullah et qui repartent avec nos lettres pour lui font désormais partie de la famille. »

Après avoir parlé à leur père, Muneeza Paracha, 27 ans, et Mustafa Paracha, 20 ans, étaient rayonnants de joie. « La dernière fois que j'ai vu mon père, j'avais 14 ans, explique Mustafa. J'ai pu le revoir pour la première depuis six ans grâce au système de visioconférence. Les appels vidéo ne permettent certes pas de combler l'immense distance qui sépare mon père de notre famille, mais ils rendent la séparation moins difficile à supporter. »

Depuis avril 2008, les détenus de Guantanamo et de Bagram ont la possibilité de communiquer par téléphone avec leurs familles respectives plusieurs fois par an dans le cadre d'un programme facilité par le CICR. Depuis janvier 2009, le CICR a organisé 55 appels téléphoniques entre 23 familles – dont 18 pakistanaises – et leurs proches détenus à Bagram. Il a également organisé 18 appels entre 14 familles et leurs proches détenus à Guantanamo.

En accord avec les autorités américaines, le CICR visite les personnes internées à Guantanamo depuis janvier 2002. Il leur donne, comme aux autres détenus qu'il visite dans le monde entier, la possibilité de correspondre avec leur famille au moyen de messages Croix-Rouge.