Pakistan : une nouvelle vie pour les amputés grâce à des services de réadaptation toujours plus compétents

15-03-2010 Éclairage

La demande en membres artificiels est forte et ne cesse d’augmenter à Quetta, la capitale du Baloutchistan, au fur et à mesure que les personnes handicapées affluent vers cette ville, en provenance du Waziristan et des régions du Sindh et du Punjab limitrophes de l’Afghanistan. Un centre de réadaptation physique géré par le CICR y aide toujours davantage d’amputés à retrouver une nouvelle vie.

     
    ©CICR      
   
    Habibullah en compagnie d’Asghar Emmanuel, un assistant physiothérapeute du CHRC.      
               
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    Le responsable du centre Mark Broomfield forme des stagiaires et des membres du personnel du CHRC à la fabrication de prothèses.      
           

« Cela a été la fin du monde pour moi, le jour où j’ai perdu mes deux jambes dans l'explosion d'une mine terrestre, près de la frontière afghane », raconte Habibullah, alors que Badar Yasin, un physiothérapeute, l’aide à marcher. Habibullah vient de recevoir des prothèses qu’on est en train de lui adapter au CHRC de Quetta, un centre de réadaptation géré par le CICR.

« L’accident remonte à sept ans. Depuis, j’ai vécu la vie d’un homme handicapé. Jusqu’à récemment, j’étais complètement dépendant des autres, même pour les tâches les plus insignifiantes : c'était très dur pour mon ego », explique ce jeune homme de 23 ans originaire du district baloutche de Pishin.

« Dernièrement, j’ai entendu parler du centre de réadaptation physique du CICR et j'ai décidé de venir à Quetta. Comme vous pouvez le constater, j'ai déjà reçu de nouvelles jambes. C’est la première fois que je remarche depuis sept ans. Badar m'apprend à marcher à l'aide de mes nouvelles jambes artificielles. »

Et d’ajouter : « Le CICR prend en charge mes frais d’hébergement et de repas. Ils m'ont aussi remboursé le prix du voyage pour venir à Quetta, et ils me paieront le billet de bus lorsque je retournerai à Pishin. »

« Entre octobre 2004 et juin 2008, le CICR s’est limité à fournir un soutien technique et matériel au centre, lequel dépendait alors du Mission Hospital, qui le gérait. Depuis juin 2008, cependant, c’est nous qui dirigeons directement cette structure, et ses 20 collaborateurs sont employés par le CICR », explique Mark Broomfield, responsable du centre de réadaptation du CICR.

  Transfert de compétences aux établissements gérés par le Pakistan  

« En 2009, nous avons traité quelque 1 500 personnes. Du fait que les soins sont gratuits, certaines venaient des régions du Sindh et du Punjab situées à la frontière avec l’Afghanistan, ajoute M. Broomfield. Comme nous nous apprêtons à transférer nos compétences à d’autres structures de réadaptation pakistanaises, nous formons actuellement des étudiants du pays à la fabrication de membres artificiels. Ils font tous une licence ès sciences à l’Institut pakistanais de formation d’orthoprothésistes ( Pakistan Institute of Prosthetic and Orthotic Sciences – PIPOS) , un autre établissement de réadaptation physique soutenu par le CICR à Peshawar. »

« La qualité des membres artificiels fabriqués au CHRC est très bonne. En outre, nous y acquérons de nombreuses compétences. Au terme de notre stage et une fois notre formation achevée, nous serons en mesure de venir en aide aux personnes handicapées de notre pays », indique Zohaib Hassan, un des stagiaires.