Cambodge : le CICR visite cinq ressortissants thaïlandais

19-01-2011 Interview

Le CICR a visité cinq ressortissants thaïlandais (quatre hommes et une femme) détenus dans une prison cambodgienne, le 17 janvier 2011. Les cinq personnes avaient été arrêtées fin décembre 2010. Jacques Stroun, chef de la délégation régionale du CICR à Bangkok, commente cette visite et explique les activités que le CICR mène dans la région en faveur des personnes privées de liberté.

Pouvez-vous nous en dire davantage sur cette visite ?

Lundi 17 janvier, une équipe de délégués du CICR spécialistes de la détention et basés à Phnom Penh a entrepris une visite de deux jours dans une prison située à la périphérie de la capitale cambodgienne. Le CICR s’est intéressé au sort de ces citoyens thaïlandais du fait qu’ils sont détenus en dehors de leur pays d’origine.

  Le CICR avait-il expressément demandé à voir ces détenus en particulier ?  

Nous avons effectivement effectué des démarches dans ce sens dès le moment où nous avons su que ces personnes étaient en prison. Notre demande s'appuyait sur des motifs humanitaires, notamment le fait que des personnes sont particulièrement vulnérables lorsqu’elles sont détenues dans un pays étranger dont elles ne parlent vraisemblablement pas la langue, et qu’elles sont éloignées de leur famille. Nous avons demandé à pouvoir profiter d’une visite de routine à d’autres personnes détenues dans ce même établissement pour voir les ressortissants thaïlandais en question. Où que ce soit, nous accordons une attention toute particulière aux personnes détenues vulnérables, comme les enfants, les femmes et les étrangers.

Quels types d'activités le CICR mène-t-il au Cambodge dans le domaine de la détention ?

En accord avec les autorités cambodgiennes, nous visitons régulièrement les détenus de plusieurs prisons situées dans différentes régions du pays. En 2010, nos délégués ont visité plus de 8 000 détenus dans 19 établissements.

Ces visites nous permettent de nous rendre compte des conditions de vie de ces personnes ainsi que du traitement qui leur est réservé, de vérifier qu'on respecte strictement leur bien-être physique et mental, et que leurs conditions de détention sont conformes aux normes internationales. Au cours de ces visites, les collaborateurs du CICR s’entretiennent avec les détenus et les autorités en tête-à-tête et de manière confidentielle.

Nous travaillons en étroite coopération avec le département général des prisons du Cambodge à améliorer les conditions matérielles de détention et soutenons les efforts des autorités pénitentiaires en vue d’une meilleure gestion des établissements carcéraux.

En novembre 2010, en coopération avec le département général des prisons, le CICR a organisé un atelier sur les soins de santé en prison. Venues des pays voisins, les personnes qui y ont pris part – notamment des représentants de l’administration pénitentiaire thaïlandaise – ont eu l’occasion d’échanger avis et données d’expérience. Parmi les 150 participants, cambodgiens pour la plupart, se trouvaient des directeurs de prison, des agents de santé, ainsi que des membres d’organisations non gouvernementales et d’organisations internationales actives dans des domaines ayant trait à la santé.

  Visitez-vous également des personnes détenues en Thaïlande ?  

Dans ce pays, nous travaillons dans des lieux de détention depuis 2004, autrement dit depuis que le gouvernement thaïlandais a accepté l’offre que nous lui avions faite de visiter les personnes détenues pour des motifs liés à la situation qui prévaut dans le sud du pays. En 2010, nous avons visité quelque 650 personnes dans différents lieux de détention, nous attachant à observer le traitement qui leur était réservé et leurs conditions de détention.

Nous veillons en outre à ce que les détenus puissent maintenir le contact avec leurs familles, grâce à l’échange de messages Croix-Rouge. Nous aidons notamment les familles vivant dans le sud de la Thaïlande à rendre visite à leurs proches détenus à Bangkok, la capitale, en prenant en charge une partie de leurs frais de déplacement. Depuis 2005, nous avons ainsi aidé 90 familles.

  Quelles activités le CICR mène-t-il dans les prisons de la région ?  

Le CICR a une vaste expérience dans le domaine de la détention, en particulier dans l’observation des conditions matérielles dans lesquelles vivent les personnes privées de liberté et de la manière dont elles sont traitées. Les modalités de travail de l'institution et les activités qu'elle déploie dans les lieux de détention varient en fonction des différents contextes. Dans la région qui nous intéresse, le CICR travaille en coopération avec les autorités dans le but de résoudre des problèmes structurels et de renforcer les capacités de gestion des établissements pénitentiaires. Il mène aussi des activités dans d’autres domaines, tels que l’eau et l’assainissement.

Au Cambodge, les collaborateurs du CICR basés à Phnom Penh travaillent en étroite coopération avec le département général des prisons dans ces domaines d'activité, aidant notamment les autorités pénitentiaires à mieux administrer les établissements et à améliorer les conditions de détention.

En Asie du Sud-Est plus généralement, le CICR coopère avec les autorités pénitentiaires à plusieurs niveaux. En novembre dernier, par exemple, nous avons organisé à Jakarta (Indonésie) un séminaire de haut niveau sur des questions ayant trait à la détention. Trois jours durant, de hauts responsables venus de huit pays d’Asie du Sud-Est ont discuté d’une approche régionale destinée à améliorer les infrastructu res pénitentiaires. 

Photos

 

Un des moments clés de chaque visite du CICR dans un lieu de détention est la rencontre de son équipe avec les autorités de la prison pour discuter des domaines où des améliorations devraient être apportées.
© CICR

 

Aider les gens à rendre visite à des membres de leur famille privés de liberté est un aspect important des activités que le CICR mène dans le domaine de la détention partout dans le monde. En Thaïlande, le CICR a contribué à ce que 90 familles vivant dans le sud du pays puissent se rendre à cette fin à Bangkok, depuis 2005.
© CICR