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Myanmar : le chef de délégation s’exprime sur les activités du CICR

13-03-2006 Interview

Le chef de la délégation du CICR au Myanmar, Patrick Vial, s’exprime sur les activités de l’institution dans le pays et explique pourquoi elle n’a pas pu effectuer de visites de prisons depuis la fin de l’année dernière.

     


©ICRC
 


Patrick Vial, head of delegation in Myanmar      

     

  Quelles sont les activités que le CICR mène au Myanmar ?  

Le rôle du CICR dans les régions touchées par des conflits au Myanmar est d’évaluer la situation sécuritaire et les conditions de vie de la population civile. Il réalise en outre des programmes dans les domaines de la santé ainsi que de l’eau et de l’assainissement, fournissant une assistance aux villages les plus durement frappés. Par le passé, le CICR menait des activités de ce genre dans l’est et le sud de l’État de Shan, dans l’État Karen (Kayin) et dans la division de Tanintharyi. Aujourd’hui, ses activités sont presque exclusivement restreintes à l’État Karen.

Le CICR a lancé un programme de rééducation physique au Myanmar en 1986, dans le cadre duquel un certain nombre de centres d’appareillage orthopédique situés partout dans le pays reçoivent aujourd’hui encore le soutien de l’institution – sous forme notamment de fourniture de matériel, équipements, savoir-faire technique et formation dans les domaines de la fabrication de prothèses et de la rééducation physique des amputés. Conjointement avec la Croix-Rouge de Myanmar, le CICR gère également un programme destiné à des groupes mal desservis, grâce auquel des amputés vivant dans des régions reculées sont aiguillés vers des centres d’appareillage orthopédique.

Pour ce qui est des activités de détention, le CICR visitait jusqu’à récemment 90 prisons et camps de travail répartis sur tout le territoire et sous l’autorité du ministère de l’Intérieur. Depuis le début du programme, en 1999, le CICR a effectué plus de 450 visites de ce type.

En outre, le CICR s’emploie à faire mieux connaître le droit international humanitaire auprès des fonctionnaires et dans les milieux universitaires. Il apporte aussi son soutien au développement de la Croix-Rouge de Myanmar, notamment en matière de formation à la gestion des catastrophes et aux premiers secours.

  Quels résultats le CICR a-t-il obtenu en six ans de visites de prisons et de camps de travail ?  

Une coopération efficace entre le CICR et le département des prisons a permis de réaliser d’importantes améliorations des conditions physiques et psychologiques de détention au Myanmar.

La création d’un réseau d’échange de messages Croix-Rouge a donné la possibilité à tous les détenus de rétablir et de maintenir le contact avec leur famille. Le CICR est aussi venu à l’aide de certaines catégories de détenus pour qu’ils puissent, chaque mois, recevoir la visite de membres de leur famille. Parmi eux, les personnes arrêtées dans le cadre de conflits ou de situations de troubles inter nes, ou celles nécessitant une attention spéciale, telles que mineurs et personnes âgées, malades ou vulnérables.

Dans le domaine de la santé, le CICR travaille en coopération avec le ministère de la Santé et le département des prisons pour que les détenus aient un meilleur accès aux soins de santé. L’institution a couvert la moitié des besoins essentiels en termes de médicaments et d’hygiène de tous les lieux de détention qu’il visite régulièrement au Myanmar. Le CICR a également lancé un certain nombre de projets d’infrastructure visant à améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, ainsi qu’aux structures de santé. Tout cela a été possible grâce à un dialogue permanent et constructif avec le département des prisons et le ministère de l’Intérieur.

  Qu’en est-il aujourd’hui des activités de détention ?  

Vers la fin de l’année dernière, les équipes du CICR chargées de la détention ont rencontré toujours davantage de difficultés : quelques-unes des modalités de visite habituellement suivies par l’institution dans le monde entier avaient en effet été remises en question par les autorités vers le milieu de l’année passée. En conséquence, le CICR n’a plus pu visiter les lieux de détention depuis fin 2005.

Le CICR est actuellement en pourparlers avec les autorités gouvernementales pour tenter de résoudre cette situation. Nous restons optimistes et avons l’espoir de pouvoir reprendre nos activités dans le domaine de la détention dans les plus brefs délais, et ce, pour le bien des détenus et de leurs familles.



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